Toute une civilisation va disparaître » en Iran: Des groupes juifs US dénoncent la menace de Trump
"Nous savons ce que cela signifie lorsqu'un dirigeant appelle à la destruction de communautés et de populations", dit la PDG du JCPA ; plusieurs organisations et leaders progressistes accusent Trump d'encourager le génocide
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JTA — Plusieurs organisations juives américaines ont, à l’instar d’autres groupes, critiqué le président Donald Trump, l’accusant mardi d’avoir employé une rhétorique génocidaire après qu’il a posté un message en ligne affirmant que « toute une civilisation disparaîtra ce soir » si l’Iran devait ne pas rouvrir le détroit d’Ormuz.
« Toute une civilisation disparaîtra ce soir, pour ne jamais renaître », a ainsi écrit Trump dans une publication sur sa plateforme Truth Social. « J’espère que cela n’arrivera pas, mais c’est malheureusement probable. Toutefois, maintenant que nous sommes dans une situation de changement complet et total de régime, avec des personnes différentes, plus intelligentes et moins radicalisées, peut-être qu’un miracle révolutionnaire pourrait se produire, QUI SAIT ? »
Ces commentaires ont été postés quelques heures avant l’échéance fixée par le président à 20 h, mardi, pour que l’Iran accepte de rouvrir le détroit d’Ormuz. Ils n’ont pas manqué d’être rapidement condamnés par un groupe de sénateurs démocrates, parmi lesquels le chef de la minorité, Chuck Schumer.
« Aujourd’hui, nous nous exprimons d’une seule voix et avec un seul objectif : dénoncer la menace du président Trump d’anéantir toute une civilisation », a indiqué Schumer dans un communiqué conjoint. « Cette approche n’est pas signe de force. La destruction délibérée des réseaux d’électricité, d’approvisionnement en eau ou des infrastructures de base dont dépendent des dizaines de millions de civils, et ce dans le but de punir ces mêmes civils qui souffrent aux mains du régime iranien, reviendrait à commettre un crime de guerre, à trahir les valeurs sur lesquelles cette nation a été fondée, et à renoncer à toute morale. »
Dans un message sur X, l’American Jewish Committee a pour sa part réagi en affirmant que, même s’il « partageait les objectifs » de la guerre menée par Trump contre l’Iran, il avait été « alarmé » par les publications du président sur les réseaux sociaux. Le peuple iranien, a-t-il ajouté, « mérite un avenir fait de dignité, d’opportunités et d’une plus grande intégration au sein de la communauté internationale ».
Moins de deux heures avant l’expiration de l’ultimatum fixé à 20 h, Trump a annoncé avoir accepté un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran tel que proposé par le Pakistan, annonçant dans un message sur Truth Social : « Ce sera un CESSEZ-LE-FEU pour les deux parties ! »
« L’Iran nous a soumis une proposition en dix points qui, selon nous, constitue une base viable pour la poursuite des négociations », a expliqué Trump. « Les États-Unis et l’Iran se sont accordés sur la quasi-totalité des points qui les opposaient jusqu’à présent. Deux semaines supplémentaires leur permettront de finaliser et de conclure cet accord. »
Amy Spitalnick, PDG du Jewish Council for Public Affairs, a critiqué les propos du président dans un communiqué. Selon elle, « aucun mot ne saurait décrire le danger que représente un président américain menaçant ouvertement d’anéantir toute une civilisation ». Elle a évoqué dans ses observations l’histoire des Juifs face à des dirigeants génocidaires.
« Ne vous méprenez pas : pour nous, Juifs et Américains, ces menaces du président sont tout à fait scandaleuses et doivent être dénoncées par tous les dirigeants, quelle que soit leur position sur la guerre avec l’Iran », a lancé Spitalnick. « Nous savons ce que cela signifie lorsqu’un dirigeant appelle à la destruction de communautés et de populations. »
Spitalnick est loin d’être la seule personnalité juive à avoir fait entendre sa voix. Jeremy Ben-Ami, président du lobby libéral pro-israélien J Street, a fait part dans un communiqué de la « consternation » de son organisation face aux « odieux propos du président Trump ».
« Ce type de discours, qui contient une menace de commettre des crimes de guerre, bafoue les valeurs juives et américaines, et ne contribuera certainement pas à l’apaisement dont nous avons si désespérément besoin. C’est un exemple terrifiant de la violence aveugle qui caractérise la présidence de Trump », a dénoncé Ben-Ami, appelant le Congrès et le Cabinet à « faire tout ce qui est en leur pouvoir pour freiner et destituer » le président.
D’autres groupes et leaders juifs progressistes, dont Bend the Arc: Jewish Action, ont quant à eux accusé Trump de faire l’apologie du génocide. Dans un message sur Instagram, Bend the Arc a écrit : « Il ne s’agit pas de force. Il ne s’agit pas de sécurité. Il s’agit d’un appel au génocide. »
Une accusation qu’a également portée Timothy Snyder, historien spécialiste de la Shoah, contre le président américain dans un article publié mardi sur Substack et intitulé « The president speaks genocide » (Le génocide dans les propos du président).
« Des bombardements visant un pont, un barrage, une centrale électrique ou une usine de dessalement sont des actes qui constituent à coup sûr des crimes de guerre. Ils pourraient toutefois avoir une signification juridique différente, à savoir celle de génocide, s’ils sont perpétrés après que le président et chef des forces armées a exprimé son intention génocidaire », a souligné Snyder.
Pour certains Juifs, l’échéance imposée par le président à l’Iran a eu une signification particulière, coïncidant avec les derniers jours des fêtes de Pessah, alors même que l’Iran continuait de bombarder Israël de missiles.
« Ce soir, je prie pour que les pharaons déterminés à causer notre perte prennent conscience du mal qu’ils risquent de s’infliger à eux-mêmes », a écrit sur Facebook le rabbin Arie Hasit, doyen associé du séminaire rabbinique Schechter en Israël. « Je prie pour qu’ils prennent conscience que l’Iran peut renoncer à son obsession de détruire Israël, et pour qu’ils prennent les mesures nécessaires pour mettre fin à cette guerre. »
« Et je prie pour qu’aucun dirigeant ne décide de se substituer à Dieu, même s’il est vaincu par Pharaon », a poursuivi Hasit. « Pour qu’aucune civilisation ne soit anéantie au nom de mon avenir. Pour que nous réalisions que même le pire de nos ennemis ne mérite pas que nous déployions toute la puissance de nos armes. »
la Communauté du Times of Israël !







