Sri Lanka : Une organisation belge anti-Israël porte plainte contre un ex-soldat de Tsahal
Selon la Fondation Hind Rajab, un ressortissant américano-israélien a commis des crimes de guerre lorsqu'il était ingénieur de combat à Gaza et le Sri Lanka a le « devoir » d'enquêter et le poursuivre le cas échéant
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La Fondation Hind Rajab a porté plainte auprès des autorités sri-lankaises à l’encontre d’un soldat israélo-américain de Tsahal venu en touriste, a annoncé l’organisation vendredi dernier, qui l’accuse de crimes de guerre dans la bande de Gaza.
Ces deux dernières années, cette organisation juridique pro-palestinienne et anti-Israël dont le siège se trouve en Belgique et qui porte le nom d’une fillette gazaouie de 6 ans tuée en janvier 2024, a déjà déposé des dizaines de plaintes au pénal contre des soldats et dignitaires israéliens en déplacement ou affectés à l’étranger.
Selon elle, le soldat en question, qui se trouve être un binational israélo-américain, serait au Sri Lanka depuis la fin de son service militaire.
Selon la plainte, le soldat récemment libéré, membre du 603e Bataillon du génie de combat, s’est volontairement engagé dans l’armée israélienne suite au massacre commis par le Hamas le 7 octobre 2023, et a été déployé à Gaza.
Le 603e Bataillon du génie de combat est une « unité opérationnelle au coeur de la destruction des infrastructures civiles dans Gaza », affirme la fondation dans son communiqué. « Officiellement chargé de fonctions techniques telles que le déminage ou la fortification, ses activités ont, en pratique, consisté à démolir de façon systématique des zones civiles. »
La fondation assure avoir établi un « lien direct » entre l’ex-soldat et « pour le moins, un cas de destruction illégale à Khan Younès en octobre-novembre 2025 ».
Selon elle, le soldat a publié des « preuves visuelles » de ses activités à Gaza sur les réseaux sociaux, dont une photo sur laquelle on le voit en train de « tenir, aux côtés de ses camarades, un câble de détonation à l’intérieur d’un bâtiment civil détruit, preuve de sa participation active à une démolition contrôlée. »
Elle affirme par ailleurs qu’en tant que membre du bataillon, le soldat s’est rendu coupable d’actes susceptibles de « constituer des crimes de guerre au regard du droit international », notamment l’attaque intentionnelle de zones et de biens civils ou encore des destructions injustifiées.
Israël nie catégoriquement tout crime de guerre ou « génocide » à Gaza et assure avoir toujours fait en sorte de minimiser les pertes civiles, tout en rappelant que le Hamas utilise les civils de Gaza comme des boucliers humains en combattant depuis des zones civiles, que ce soit des maisons, des hôpitaux, des écoles ou encore des mosquées.
Dans la mesure où l’ex-soldat se trouve actuellement au Sri Lanka, l’organisation a fait savoir qu’elle avait pressé ce pays de prendre les « mesures juridiques appropriées ».
« Les États ont le devoir d’enquêter et, lorsque cela est approprié, de poursuivre les individus soupçonnés de graves violations du droit international humanitaire », explique-t-elle. « La présence de tels individus sur leur territoire engage leur responsabilité et leur commande d’agir. »
Les autorités sri-lankaises n’ont pas réagi.
Selon la fondation, ce soldat américano-israélien n’est pas un cas « isolé » mais « fait bel et bien partie de la ligne de conduite des membres du 603e Bataillon du génie de combat et d’autres unités déployées à Gaza ».
Depuis 2024, la Fondation Hind Rajab utilise les publications des soldats, officiers et réservistes israéliens sur les réseaux sociaux pour savoir où ils se trouvent et les faire arrêter pour crimes de guerre lorsqu’ils se rendent à l’étranger. Elle inquiète, en Israël, et a conduit Tsahal à se doter de nouvelles règles pour mieux protéger la vie privée des militaires et les empêcher d’être victimes de doxxing — la pratique qui consiste à publier en ligne les informations personnelles de quelqu’un pour lui nuire.
L’organisation a tenté d’obtenir de la part des autorités européennes qu’elles interpellent plusieurs soldats de l’armée israélienne et forcé un soldat en voyage au Brésil à retourner immédiatement en Israël de crainte d’une arrestation, mais son action s’est avérée vaine devant les tribunaux, aucun des soldats concernés n’ayant été poursuivi pour crimes de guerre ou autres à Gaza.
la Communauté du Times of Israël !







