Suite à un affrontement avec des manifestants juifs à Paris, Kneecap annule sa tournée américaine
Le groupe de rap a justifié l'annulation par la convocation en justice de l'un de ses membres, accusé de terrorisme pour avoir déployé le drapeau du Hezbollah lors d'un concert à Londres
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Le groupe de rap irlandais Kneecap a annulé sa tournée du mois d’octobre, aux États-Unis, au beau milieu de la crise provoquée par ses prises de position pro-palestiniennes, lesquelles ont valu à l’un de ses membres des ennuis judiciaires.
C’est sur X que le groupe a évoqué les démêlés judiciaires de l’un de ses membres, Mo Chara, accusé de terrorisme par un tribunal britannique pour avoir affiché un drapeau du Hezbollah lors d’un concert à Londres l’an dernier.
« Compte tenu de la proximité entre la prochaine audience à Londres et la première date de la tournée, alors que le gouvernement britannique mène une véritable chasse aux sorcières, nous sommes contraints d’annuler les 15 dates de la tournée américaine du mois d’octobre », a écrit Kneecap sur X.
Cette tournée promettait pourtant de se jouer à guichets fermés, six mois après l’explosion médiatique de Kneecap, lorsque le groupe a projeté les mots « F–k Israël. Free Palestine » sur scène, à l’occasion du festival musical de Coachella, en avril dernier, aux Etats-Unis.
Le groupe a ajouté « préparer quelque chose de très spécial pour ses fans américains, la semaine prochaine, afin de rester connectés avec vous tous en octobre. Pour l’instant, c’est top secret mais tout sera révélé la semaine prochaine. »
La veille de l’annonce, des manifestants juifs avaient été expulsés d’un concert de Kneecap à Paris.
C’est le groupe Nous Vivrons, créé dans le sillage de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 pour lutter contre l’antisémitisme en France, qui a organisé la manifestation au festival Rock en Seine, en banlieue parisienne. Quelques minutes après le début du concert de Kneecap, les membres de Nous Vivrons ont commencé à siffler et sortir des pancartes en français sur lesquelles on pouvait lire « Les antisémites, fichez le camp de nos festivals ».
A group of Zionists with flags and whistles tried to interrupt the start of our gig in Paris just now.
"We're not like them. We're not like Israel. We're not here to cause fights. It's all love it's all support for Palestine." pic.twitter.com/EYLB7ouwHo
— KNEECAP (@KNEECAPCEOL) August 24, 2025
L’un des membres du groupe a interrompu le concert pour dire au micro : « Ils veulent essayer de nous arrêter, ils ne voulaient pas que nous jouions au festival, ils veulent nous chasser par des sifflets, mais nous n’allons pas les laisser faire », avant de faire reprendre au public le chant « Liberté, liberté pour la Palestine ».
Selon Benjamin Cymerman, vice-président du collectif, les manifestants de Nous Vivrons ont été expulsés du concert par le service de sécurité.
« Pour des questions de sécurité – la nôtre -, la police nous a escortés jusqu’au métro parce qu’il y avait des violences autour de nous », explique Cymerman au Parisien. « Nous avons identifié deux personnes contre lesquelles nous allons porter plainte. Nous aurions aimé arrêter le concert, mais nous sommes déjà satisfaits de l’avoir interrompu. »
Kneecap a publié une vidéo des manifestants sur les réseaux sociaux, ainsi légendée : « Un groupe de sionistes avec des drapeaux et des sifflets a tenté d’interrompre notre concert à Paris tout à l’heure. »
Le groupe a par ailleurs repris les propos tenus par l’un de ses membres, sur scène : « Nous ne sommes pas comme eux. Nous ne sommes pas comme Israël. Nous ne sommes pas ici pour provoquer des affrontements. Ce n’est que de l’amour, du soutien à la Palestine. »
Dans la vidéo, on entend distinctement un membre du groupe crier « f-ck off » aux manifestants au moment où le service de sécurité les raccompagne vers la sortie.
Nous Vivrons a organisé plusieurs manifestations pour appeler l’attention sur l’antisémitisme en France, notamment après l’agression antisémite présumée du grand rabbin d’Orléans, en mars dernier, et le viol à motivation antisémite d’une jeune fille juive de 12 ans, en juin 2024.
Le mois dernier, Nous Vivrons a porté plainte pour diffamation à l’encontre d’un député français ayant dit du collectif qu’il était un « groupe violent et raciste » et qu’il l’avait accusé de « soutenir les crimes de guerre israéliens » et de « promouvoir le génocide ».
« Nous n’avons rien contre les artistes qui souhaitent une Palestine libre », a dit Cymerman au Parisien. « Nous sommes nous aussi partisans de la solution à deux États. Mais nous luttons contre l’antisémitisme, et nous pensons que ce groupe, qui soutient le Hezbollah, n’a rien à faire dans les festivals. »
Avant de monter sur scène à Paris, le groupe avait publié plusieurs messages en français, comme par exemple : « Israël commet un génocide contre le peuple palestinien » ou « Le gouvernement français est complice : il vend des armes à l’armée israélienne ».
Avant même de commencer, le concert de Kneecap avait suscité la controverse. En effet, des municipalités, à commencer par celle de Saint-Cloud, tout comme la région Ile-de-France, avaient retiré leur financement du festival en raison de la présence du groupe, tandis que le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait fait savoir qu’il surveillerait de près le concert et « tout propos de nature antisémite, apologie du terrorisme ou incitation à la haine ».
« Ils profanent la mémoire des 50 victimes françaises tuées par le Hamas le 7 octobre, et toutes les victimes françaises du Hezbollah », a déclaré Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, qui avait lui aussi appelé à l’annulation du concert.
Certains manifestants présents au concert de dimanche appartenaient par ailleurs à Betar Worldwide, un groupe militant de droite pro-Israël.
« Nous savons qu’un petit groupe de manifestants, originaires d’Israël et de France, pour certains affiliés à Betar Worldwide, a donné de la voix pour rappeler au devoir de conscience et de moralité face à Kneecap, ce groupe animé des pires intentions et qui déteste les Juifs », a déclaré Daniel Levy, porte-parole de Betar Worldwide, dans un communiqué envoyé par courrier électronique.
« Le groupe Kneecap ne devrait pas se voir délivrer de visa pour se rendre à l’étranger et inciter à la violence contre le peuple juif et l’État juif », a ajouté Levy.
Le Département d’État américain, qui a refusé de répondre aux questions sur les demandes de visa de Kneecap, a annulé les visas de travail d’un autre groupe britannique, Bob Vylan, qui avait scandé « A mort Tsahal » au festival de musique de Glastonbury, en juin dernier.
La veille du concert de Kneecap en région parisienne, ce dimanche, un autre groupe irlandais, les Mary Wallopers, avait été privé de sonorisation après avoir organisé une manifestation pro-palestinienne sur scène, lors d’un festival de musique au Royaume-Uni.
la Communauté du Times of Israël !







