Soudan : Les paramilitaires usent de fosses communes pour cacher leurs « massacres » – CPI
À al-Geneina, la capitale du Darfour-Ouest, où les FSR sont accusées par la CPI d'avoir tué jusqu'à 15 000 civils, pour la plupart issus de l'ethnie Massalit
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Les paramilitaires soudanais, en guerre contre l’armée, ont commis des « massacres » au Darfour, dont ils tentent de dissimuler les victimes dans des « fosses communes », a rapporté lundi la procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI).
Depuis avril 2023, une guerre meurtrière oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR), toutes deux accusées d’atrocités.
Informant le Conseil de sécurité des Nations unies, Nazhat Shameem Khan a déclaré que « selon l’évaluation du bureau du procureur, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » avaient été commis lors de la prise de contrôle de la ville d’al-Facher, au Darfour, par les FSR, en octobre.
L’enquête en cours de l’instance judiciaire internationale a mis en évidence « des massacres et des tentatives de dissimulation des crimes par l’aménagement de fosses communes », et documenté « une campagne organisée et calculée » des paramilitaires contre les communautés non arabes, a ajouté la procureure fidjienne.
Des images analysées par la CPI montrent des paramilitaires « célébrant des exécutions directes et profanant des corps », a-t-elle également dénoncé, s’exprimant en visioconférence après s’être vue refuser un visa en raison de sanctions américaines.
« Le tableau qui se dessine est effroyable », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il rappelait les atrocités documentées à al-Geneina, la capitale du Darfour-Ouest, où les FSR sont accusées par la CPI d’avoir tué jusqu’à 15 000 civils, pour la plupart issus de l’ethnie Massalit.
Ces violences « se poursuivront » jusqu’à ce que « le sentiment d’impunité soit stoppé », a-t-elle alerté.
Dans le Darfour, région occidentale du Soudan aussi grande que la France et abritant plusieurs tribus non arabes (Fours, Massalit, Bartis, Zaghawa), les habitants sont victimes de « tortures collectives », a affirmé la rapporteure.
Elle a également réitéré son appel aux autorités soudanaises pour qu’elles coopèrent à l’arrestation des personnalités visées par des mandats d’arrêt, dont l’ancien président Omar el-Béchir et l’ancien ministre de la Défense, Abdul Raheem Mohamed Hussein.
L’arrestation de l’ancien président du parti au pouvoir Ahmed Haroun, – recherché depuis 2007 – « est une priorité », a-t-elle dit.
Cet ex-collaborateur d’Omar el-Béchir est accusé de 20 crimes contre l’humanité et de 22 crimes de guerre pour son rôle dans le recrutement de la milice Janjawid, dont sont issues les FSR, et qui est accusée de massacres ethniques dans les années 2000.
Haroun s’est évadé de prison en 2023 et affiche depuis son soutien à l’armée.
Près de trois ans de guerre ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné plus de 11 millions de personnes au Soudan, provoquant, selon l’ONU, la « pire crise humanitaire au monde ».
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