Sur fond d’accusations de népotisme, des dayanim nommés pour la première fois en 7 ans
Le gendre du chef du Shas, Aryeh Deri, fait partie des 21 juges rabbiniques nommés, parmi lesquels figurent des ashkénazes, séfarades et nationalistes religieux
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Vingt-et-un nouveaux juges rabbiniques – ou dayanim en hébreu – ont été nommés dimanche. Il s’agit des premières nominations de ce type depuis sept ans.
Si le Grand Rabbinat a salué cette décision comme une avancée significative, cette nomination a toutefois suscité des accusations de népotisme et de marchandage politique. Le rabbin Elkanah Senans, gendre d’Aryeh Deri, le chef du parti Shas, fait partie des personnes nommées.
« C’est un jour historique pour le système judiciaire rabbinique en Israël », a déclaré le Grand Rabbin David Yosef, chef du tribunal rabbinique, à l’issue d’une réunion avec les nouveaux juges, selon un communiqué publié par son porte-parole.
« La nomination de vingt-et-un érudits de la Torah distingués, pieux et hautement respectés représente une étape importante dans le renforcement du monde de la loi rabbinique et l’amélioration du service rendu à la population. »
Les tribunaux rabbiniques en Israël font partie du pouvoir judiciaire et jouissent de pouvoirs étendus, notamment en matière de divorce, de statut juif des Israéliens et de conversions. Conformément à la halakha (loi juive orthodoxe), seuls les hommes pratiquants peuvent exercer la fonction de juge.
La commission chargée de nommer les nouveaux dayanim comprend des rabbins, des membres de la Knesset issus de la coalition et de l’opposition, des juges rabbiniques en exercice, des avocats et des membres de l’Association du barreau israélien (IBA).
Ces nominations ont été rendues possibles grâce à un accord entre trois partis ultra-orthodoxes – ou haredim – de la Knesset : Yahadout HaTorah, Shas et HaTzionout HaDatit. Chaque parti a obtenu sept nouveaux juges.
« Au cours des dernières décennies, afin d’assurer la représentation de tous les secteurs et d’éviter de nommer des juges issus d’un seul groupe, les membres de la commission ont suivi un accord informel : un tiers des juges sont des haredim séfarades, un tiers des haredim ashkénazes et un tiers des haredim nationalistes religieux », a écrit Shilo Fried, correspondant de Ynet pour les affaires liées aux ultra-orthodoxes.
Les nouveaux juges issus de la communauté ultra-orthodoxe ashkénaze sont les rabbins : Shlomo Rosenthal, Israel Meïr Kook, Zvi Schindler, Shlomo Binyamin Halperin, Israel Chaïm Wingut, Shimon Mann et Chaïm Salz.
Les rabbins Senans, Eyal Giat, Eliyahu Cohen, Itay Zaberlo, Avraham Cheshaï, Golan Alof et Moshe Tzaïg ont été choisis pour représenter les dayanim séfarades.
21 הדיינים החדשים במעונו של נשיא בית הדין הגדול הראשון לציון הגאון רבי דוד יוסף pic.twitter.com/jttLzefqU4
— ישי כהן (@ishaycoen) May 19, 2025
Les sept dayanim nationalistes religieux sont les rabbins suivants : Yechiel Freiman, Yaakov Shpongin, Yedidya Kahane, Aviad Tapuchi, Yeshua Saadia Ratvi, Doron Alon et Yaïr Aton.
Comme l’a noté le groupe de défense des droits religieux ITIM, neuf personnes nommées ont des liens familiaux étroits avec des rabbins ou des dirigeants politiques.
Outre Senans, Alon, Cheshaï et Schindler sont, selon ITIM, tous des parents au premier degré d’anciens ou d’actuels juges du Grand Tribunal Rabbinique (le père de Schindler siège également dans la commission qui a nommé son fils). En outre, Kook est le gendre du rabbin Yekutiel Efrati, membre de la commission rabbinique du parti Yahadout HaTorah. Kahane, Salz, Shpongin et Rosenthal sont par ailleurs apparentés à d’autres dayanim.
« L’establishment religieux devrait incarner les valeurs et l’intégrité », a déclaré le rabbin Seth Farber, directeur de l’ITIM, dans un communiqué.
« Malheureusement, c’est loin d’être le cas aujourd’hui. La politisation et le népotisme sont monnaie courante. Tant que les nominations dépendront de la politique plutôt que des qualifications, l’aliénation du peuple [de la religion] ne fera que s’accentuer. »
Ishay Cohen, journaliste et commentateur pour le journal ultra-orthodoxe Kikar HaShabbat, a noté que ces nominations rompaient également avec un précédent de longue date qui interdisait de sélectionner des candidats qui se présentaient pour la première fois.
« Pendant des années, il y a eu une règle claire : les juges qui se présentaient pour la première fois n’étaient pas nommés », a-t-il écrit sur le réseau social X.
« Des dizaines de candidats ont attendu plusieurs tours. Ce soir, cette règle n’a pas été respectée : plusieurs candidats ont été sélectionnés pour la première fois et, comme on pouvait s’y attendre, certains d’entre eux sont étroitement liés à des personnalités haredim de haut rang. »
Fried a également noté que deux personnes nommées par les autorités nationalistes religieux, Freiman et Shpongin, n’ont pas servi dans l’armée.
« Le service militaire ne devrait pas nécessairement être un critère. Mais si vous voulez donner une place à des érudits de la Torah pour qui le service militaire fait partie du monde dans lequel ils évoluent, ce n’est pas la bonne solution », a-t-il écrit sur X.
Yoeli Brim, correspondant de la Treizième chaîne pour les affaires religieuses, a également noté que quatre des personnes nommées ont étudié sous la direction du Grand Rabbin Yosef : Alof, Kook, Tzaïg et Cohen.
« Comment quatre étudiants du rabbin David Yosef ont-ils pu accéder à la magistrature ? », a-t-il demandé sur X.
« Il convient de rappeler que le rabbin David Yosef est président du Grand Conseil rabbinique et membre de la commission chargée des nominations. »
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