Suède: des mineurs en procès pour tentative de meurtre contre un chercheur iranien
Arvin Khoshnood, opposant au régime de Téhéran, s'exprime régulièrement dans les médias ; les renseignements suédois (Säpo) classent depuis longtemps l'Iran comme l'une des principales menaces à la sécurité du pays
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Cinq mineurs comparaissent mercredi en Suède pour une tentative de meurtre ayant visé un chercheur indépendant iranien, connu pour son opposition à la République islamique et son soutien à Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran.
Le procès a débuté à huis clos au tribunal de Göteborg (ouest) par l’exposé des faits, qui incluent une série d’actes criminels, a affirmé à l’AFP l’avocate d’Arvin Khoshnood, Sylvia Strid.
M. Khoshnood assure que la tentative de meurtre l’ayant visé a été commanditée par un réseau criminel en lien avec les autorités iraniennes.
Le 2 septembre 2025, l’un des accusés, armé d’un couteau, sonne à sa porte, à Malmö (sud). Son épouse ouvre et le jeune homme, alors âgé de 16 ans, lui demande si M. Khoshnood est chez lui, selon l’acte d’accusation.
Le chercheur, qui se trouve à l’intérieur de la maison, reste à l’abri et appelle immédiatement la police.
Ayant fait l’objet de menaces par le passé, Arvin Khoshnood « a immédiatement eu le pressentiment que quelque chose n’allait pas », raconte à l’AFP Me Strid.
« Il a dit à sa femme de fermer la porte, puis il a pris une photo du garçon, ce qui a été déterminant pour l’enquête. Il avait vraiment un ange gardien. Leurs jeunes enfants se trouvaient aussi dans la maison lorsque l’assaillant est arrivé », a ajouté l’avocate.
Il vit depuis caché à une autre adresse.
« Il est sous une énorme pression, et toute la famille l’est aussi, puisqu’ils ont dû fuir leur maison et leur vie », a-t-elle poursuivi. Mais « ils sont dans une meilleure situation (aujourd’hui), ils ont obtenu un hébergement protégé et bénéficient du soutien de leurs collègues ».
« Crime à la demande »
L’assaillant a été recruté sur des messageries chiffrées par l’intermédiaire de ses co-accusés, pour tuer M. Khoshnood, dont la tête avait été mise à prix pour 300 000 couronnes suédoises (environ 27 000 euros).
Trois d’entre eux, et un quatrième (le commanditaire), dont l’identité n’a pas encore été établie, lui ont donné des consignes, fourni l’arme blanche et négocié les conditions de son « contrat » avant qu’il ne passe à l’acte.
« Il s’agit d’actes relevant de ce qu’on appelle crime as a service (« criminalité à la demande », NDLR), dans le cadre duquel de jeunes auteurs en Suède acceptent des missions pour le compte de personnes liées au crime organisé. L’identité du commanditaire n’a pas encore été établie », selon Per-Erik Rinsell, le procureur en charge de l’affaire.
Chercheur indépendant basé en Suède, Arvin Khoshnood s’exprime régulièrement dans les médias suédois en tant que spécialiste de l’Iran.
Sur ses réseaux sociaux, cet opposant à la République islamique affiche son soutien à Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran exilé aux États-Unis, qui dirige l’un des nombreux mouvements d’opposition basés à l’étranger et qui se présente comme une alternative en cas de chute du pouvoir iranien.
Prestataires de crimes
M. Khoshnood se dit convaincu que Foxtrot, l’un des principaux réseaux criminels de Suède dirigé par Rawa Majid – qui se trouve actuellement en Iran – est à l’origine de la tentative de meurtre dont il est victime.
« C’est de loin le seul mobile qui ait du sens » dans cette affaire, souligne Me Strid.
Ce réseau, responsable de plusieurs tirs, explosions et assassinats perpétrés en Suède ces dernières années, agit selon les autorités notamment pour le compte de la République islamique.
Il utilise, comme d’autres gangs, un système faiblement structuré de recrutement sur les réseaux sociaux, dans lequel les enfants sont utilisés comme prestataires de crimes.
Les renseignements suédois (Säpo) classent depuis longtemps l’Iran comme l’une des principales menaces à la sécurité de la Suède.
Ils affirment depuis mai 2024 que Téhéran recrute des membres de gangs criminels pour commettre des « actes de violence » contre des intérêts israéliens ou opposants iraniens dans le pays scandinave. Une accusation niée par l’Iran.
La guerre au Moyen-Orient a depuis accru cette menace contre les cibles américaines, juives et israéliennes dans le pays, ainsi que contre les opposants politiques, selon Säpo.
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