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Starmer et Macron : Londres et Paris vont discuter d’une « mission multinationale » pour sécuriser le détroit d’Ormuz

Selon le président français, cette intervention sera "purement défensive" et distincte de toute opération US ; le Premier ministre GB dit que son pays ne se joindra pas au blocus naval mis en place par Trump sur ce passage stratégique

À gauche : le Premier ministre britannique Keir Starmer, le 8 avril 2026 ; à droite : le président français Emmanuel Macron, le 8 avril 2026. (Crédit : Pool via AP/Montage)
À gauche : le Premier ministre britannique Keir Starmer, le 8 avril 2026 ; à droite : le président français Emmanuel Macron, le 8 avril 2026. (Crédit : Pool via AP/Montage)

La France et la Grande-Bretagne organiseront conjointement cette semaine un sommet qui sera consacré à l’élaboration d’un « plan concerté, indépendant et multinational » visant à sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, a fait savoir lundi le Premier ministre britannique, Keir Starmer.

La Grande-Bretagne a convié « plus de 40 nations, qui partagent notre souhait de rétablir la liberté de navigation ». Le sommet abordera la question des moyens à mettre en œuvre pour protéger la navigation « lorsque le conflit prendra fin », a ajouté Starmer.

La Grande-Bretagne et la France travailleront en concertation dans le cadre d’une « mission multinationale pacifique » et « distincte des parties au conflit », a indiqué le président français Emmanuel Macron plus tôt dans la journée de lundi.

Les frappes préventives menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran à la fin du mois de février ont déclenché une guerre qui s’est étendue dans toute la région. Elles ont en outre pratiquement paralysé le trafic dans le détroit d’Ormuz, coupant ainsi une voie essentielle pour le transport mondial de pétrole et de gaz.

La semaine dernière, l’Iran et les États-Unis ont convenu d’un cessez-le-feu de deux semaines. Mais les négociations entre les parties belligérantes, qui se sont tenues au Pakistan ce week-end, ont tourné court.

Le président américain Donald Trump a alors ordonné à sa marine de mettre en place dès lundi un blocus du détroit d’Ormuz.

Le président américain Donald Trump s’adressant aux médias sur la pelouse sud avant de décoller à bord du Marine One depuis la Maison Blanche, à Washington, le 11 avril 2026. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)

Trump, sur sa plateforme Truth Social, a également déclaré que « d’autres pays participer à ce blocus », sans toutefois préciser lesquels.

L’initiative franco-britannique qui a été dévoilée par Macron et Starmer sur X ne semble pas liée au blocus annoncé par Trump.

Le 2 avril, les participants à un sommet diplomatique qui a rassemblé une quarantaine de pays sous l’égide du Royaume-Uni ont exigé « la réouverture immédiate et inconditionnelle » de cette voie maritime essentielle.

Macron a pour sa part indiqué que le sommet à venir réunirait « des pays prêts à contribuer, à nos côtés, à une mission multinationale pacifique qui vise à rétablir la liberté de navigation dans le détroit ».

« Cette mission purement défensive, indépendante des parties engagées dans le conflit, est destinée à se déployer dès que les circonstances le permettront », a-t-il ajouté.

Selon l’armée américaine, le blocus du détroit ordonné par Trump devrait débuter à 14 h 00 GMT, et s’appliquer à tous les navires quittant ou entrant dans les ports iraniens situés de part et d’autre de cette voie maritime stratégique.

Des navires et un bateau dans le détroit d’Ormuz, au large des côtes d’Oman, le 12 avril 2026. (Crédit : Reuters)

Lundi, Keir Starmer a assuré que la Grande-Bretagne ne se joindrait pas au blocus naval annoncé par Donald Trump.

« Nous ne soutiendrons pas ce blocus », a-t-il dit à l’antenne de BBC Radio 5 Live, soulignant que la réouverture du détroit était essentielle.

« Il est, à mon sens, crucial que nous obtenions la réouverture complète du détroit. C’est sur cet objectif que nous avons concentré tous nos efforts ces dernières semaines, et c’est ce que nous continuerons de faire », a affirmé Starmer.

La Grande-Bretagne dispose de dragueurs de mines dans la région, a-t-il ajouté. La capacité militaire est « axée, de notre point de vue, sur la réouverture totale du détroit », a-t-il poursuivi, rappelant néanmoins ne pas pouvoir évoquer les questions opérationnelles.

La Grande-Bretagne subit des pressions pour entrer en guerre, a fait valoir Starmer, qui a insisté sur le fait qu’il n’agirait pas sans « base juridique claire » ni « plan mûrement réfléchi ».

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