Sur fond de rumeurs persistantes de fusion, Eisenkot et Liberman affirment « renforcer leur coopération »
Les dirigeants des partis Yashar et Yisrael Beytenu se sont rencontrés ; Yair Golan exhorte Eisenkot à rejoindre soit son parti, les Démocrates, soit le parti "Ensemble" de Bennett et Lapid
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À la suite de récentes informations qui ont laissé entendre que Gadi Eisenkot, le chef du nouveau parti Yashar, et Avigdor Liberman, leader de la faction Yisrael Beytenu, seraient en pourparlers concernant une éventuelle fusion, les deux hommes politiques ont annoncé jeudi qu’ils s’efforçaient d’élargir leur coopération en vue des prochaines élections, sans toutefois confirmer leur intention de se présenter sur une seule liste.
Dans un communiqué commun, les deux partis d’opposition ont fait savoir qu’Eisenkot et Liberman s’étaient rencontrés mercredi dans la soirée et qu’ils avaient tous les deux « donné pour instruction à leurs équipes d’approfondir la coopération entre les partis afin de mener à la victoire la ‘coalition de ceux qui servent [dans l’armée]’ et afin d’établir un gouvernement sioniste, un gouvernement digne d’hommes d’État ».
Une union entre le parti centriste Yashar, qui vient tout juste d’être formé, et le parti belliciste Yisrael Beytenu — qui détient actuellement six sièges à la Knesset mais qui recueille régulièrement environ 10 % des intentions de vote — pourrait rapporter un total de 25 sièges, selon des sondages récents, ce qui placerait l’alliance au coude à coude avec la liste « Ensemble » de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et du chef de l’opposition Yair Lapid.
Répondant à la question d’un journaliste sur une éventuelle fusion entre les deux factions, une question qui a été posée lors d’une conférence de presse, en début de semaine, Eisenkot a expliqué que lui-même et Liberman « entretenaient une relation de longue date » et qu’ils s’étaient rencontrés ces derniers mois, mais qu’il ne souhaitait pas entrer dans les détails.
Liberman a également été interrogé sur le même sujet lors d’une conférence de presse qui a eu lieu mercredi – et il a déclaré que l’objectif principal des prochaines élections était de remplacer le gouvernement de Netanyahu et que « toute initiative apportant une valeur ajoutée de deux ou trois mandats est nécessaire. Mais il doit y avoir une valeur ajoutée. Si une initiative ne contribue pas à gagner des mandats, alors à mon avis, c’est une perte de temps ».
Lors de cette même conférence de presse, Liberman a annoncé que s’il ne siégerait pas dans un gouvernement avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, il était ouvert à l’idée d’entrer dans une coalition incluant un Likud post-Netanyahu si celui-ci adoptait certaines politiques — ce qui est une hyppothèse toutefois peu probable.
Pour qu’il puisse siéger avec le Likud – sans Netanyahu – Liberman a confié que le parti devrait accepter des éléments de premier plan du programme de Yisrael Beytenu, avec notamment la limitation du nombre de mandats du Premier ministre, l’interdiction de se présenter au poste de Premier ministre en cas de mise en examen, la création d’une commission d’enquête nationale sur le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, et la mise en place de transports publics le jour du Shabbat.
Liberman et ses alliés ont récemment présenté leur parti comme le véritable successeur du Likud d’avant Netanyahu.
Liberman a également appelé à l’organisation d’un référendum national sur la Constitution au cours des six premiers mois du prochain gouvernement, si l’opposition devait remporter les prochaines élections de 2026.
Un appel à la consolidation de l’opposition
L’annonce faite par Eisenkot et Liberman a fait suite à un appel lancé par le président du parti Les Démocrates, Yair Golan, qui a invité Eisenkot à fusionner soit avec son parti, Les Démocrates, soit avec le parti Ensemble de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, plutôt que de tenter une candidature indépendante aux prochaines élections.
« Ce moment dépasse chacun d’entre nous… Diviser le bloc [anti-gouvernemental] n’apporte pas de nouveaux votes ; cela ne fait que disperser la force dont nous disposons et cela affaiblit notre camp politique », a dit Golan lors d’un discours qui a été prononcé jeudi à la Fondation Berl Katznelson.
« Je vous appelle à ne pas diviser davantage le bloc et à prendre une décision qui nous permettra de gagner : rejoignez l’alliance Bennett-Lapid, ou rejoignez-nous, les Démocrates, et renforcez le foyer idéologique et moral du camp libéral. La victoire aux élections et le sauvetage de l’État dépendent de notre capacité à rester unis et forts », a dit Golan dans un message adressé à Eisenkot.
Outre ses efforts qui visent à favoriser la consolidation au sein du bloc d’opposition, Golan a également exhorté cette semaine ses collègues sionistes de l’opposition à s’associer à nouveau avec le parti arabe Raam et à « cesser de jouer le jeu » de la « diabolisation », a-t-il dit, de la faction islamiste par la coalition, afin qu’ils puissent « renverser ce gouvernement désastreux et défaillant ».
La semaine dernière, Lapid avait confié à Bennett qu’il était prêt à occuper la troisième place, plutôt que la deuxième, sur leur liste électorale commune si cela pouvait contribuer à sceller une fusion avec Eisenkot, avait indiqué une source proche de Lapid.
Une source proche d’Eisenkot avait rejeté l’offre de Lapid de rejoindre la nouvelle union – même si Eisenkot avait, selon les premières informations, proposé une telle fusion dès le mois de janvier dernier.
Eisenkot a déclaré mardi qu’il avait « travaillé pendant de nombreux mois pour mettre en place une infrastructure permettant de remporter les élections » et que, dans cette optique, il avait « rencontré tous les candidats et tenté de parvenir à une structure tripartite, car je pensais que c’était la bonne solution, mais cela n’a pas fonctionné ».
C’est pourquoi « j’ai continué à renforcer Yashar pour qu’il soit aussi important que possible », a-t-il dit aux journalistes à Tel Aviv, mardi.
Selon un sondage de la chaîne d’information N12 dont les résultats ont été diffusés la semaine dernière, si Eisenkot rejoignait Bennett et Lapid sur une liste commune, leur parti uni remporterait 41 sièges, mais l’équilibre global entre les blocs resterait inchangé.
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