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Trump : « en pourparlers très avancés » avec le Hamas ; certains otages « récemment décédés »

Trump : "Ça va mal tourner" si tous les otages ne sont pas libérés ; Tsahal : le Hamas va déplacer les otages hors de Gaza City ; les familles remercient Trump et Witkoff de faire pression pour leur retour

Le président américain Donald Trump s'exprime dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 5 septembre 2025, à Washington. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)
Le président américain Donald Trump s'exprime dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 5 septembre 2025, à Washington. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi que les États-Unis étaient actuellement engagés dans des « pourparlers très avancés » avec le Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza. Parmi les 20 captifs présumés encore en vie, certains pourraient toutefois être « récemment décédés », a-t-il ajouté.

« Nous sommes en pourparlers très avancés avec le Hamas. Nous leur avons dit : ‘Relâchez-les tous, maintenant, libérez-les tous, et tout ira beaucoup mieux' », a répondu Trump, interrogé par un journaliste dans le Bureau ovale sur l’état d’avancement des négociations avec les pays médiateurs dans le conflit sur les otages qui oppose Israël et le Hamas.

Même si le président n’a donné aucun détail sur les discussions, certaines informations ont rapporté que l’émissaire américain Steve Witkoff aurait rencontré des responsables qatariens jeudi à Paris, afin de parler des initiatives visant à parvenir à un accord de cessez-le-feu qui ouvrirait la porte à la libération des otages à Gaza.

Et Trump de poursuivre : si le Hamas ne relâche pas les prisonniers détenus à Gaza, « la situation va devenir plus difficile, voire très déplaisante… C’est à Israël de décider, mais c’est mon avis », faisant manifestement référence aux projets d’Israël de prendre le contrôle de Gaza-City.

Les parents des otages assassinés – « des morts jeunes et beaux » selon Trump – « veulent les voir revenir, tout autant et même peut-être davantage que si leur fils ou leur fille étaient vivants. Beaucoup de morts entrent en compte dans l’accord », a précisé le président.

Au sujet des quelque 20 otages présumés encore en vie, Trump a indiqué : « D’après les informations dont je dispose, certains pourraient être morts récemment. J’espère que ce n’est pas vrai. »

Ces commentaires de Trump concernant le sort des otages encore en vie font suite à des propos similaires qu’il avait tenus le mois dernier, semant l’inquiétude dans les familles des otages en laissant entendre que moins de 20 otages étaient toujours vivants. Selon les chiffres officiels israéliens, 48 otages sont toujours en captivité, dont 26 ont été déclarés morts. Les autorités ont fait part de leur « profonde inquiétude » quant au sort de deux autres otages.

Selon Gal Hirsch, responsable gouvernemental chargé des otages, Israël n’avait à l’époque, malgré les affirmations de Trump, connaissance d’aucun changement dans le nombre d’otages encore en vie. L’État juif n’a encore fait aucun commentaire sur la dernière déclaration de Trump.

Vendredi, Trump a également réaffirmé ce qu’il avait proposé jeudi dans une publication sur sa plateforme Truth Social, dans laquelle il appelait le Hamas à relâcher immédiatement les otages encore en vie, et indiquant que les États-Unis pourraient dans ce cas accepter la survie du groupe terroriste.

« Moi et mon équipe, Steve Witkoff et Jared Kushner, nous avons fait un excellent travail sur cette question, mais ils ont fait sortir beaucoup de gens », a expliqué Trump, suggérant que son gendre, qui était conseiller principal à la Maison Blanche pendant son premier mandat, avait participé aux négociations.

« J’ai toujours dit que quand on en arrive aux 10 ou 20 derniers, on ne peut pas régler les choses sans faire beaucoup d’efforts. Et faire beaucoup d’efforts, cela signifie capituler, ce qui n’est pas bon non plus. C’est une situation très compliquée », a-t-il ajouté.

