Tensions conjugales et financières signalées parmi les familles des réservistes
La commission du Statut des femmes a été informée qu'un tiers des épouses de réservistes ont envisagé de divorcer ou de se séparer de leur conjoint depuis le début de la guerre
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Un tiers des épouses de réservistes de l’armée israélienne ont envisagé de divorcer ou de se séparer de leur conjoint depuis le début de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, en octobre 2023, ont appris mardi les membres de la commission du Statut des femmes et l’Égalité des sexes de la Knesset.
Selon les chiffres fournis par le Bureau central des statistiques (CBS), 58 % des femmes divorcées et 48 % des mères célibataires partageant la garde de leurs enfants avec un réserviste ont déclaré rencontrer des difficultés financières.
5 % des conjoints de réservistes ayant un emploi et 73 % de ceux qui sont indépendants ont déclaré subir un préjudice économique. Parmi les partenaires de réservistes qui étaient indépendants avant le 7 octobre 2023, 12 % sont désormais salariés et 8 % sont sans emploi.
« La guerre a peut-être pris fin sous sa forme actuelle, mais ses conséquences sont loin d’être terminées. Les préjudices subis par les épouses et les familles des réservistes, tels qu’ils ressortent de l’enquête du Bureau central des statistiques, indiquent une crise vaste et profonde qui nécessite un traitement systémique, ciblé et à long terme », a déclaré la présidente de la commission, la députée Meirav Cohen (Yesh Atid).
« C’est là une conséquence regrettable, mais malheureusement pas surprenante, d’une réalité dans laquelle environ 300 000 réservistes, hommes et femmes, ont été mobilisés pendant de longues périodes depuis le début de la guerre, certains… pendant des centaines de jours. »
Les données de l’enquête du CBS montrent qu’environ la moitié des femmes ont signalé une détérioration de leur relation conjugale et qu’un tiers d’entre elles ont même envisagé une séparation ou un divorce à cause de cette détérioration. Une proportion importante de femmes ont également signalé un changement négatif dans l’état mental de leurs enfants ou ont déclaré avoir sollicité une aide psychologique pour elles-mêmes », a-t-elle ajouté.
Alors qu’un responsable du ministère du Développement du Néguev et de la Galilée a déclaré aux députés que des fonds avaient été alloués pour nommer des coordinateurs chargés de traiter les questions d’indemnisation dans 90 collectivités locales, un responsable du ministère des Finances a déclaré « qu’il n’y a pas de source budgétaire du Trésor pour la décision du gouvernement » et que « la décision du gouvernement ne précise pas de budget supplémentaire ».
Plusieurs femmes ont témoigné qu’elles estimaient que l’aide du gouvernement était insuffisante.
Les réservistes se sont plaints à plusieurs reprises de la charge personnelle et financière que représente la prolongation de leur service depuis le 7 octobre, évoquant des mariages brisés, des entreprises détruites et d’autres difficultés. D’anciens combattants de Tsahal ont également estimé que le gouvernement n’en faisait pas assez pour lutter contre l’augmentation du taux de suicide parmi les personnes souffrant de stress post-traumatique. Le ministère de la Défense a reconnu que les ressources disponibles pour traiter cette question restaient insuffisantes.
Depuis le début de la guerre, le gouvernement a approuvé plusieurs tranches d’aide destinées aux réservistes, aux blessés et aux autres soldats. Le mois dernier, les législateurs ont adopté une loi doublant le financement des organisations qui soutiennent les soldats handicapés.
Tsahal a mobilisé quelque 300 000 réservistes au cours de la guerre, avec un pic de 287 000 immédiatement après l’attaque du 7 octobre. Pendant le conflit, les réservistes ont servi en moyenne 136 jours, tandis que les commandants ont effectué 168 jours de service, selon les données de Tsahal.
Depuis le début de la guerre, 915 soldats de Tsahal ont été tués sur les différents théâtres d’opérations, un bilan qui comprend à la fois des réservistes et des conscrits.
En outre, environ 20 000 soldats blessés ont été pris en charge depuis le début du conflit, dont plus de la moitié souffrent de troubles psychologiques, selon les chiffres publiés en septembre par le ministère de la Défense. Parmi ces 20 000 blessés, quelque 64 % sont des réservistes.
Emanuel Fabian a contribué à cet article.
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