Trump affirme que la guerre à Gaza prendra « définitivement fin » d’ici deux à trois semaines
Comme par le passé pour d'autres conflits, le président américain n'a pas précisé ce qui lui permettait de donner cette date ; Rubio a redit que la guerre devait "se terminer en étant débarrassé du Hamas"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le président américain Donald Trump a affirmé lundi que la guerre de Gaza prendrait « définitivement fin » dans les deux à trois prochaines semaines, une sérieuse « poussée diplomatique » étant en cours pour mettre fin à un conflit qui dure depuis près de deux ans.
« Je pense que dans les deux à trois prochaines semaines, on aura une assez bonne fin, concluante – une fin définitive », a déclaré Trump aux journalistes depuis le Bureau ovale.
On ignore précisément ce qui étaie les prédictions de Trump car Israël a fait savoir qu’il n’était pas intéressé par la proposition de cessez-le-feu progressif acceptée par le Hamas la semaine dernière.Tout au contraire, le gouvernement israélien entend bien mener à exécution ses projets de conquête de la ville de Gaza, ce qui devrait prendre plusieurs mois, au bas mot.
Ce n’est pas la première fois que Trump fait référence à ces « deux semaines » pour annoncer des changements majeurs, que ce soit aux Etats-Unis ou à l’étranger – de la guerre entre la Russie et l’Ukraine aux négociations sur le nucléaire iranien en passant par les pourparlers sur les droits de douane – mais le plus souvent sans succès. Au début de l’été, il a ainsi à plusieurs reprises communiqué sur l’imminence d’un accord sur les otages sans que cela débouche sur quoi que ce soit de concret.
Lundi, au sujet de sa prédiction concernant la guerre de Gaza, il s’est montré plus prudent : « C’est difficile à dire parce qu’ils se battent depuis des milliers d’années. Mais je pense que nous faisons du très bon travail », a-t-il déclaré. « Mais il faut que ça cesse, sans pour autant que l’on oublie ce qui s’est passé le 7 octobre » – la date du massacre, en 2023, par le Hamas de plus de 1 200 personnes sur le sol israélien, un assaut sanglant qui avait déclenché la guerre.
En Israël, la pression ne se relâche pas, pressant le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, d’accepter un cessez-le-feu temporaire.
Début août, dans le sillage de la décision israélienne de conquérir la ville de Gaza, le Hamas a accepté une proposition d’accord prévoyant la libération de 10 otages vivants contre des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale lors d’une trêve de 60 jours prorogeable une fois, sous réserve d’entente des parties sur les termes d’un cessez-le-feu permanent.
Le chef d’Etat-major de Tsahal, Eyal Zamir, aurait déclaré cette semaine : « On a un accord [sur les otages] sur la table, il faut l’accepter ».
Et ces derniers jours, le député centriste Benny Gantz a appelé l’opposition à rejoindre le gouvernement Netanyahu pour faire accepter l’accord et écarter les partenaires d’extrême droite du Premier ministre – ce à quoi des centristes ont dit se refuser par principe.
Mardi, les proches des 50 otages aux mains du Hamas à Gaza ont prévu une journée de manifestations destinée à obtenir leur libération. Israël estime qu’une vingtaine de ces otages sont encore en vie, bien que, lundi, Trump ait laissé entendre que le nombre était en fait inférieur.
Le cabinet de sécurité israélien devrait se réunir mardi, sans que l’on sache précisément s’il évoquera la proposition de cessez-le-feu ou le projet de conquête de la ville de Gaza.
Dans le sillage de l’annonce faite par Trump de la prochaine fin de la guerre, un journaliste a demandé au président si les États-Unis agissaient sur le plan diplomatique dans ce but.
« Il y a eu… une poussée diplomatique très sérieuse », a répondu Trump. Le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, présent dans la salle, a ajouté que l’une des conditions de la fin de la guerre était que le Hamas ne dirige plus Gaza – une des principales exigences d’Israël.
« Nous n’arrêtons pas. Nous continuons de chercher une solution. Nous voulons que cela cesse. [Mais] cela doit se terminer sans le Hamas », a répété Rubio.
Netanyahu a rappelé lundi que l’offensive demeurait la priorité et que la décision prise par son cabinet de sécurité de charger l’armée de prendre le contrôle de la ville de Gaza dans les prochains mois était « sans équivoque ».
« Israël agira avec détermination et avec force pour ramener tous ses otages et vaincre le Hamas », a dit Netanyahu à la sénatrice américaine Joni Ernst, de l’Iowa, depuis son bureau de Jérusalem, selon un communiqué établi par son cabinet. Netanyahu aurait par ailleurs déclaré à Ernst, une Républicaine qu’il avait reçue en avril dernier, que « ces missions sont liées ».
Par ailleurs, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, chargé des négociations en vue d’un accord sur les otages, a redit que le message publié par Trump sur les réseaux sociaux, la semaine dernière, annonçant que les otages ne seraient libérés qu’une fois le Hamas détruit, avait relancé les négociations de cessez-le-feu.
« Nous n’aurions eu rien de plus aujourd’hui sans la vérité assénée, la semaine dernière, par le président au Hamas pour le persuader de réfléchir et de revenir à la table des négociations », a déclaré Witkoff depuis le Bureau ovale.
Toutefois, deux diplomates arabes proches des négociations ont déclaré au Times of Israel que le Hamas avait validé la proposition de cessez-le-feu avant la publication de Trump sur Truth Social, le 18 août dernier.
Ni les États-Unis ni Israël ne se sont encore positionnés sur la proposition acceptée par le Hamas, qui, selon les diplomates arabes, est quasiment identique à celle proposée par Witkoff il y a de cela quelques mois. Le crédit en reviendrait à l’Égypte et au Qatar, qui seraient parvenus à persuader le Hamas de revenir sur ses exigences de fin juillet qui avaient conduit les pourparlers dans l’impasse.
La semaine dernière, la Maison-Blanche déclarait examiner cette proposition, sans y avoir pour l’heure donné suite, pas davantage qu’Israël, tout à son offensive sur la ville de Gaza.
Trump a aussi été interrogé sur ses derniers contacts en date avec Netanyahu, depuis notamment que l’ONU a déclaré l’état de famine à Gaza. Ce à quoi il a répondu qu’il entretenait de bonnes relations avec le Premier ministre israélien et qu’ils avaient travaillé ensemble contre le programme nucléaire iranien.
« En ce moment, ils parlent de la ville de Gaza. Ils parlent toujours de quelque chose », a-t-il ajouté. « À un moment donné, ça va se stabiliser… Ils feraient bien de régler ça au plus vite. »
« Cela étant dit, il faut en finir avec la faim et avec les autres problèmes – pire que la faim, la mort, la vraie, les gens qui sont tués », a poursuivi Trump.
Le président a également redit que les États-Unis avaient fait don de 60 millions de dollars pour l’aide humanitaire à Gaza. Il y a de cela deux semaines, le Département d’État américain a indiqué qu’il s’agissait en fait de 30 millions de dollars, ajoutant que la moitié seulement de ces 30 millions avaient été transférés à la Fondation humanitaire de Gaza, financée par les États-Unis et Israël.
Des centaines de personnes sont mortes abattues aux abords des centres de distribution de la Fondation, dont le périmètre est gardé par l’armée israélienne. Cette dernière a reconnu des « coups de semonce » dans les environs de la foule, tout en assurant que le bilan humain était exagéré, sans plus de chiffres.
la Communauté du Times of Israël !







