Tollé après une somptueuse collecte de fonds hassidique au soir de Yom HaZikaron
Le chef des Démocrates Yair Golan fustige le "mépris pour la solidarité" dont font preuve les réfractaires à la conscription ultra-orthodoxes, qui se moquent du sort de ceux qui sont tombés en défendant le pays
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Le chef du parti Les Démocrates, Yair Golan, a publié mardi une condamnation cinglante après que le groupe de protestation « Mères au Front » a relayé une vidéo semblant montrer un somptueux événement organisé par le mouvement hassidique ultra-orthodoxe de Gur, alors que le pays se préparait à célébrer la soirée de Yom HaZikaron et à honorer les soldats tombés au combat dans le recueillement.
« Ils ne servent pas [dans l’armée]. Ils ne contribuent pas à l’effort commun. Et ils ne se soucient pas de ceux qui ont servi, qui ont combattu et qui sont tombés pour les protéger, eux aussi », a tweeté Golan. « Il faut en finir avec ce mépris de la solidarité et des fondements de l’État. Nous mettrons un terme à cette célébration bâtie sur le dos de ceux qui servent et aux dépens de l’ensemble de la population. »
Yom HaZikaron et Yom HaShoah sont les deux jours les plus sombres du calendrier national. Une sirène retentit pendant une minute au soir de Yom HaZikaron, interrompant toute activité dans une grande partie du pays, tandis que la population rend hommage aux disparus.
L’enrôlement au sein de la communauté ultra-orthodoxe, ou Haredim, est un sujet de débat houleux en Israël. Selon les estimations, ce sont environ 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans qui seraient actuellement soumis à l’obligation de service militaire, mais qui ne rejoignent pas pour autant les rangs l’armée en raison des nombreuses exemptions accordées à cette communauté. L’armée israélienne a répété à plusieurs reprises aux députés avoir besoin de plus de 10 000 soldats supplémentaires en raison de la pression exercée par les conflits récents et d’autres défis militaires.
Le rassemblement du mouvement de Gur, organisé dans la ville de Ness Ziona, dans le centre d’Israël, et décrit par l’association Mères au Front comme une collecte de fonds, était principalement consacré à la vente de logements à de jeunes couples hassidiques, ainsi que l’indique un post Instagram du site d’information Walla.
« Le moment est venu de le dire haut et fort : ceux qui ne portent pas l’uniforme, ceux qui n’honorent pas la mémoire des soldats tombés au combat et ceux qui choisissent de faire la fête alors que tout le pays pleure n’ont pas leur place à la tête de l’État », a déclaré le groupe dans un message posté sur Twitter.
אתמול בזמן שהלב שלנו נדם בצפירה הם חגגו על שולחנות ערוכים.
הטקס האלטרנטיבי של חסידות גור – על הקירות כתוב יזכור אבל אין קשר לזכר הנופלים. באמת קשה למצוא את המילים כדי לתאר את עומק הזעזוע ממה שקרה אתמול בנס ציונה.
בערב הכי קדוש וכואב לחברה הישראלית, בערב יום הזיכרון, התקיים… pic.twitter.com/8EBKUB7Q1V— אימהות בחזית (@IBahazit) April 21, 2026
Les partis haredim jouent un rôle essentiel au sein de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et l’opposition à la conscription est l’un de leurs principaux combats politiques.
Le mois dernier, le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré lors d’une réunion du cabinet de sécurité que « l’armée israélienne allait s’effondrer », confrontée à des exigences opérationnelles grandissantes et à une pénurie de personnel de plus en plus grave.
Par ailleurs, la semaine dernière, la Haute Cour de justice a sévèrement réprimandé la police pour ne pas avoir arrêté les réfractaires haredim lors d’une audience consacrée aux mesures prises par le gouvernement pour faire respecter la conscription militaire des ultra-orthodoxes.
La Cour a en outre vivement critiqué le gouvernement lui-même, lui reprochant de ne rien faire pour mettre en œuvre ses décisions antérieures concernant l’application de l’obligation militaire aux hommes ultra-orthodoxes en âge de servir.
En juin 2024, la Haute Cour a rendu un arrêt dans lequel elle sommait le gouvernement de lancer la conscription des hommes haredim. Depuis lors, les yeshivot hébergeant des réfractaires ont vu leurs budgets réduits, les réfractaires à la conscription eux-mêmes ont perdu l’accès aux subventions pour les crèches et à d’autres avantages, et l’armée israélienne a commencé à arrêter un petit nombre d’entre eux, dont certains qui tentaient de quitter le pays.
Mais la coalition a fait pression pour faire adopter une loi qui consacrerait des exemptions générales du service militaire pour les étudiants à temps plein des yeshivot, tout en définissant des objectifs de conscription peu ambitieux pour l’ensemble des hommes haredim. Cette proposition de loi s’est attiré les foudres de nombreux détracteurs, qui affirment qu’elle institutionnaliserait des exemptions généralisées pour la communauté haredim.
À la fin du mois de mars, le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le député du Likud Boaz Bismuth, a annoncé qu’il reprendrait l’examen de ce projet de loi controversé qu’il avait brièvement suspendu au début de la guerre avec l’Iran.
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