Strasbourg : Vive émotion face à la présence d’un député RN à la remise de la Légion d’honneur d’une survivante d’Auschwitz
La participation d'un élu d'extrême droite à l'hommage rendu à Simone Polak a suscité une vive indignation, notamment au sein des milieux en charge de la préservation de la mémoire de la Shoah
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La cérémonie de remise des insignes de la Légion d’honneur à Simone Polak, figure emblématique de la mémoire de la Shoah en Alsace, a suscité une vive polémique et une profonde vague d’émotion à Strasbourg. En cause : la présence officielle, lors de cet événement mémoriel hautement symbolique dans la synagogue de Strasbourg, d’un député du Rassemblement National (RN), comme l’a rapporté le site Internet ici.fr.
Née en 1929 à Schirmeck, Simone Polak est l’une des dernières rescapées alsaciennes du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, dans lequel sa mère et son frère cadet ont été assassinés dès leur arrivée, en mai 1944.
Survivante des marches de la mort et des camps de Bergen-Belsen et Theresienstadt, elle s’est investie auprès des jeunes générations dans les années 1980 pour transmettre l’histoire de la Shoah et combattre la haine.
Comme le rappelle le site ici.fr, honorée de la médaille de la ville de Strasbourg en 2024 et nommée Commandeur des Palmes académiques fin 2025, elle a été élevée au rang de Chevalier de la Légion d’honneur au titre du devoir de mémoire.
Une présence politique qui fait polémique
Selon cette même source, c’est au cours de cette célébration solennelle que la présence d’un parlementaire du Rassemblement National a heurté l’assistance et déclenché de vives réactions au sein des communautés mémorielles et politiques locales.
Nombre d’observateurs et de participants ont vu dans la présence d’un élu du parti d’extrême-droite à l’hommage rendu à une victime du nazisme un paradoxe insoutenable, d’autant plus fort que le Front National (aujourd’hui nommé RN) est l’œuvre d’anciens collaborateurs du régime de Vichy et qu’il a donné lieu à plusieurs dérapages verbaux sur la Shoah de la part de Jean-Marie Le Pen.
Selon ICI Alsace, Théo Bernardt, qui est député de Wissembourg, aurait expliqué : « Je regrette cette polémique autour de ma présence le jour où on honore une femme qui a connu le pire. Je peux comprendre que certains, de l’ancienne génération, qui se souviennent des propos de Jean-Marie Le Pen, puissent avoir été surpris. Mais je suis né en 2000, j’ai été élu en 2024 sous la présidence de Jordan Bardella au RN. »
Selon cette même source, il assure avoir été invité à cette cérémonie et ne pas avoir vu de raisons de refuser « de mettre à l’honneur cette femme qui représente le devoir de mémoire sur ce qui s’est passé de pire dans l’histoire, à savoir la déportation et l’extermination de juifs durant la Seconde Guerre mondiale. »
L’entourage du Rassemblement National défend régulièrement la légitimité de ses élus à siéger et assister à l’ensemble des cérémonies républicaines officielles, et ce au nom de leur mandat démocratique.
L’événement a laissé un goût amer à Strasbourg, rappelant la sensibilité extrême qui entoure la présence du Rassemblement National dans les commémorations de la Seconde Guerre mondiale.
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