« Les gens oublient le 7 octobre », a-t-il souligné, faisant référence aux attaques menées par le Hamas en 2023, lorsque le groupe terroriste avait tué plus de 1 200 personnes et pris 251 personnes en otage à Gaza, notant que « il faut vraiment tenir compte de cela dans l’équation ».

Pour Trump, les « grandes manifestations » organisées en Israël en faveur d’un accord sur les otages et appelant à la fin de la guerre à Gaza « placent Israël dans une position délicate » en rendant plus difficile la « poursuite de la guerre ».

Un argument qui fait écho à ceux avancés par le Premier ministre Benjamin Netanyahu contre les familles des otages qui manifestent. Selon ce dernier, ces familles font le jeu du Hamas en exerçant une pression publique sur le gouvernement plutôt que sur le groupe terroriste. Les familles ont rétorqué que cela s’expliquait en partie par le fait qu’elles ont perdu confiance dans le gouvernement. Elles ne croient en effet pas qu’il agisse pour sauver leurs proches, mais plutôt pour rester au pouvoir en prolongeant la guerre.

Vendredi, Trump a de plus signé un décret qui permet aux États-Unis de désigner des pays en les considérant comme des soutiens au principe de détention illégale, en utilisant la menace de sanctions associées pour dissuader toute prise en otage ou détention d’Américains à l’étranger.

Cette désignation, semblable à celle de la liste des États qui soutiennent le terrorisme – une liste déjà imposée par les États-Unis à certaines nations – autorisera le Département d’État à sanctionner les pays concernés en leur appliquant différentes mesures – parmi lesquelles des restrictions économiques, des restrictions sur les visas pour les personnes impliquées, et des restrictions de voyage pour les Américains vers ces pays.

Même si ce décret ne mentionne pas spécifiquement Israël ou les otages retenus par le Hamas à Gaza, plusieurs citoyens américains avaient été capturés par des groupes terroristes le 7 octobre. L’administration Trump a déployé des efforts considérables pour obtenir que les otages américains soient relâchés. En mai, elle avait notamment conclu un accord ponctuel avec le Hamas pour la libération inconditionnelle du dernier otage américano-israélien encore en vie, Edan Alexander.

On ignore encore dans quelle mesure cette décision pourrait concerner le Hamas, déjà désigné comme une organisation terroriste par les États-Unis, mais qui n’est pas un acteur étatique, ainsi que la manière dont elle s’appliquerait.

Le président américain Donald Trump montre un décret signé, sous le regard du secrétaire à la Défense Pete Hegseth dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 5 septembre 2025. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Réagissant aux propos de Trump, le Forum des familles d’otages et de personnes disparues a remercié le président américain ainsi que Witkoff « pour leur détermination, leur courage et leur compassion sans faille » dans la  mise en oeuvre des pourparlers sur le cessez-le-feu et la libération des otages.

« Nous voulons particulièrement remercier le président Trump, qui met tout en œuvre pour tenir sa promesse de ramener les otages chez eux. Nous prions pour que cela se produise bientôt », a fait savoir le Forum dans un communiqué, précisant que les Israéliens se sont massivement mobilisés ces dernières semaines « avec un message clair : mettre fin à la guerre et ramener tous les otages chez eux ».

Un communiqué qui salue également le nouveau décret pris par Donald Trump : « Le président Trump montre que le véritable leadership se mesure à l’aune de décisions audacieuses. Nous lui sommes reconnaissants d’avoir signé récemment un décret envoyant un signal clair au monde entier, indiquant que la prise d’otages est fondamentalement inacceptable et qu’elle ne pourra en aucun cas être tolérée par l’administration américaine. »

« Nous sommes convaincus que le président Trump et l’ambassadeur Witkoff seront des représentants fidèles des intérêts d’Israël dans ces négociations, et qu’ils amèneront toutes les parties à conclure un accord global », a annoncé le Forum, exhortant le gouvernement israélien à soutenir les initiatives de Trump.

