Smotrich : Gaza, une « mine d’or immobilière », Israël et les États-Unis discutent de son partage
Selon le ministre des Finances, qui critique la comparaison du Premier ministre entre Sparte et Israël, la "démolition" est terminée, "il ne reste plus qu'à construire"
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Le ministre des Finances ultranationaliste Bezalel Smotrich a déclaré mercredi que la bande de Gaza était une « mine d’or » immobilière potentielle et qu’il était en pourparlers avec les États-Unis sur la manière de diviser l’enclave après la guerre, réaffirmant ainsi clairement son désir de la transformer en territoire israélien.
Lors d’une conférence sur l’immobilier à Tel Aviv, le ministre a déclaré que cette opportunité « s’autofinance » et qu’il a « déjà entamé des négociations avec les Américains ».
Les Palestiniens et une grande partie de la communauté internationale insistent toutefois fermement pour que l’enclave soit gouvernée par un organe palestinien à l’issue du conflit et rejettent l’idée d’une occupation israélienne ou américaine. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a répété à maintes reprises qu’il n’avait pas l’intention de rétablir la présence juive dans la bande de Gaza, tandis que ses alliés d’extrême droite ont fait part de leur intention d’expulser les Palestiniens et de construire des communautés israéliennes sur ces terres.
« Nous avons dépensé beaucoup d’argent pour cette guerre. Nous devons maintenant voir comment nous allons diviser le territoire en parcelles », a déclaré Smotrich, ajoutant que « la démolition, première étape de la rénovation de la ville, est déjà terminée ».
« Nous devons maintenant construire. »
« Il existe un plan d’affaires, élaboré par les personnes les plus compétentes ici présentes, qui se trouve sur le bureau du président Trump », a-t-il ajouté.
Les responsables de la Maison Blanche et du département d’État américain n’ont pas encore répondu à une demande de commentaire.
Dans une interview accordée le mois dernier au bulletin d’information hebdomadaire Ofek de son parti, HaTzionout HaDatit, Smotrich a déclaré qu’il s’efforçait de rétablir les anciennes implantations israéliennes de Ganim et Kadim, dans le nord de la Cisjordanie. Toutes deux avaient été évacuées et démantelées lors du désengagement unilatéral d’Israël de Gaza en 2005, lorsque l’État hébreu avait procédé au retrait de tous ses citoyens et soldats.
En juillet, il a pris la parole lors d’une conférence à la Knesset intitulée « La Côte d’Azur de Gaza : de la vision à la réalité », au cours de laquelle les participants ont présenté des plans pour rétablir les implantations juives dans la bande de Gaza. Il y a déclaré que Gaza deviendrait « une partie indissociable de l’État d’Israël ».
En mai, il a déclaré que la population de l’enclave serait confinée à une étroite bande de terre, le reste de la bande devant être « totalement détruit ».
En juillet, Smotrich a déclaré que sa vision bénéficiait du soutien du président américain Donald Trump. En février, ce dernier avait déclaré que les États-Unis prendraient le contrôle de Gaza, relogeraient ses habitants et en feraient la « Côte d’Azur du Moyen-Orient ».
Ces plans ont été rejetés par les Palestiniens, le monde arabe et la plupart de la communauté internationale, ainsi que par les responsables des deux partis aux États-Unis. Depuis ses premières déclarations, Trump a lui-même consacré moins d’attention à ces plans.
Mais le mois dernier, le Washington Post a rapporté que cette proposition n’était apparemment pas tout à fait enterrée. L’article indiquait que l’administration Trump étudiait une proposition de reconstruction de Gaza après la guerre, qui placerait l’enclave sous contrôle américain pendant dix ans et verserait une aide financière à environ un quart de sa population pour qu’elle se réinstalle, souvent de manière permanente.
Mercredi, Smotrich a également rejeté la déclaration de Netanyahu, faite plus tôt dans la semaine, selon laquelle Israël était confronté à un isolement croissant et pourrait être contraint de devenir une économie autonome, avec des « caractéristiques autarciques » et une sorte de « super-Sparte ».
« Je ne suis pas d’accord avec les propos du Premier ministre, et je n’ai vraiment pas apprécié la comparaison avec Sparte », a déclaré le ministre des Finances.
La déclaration de Netanyahu a suscité de vives critiques de la part des chefs de l’opposition et des chefs d’entreprise, et a entraîné une baisse de la valeur des actions à la Bourse de Tel Aviv.
Le Premier ministre a déclaré mardi avoir « pleinement confiance » dans l’économie israélienne et a tenu à préciser que ses propos portaient sur les industries de la défense et non sur l’économie dans son ensemble.
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