Selon certaines informations, Halevi a fait pression pour un accord global l’année dernière

Le lieutenant-général Herzi Halevi, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, a tenté de convaincre Netanyahu d’accepter un accord qui aurait permis la libération de tous les otages avant l’offensive de Rafah, l’an dernier, une proposition qui a été fermement rejetée par le Premier ministre, a rapporté vendredi la chaîne publique Kan.

Des sources anonymes ont révélé à la chaîne que, dans les mois qui ont précédé l’opération de Tsahal dans la ville de Rafah, au sud de Gaza, Halevi avait fait pression pour obtenir un accord de cessez-le-feu qui permettrait la libération de tous les otages en une seule fois.

Selon le projet élaboré par les militaires, la libération de tous les otages retenus à Gaza permettrait à l’armée israélienne de vaincre plus facilement les terroristes du Hamas.

Selon les informations disponibles, quand Halevi a présenté cette proposition lors d’une réunion du cabinet de sécurité, Netanyahu l’a rapidement rejetée, la décrivant comme une « défaite ».

Le ministre Benjamin Netanyahu et le chef d’état-major de l’armée israélienne Herzi Halevi suivant la frappe israélienne au Yémen depuis la salle des opérations de l’armée de l’air israélienne aux quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 20 juillet 2024. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Ces mêmes informations stipulent que la proposition a été refusée de manière si catégorique qu’elle n’a même pas été présentée à l’équipe en charge de négocier un accord de cessez-le-feu en échange de la libération des otages. Le gouvernement de Netanyahu a préféré opter pour un accord partiel qui aurait permis la libération progressive des otages.

Le cabinet du Premier ministre n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur ces informations, a fait savoir la chaîne publique Kan.

Le mois dernier, le Hamas a annoncé avoir accepté un accord partiel, presque identique à celui convenu par Israël quelques semaines auparavant, prévoyant d’une part la libération de 10 otages vivants et la restitution des dépouilles de 18 otages décédés, en échange de la libération de centaines de prisonniers palestiniens détenus pour des raisons de sécurité ainsi que d’un millier de détenus gazaouis, et d’autre part un cessez-le-feu de 60 jours, pendant lequel des négociations seraient engagées pour le retour des 20 otages restants, dont 10 à 12 seraient encore en vie, et pour mettre définitivement un terme à la guerre.

Mais malgré cette acceptation, Israël a fait savoir qu’il ne s’engagerait plus dans des accords par étapes, et qu’il exigeait désormais un accord global visant à relâcher tous les prisonniers en une seule fois, et à obtenir la reddition du Hamas.

Le cabinet du Premier ministre a déclaré que la guerre pourrait s’arrêter immédiatement si cinq conditions étaient satisfaites : la libération de tous les otages, le désarmement du Hamas, la démilitarisation de la bande de Gaza, le contrôle sécuritaire israélien dans l’enclave et « la mise en place d’une administration civile alternative qui n’endoctrine pas la population avec une idéologie terroriste, ne commet pas d’actes terroristes et ne menace pas Israël ».

Les familles des otages du kibboutz Nir Oz détenus à Gaza, ainsi que d’anciens otages, organisent une manifestation à Carmei Gat pour marquer les 700 jours de captivité et demander la libération de tous les otages, le 5 septembre 2025 (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90).

Mercredi, le militant politique palestino-américain Bishara Bahbah, qui sert de médiateur entre l’administration Trump et le groupe terroriste du Hamas, a indiqué que les États-Unis avaient présenté aux médiateurs une proposition finale de cessez-le-feu dans le cadre d’un accord global visant à mettre un terme à la guerre et à libérer tous les otages détenus à Gaza.

Bahbah, qui n’est pas officiellement membre de l’équipe de négociation américaine mais qui sert de liaison entre l’administration Trump et le Hamas, a raconté avoir présenté les dernières conditions en date au groupe terroriste, qui a répondu favorablement à la proposition.

Le Hamas a ensuite publié un communiqué dans lequel il a précisé être prêt à « conclure un accord global » pour relâcher les otages restants « en échange d’un nombre convenu de prisonniers palestiniens détenus par l’occupant » et à former « une administration nationale indépendante composée de technocrates » pour gouverner Gaza.

Israël a néanmoins rejeté l’annonce faite mercredi soir par le Hamas, la qualifiant de tentative de « manipulation ». L’armée israélienne a pour sa part poursuivi son plan visant à prendre le contrôle de Gaza City.

Cette photo montre des tentes abritant des Palestiniens déplacés dans la ville de Gaza, le 1er septembre 2025. Près de deux ans après le début de la campagne israélienne à Gaza, suite à l’attaque des militants du Hamas le 7 octobre 2023, une grande partie du territoire palestinien a été réduite en ruines et la grande majorité de sa population a été déplacée au moins une fois. (Crédit : Photo de BASHAR TALEB / AFP)

Tsahal : le Hamas pourrait déplacer les otages hors de la ville de Gaza

Alors qu’Israël poursuit son plan de prise de contrôle de la ville de Gaza, l’armée israélienne estime que le Hamas pourrait tenter de déplacer les otages retenus dans la ville avant l’intensification de l’offensive militaire, a rapporté la Treizième chaîne vendredi soir.

D’après Tsahal, la vidéo des otages Alon Ohel et Guy Gilboa-Dalal, qui a été diffusée vendredi par le groupe terroriste mais apparemment datée du 28 août 2025, a été filmée dans une zone du camp de réfugiés de Shati, où l’armée israélienne n’est pas présente, a fait savoir la chaîne.

Selon la Treizième chaîne, l’armée a reconnu qu’elle ne disposait pas d’informations complètes sur la localisation de tous les otages retenus à Gaza.

Une fillette passe à travers le pare-brise cassé à l’avant d’un véhicule transportant des personnes et leurs effets personnels lors de l’évacuation vers le sud de la ville de Gaza, le 2 septembre 2025 (Crédit : Eyad BABA / AFP).

Les responsables de la défense ont prévenu que l’opération de prise de contrôle mettrait les otages en danger. Vendredi, le Forum des familles des otages et des disparus a exhorté le gouvernement à conclure un accord pour la libération des captifs plutôt que de poursuivre cette nouvelle offensive.

« Il est très difficile de prédire comment le Hamas se comportera avec les otages. Est-ce qu’il les conservera sous bonne garde ? Est-ce qu’il les utilisera comme boucliers humains ? Ou est-ce que – Dieu nous en préserve – il en tuera certains à des fins de manipulation ? », a fait valoir vendredi une source militaire au site d’information Ynet.

« Ce qui est très clair, c’est que cette opération met les otages en danger », a affirmé la source.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, examinant les plans opérationnels avec les commandants de Tsahal alors que l’armée se prépare à en prendre le contrôle de à Gaza-City, le 3 septembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Eyal Zamir, le chef d’état-major de l’armée israélienne, a averti à plusieurs reprises, dans des forums privés, que cette opération mettrait les otages en danger. Selon certaines informations, il a exhorté le gouvernement à accepter l’accord en plusieurs étapes que le Hamas avait déclaré avoir accepté, peu après qu’Israël a fait savoir qu’il ne signerait qu’un accord prévoyant la libération simultanée de tous les otages.

D’autres hauts responsables de l’armée et des services de sécurité s’opposeraient aussi à la prise de contrôle de la ville de Gaza, une opération qui, selon les estimations de l’armée israélienne, pourrait prendre des mois.

Zamir aurait de surcroît mis en garde que ce plan précéderait une autre opération majeure visant à prendre le contrôle des camps de réfugiés du centre de Gaza, entraînant in fine Israël à totalement occuper l’enclave côtière.

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