Les chefs de la défense exhortent le cabinet à renoncer à l’opération à Gaza-City
Selon la chaîne N12, de hauts responsables vont faire pression sur les ministres pour qu'ils ne lancent pas l'offensive sur Gaza-City et pour qu'ils envisagent sérieusement un cessez-le-feu
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Les chefs de la défense israéliens présenteront dimanche un front quasi uni au cabinet de sécurité, exhortant les ministres à accepter la proposition actuelle d’accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza, plutôt que l’opération voulue par le gouvernement à Gaza-City, a rapporté vendredi la chaîne N12.
Parmi ceux qui préconisent la conclusion d’un accord plutôt que la poursuite de l’opération à Gaza figurent le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, le directeur de l’agence de renseignement du Mossad, David Barnea, et le conseiller à la Sécurité nationale, Tzahi Hanegbi, selon N12.
Le chef par intérim de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, identifié uniquement par l’initiale « Shin » pour des raisons de sécurité, fait figure d’exception notable. Sa position exacte n’a pas été précisée.
Les responsables de la sécurité se demandent également pourquoi Israël n’a pas tenu de réunion du cabinet pour examiner sérieusement, à tout le moins, la dernière offre en date, qui est globalement similaire à la proposition que Jérusalem avait approuvée récemment.
Cet accord, élaboré par l’Égypte et le Qatar, a été approuvé par le Hamas le 18 août. Il prévoit la libération de dix otages ainsi que la restitution des corps de dix-huit captifs tués, en cinq étapes, au cours d’un cessez-le-feu de 60 jours. Pendant cette période, les parties tiendront des pourparlers sur les conditions de la libération des otages restants et de la fin définitive de la guerre.
La proposition est presque identique à celle qui avait été élaborée par l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, qu’Israël avait approuvée le mois dernier, avant que le Hamas n’ajoute de nouvelles exigences fin juillet, entraînant l’échec des négociations, ont déclaré des diplomates arabes au Times of Israel. Les médiateurs arabes sont ensuite parvenus à faire renoncer le Hamas à ces nouvelles exigences, mais Israël a entre-temps déclaré qu’il n’était plus intéressé par un accord par étapes.
« Il y a un accord sur la table pour lequel Israël s’est battu. Nous devons saisir cette occasion pour ramener les otages vivants et profiter du cessez-le-feu pour mettre fin aux combats », a déclaré une source haut placée dans le domaine de la sécurité à la chaîne.
« Toute autre décision, fondée sur l’idée que le Hamas se rendra si nous entrons dans Gaza-City, est un pari risqué sur la vie des otages et des soldats. »
Le responsable anonyme a ajouté que plusieurs otages encore en vie auraient pu regagner leur foyer la semaine dernière si Israël avait accepté l’accord, comme il l’avait fait par le passé.
Vendredi, le Hamas a averti Israël qu’une opération visant à prendre le contrôle de Gaza-City exposerait les otages présents dans la zone aux « mêmes risques » que les combattants du groupe terroriste palestinien.
« Nous prendrons soin des prisonniers [otages] du mieux que nous pouvons, et ils seront avec nos combattants [terroristes] dans les zones de combat et d’affrontement, soumis aux mêmes risques et aux mêmes conditions de vie », a déclaré Abu Obeida, le porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas.
Zamir aurait précédemment déclaré au gouvernement qu’il devait accepter la proposition actuellement sur la table, avertissant que « la prise de contrôle de Gaza-City représentait un grand danger pour la vie des otages ».
Depuis le refus initial de l’offre par le Hamas en juillet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a changé de cap, déclarant qu’il n’accepterait plus d’accord progressif ou partiel, et qu’il ne négocierait que la libération de tous les otages en une seule fois, ainsi que la fin de la guerre selon les conditions d’Israël. Selon lui, la guerre doit prendre fin avec le désarmement du Hamas, la démilitarisation de la bande de Gaza et la mise en place d’un nouveau gouvernement civil dans l’enclave, qui ne serait ni le Hamas ni l’Autorité palestinienne (AP) basée à Ramallah.
Des généraux à la retraite, des députés de l’opposition et des citoyens favorables à un accord de libération des otages ont tous publiquement averti que les geôliers du Hamas pourraient assassiner les otages, comme ils l’avaient déjà fait par le passé. Les familles des otages assassinés dont les dépouilles sont retenues dans la bande de Gaza ont également averti qu’une prise de contrôle de Gaza-City pourrait empêcher la récupération des corps de leurs proches.
L’armée a toutefois commencé à se préparer activement à une nouvelle offensive. Des milliers de réservistes ont été mobilisés pour cette opération et devraient se présenter à partir du 2 septembre, l’offensive devant débuter dans les semaines suivantes.
Jérusalem poursuit son projet malgré une large opposition internationale – à l’exception des États-Unis – et la colère de nombreux citoyens qui estiment que cette initiative fait courir un risque injustifié aux otages restants ainsi qu’aux soldats.
Selon un sondage diffusé vendredi par la chaîne N12, 60 % des Israéliens estiment que la prochaine étape de la guerre devrait être de garantir la sécurité d’un accord sur les otages, tandis que 31 % des personnes interrogées pensent qu’Israël devrait d’abord mettre en œuvre son plan de prise de Gaza-City.
Pour 65 % des personnes interrogées, l’objectif le plus important de la guerre est le retour des otages, contre 27 % qui estiment que c’est la destruction du Hamas.
Vendredi, les forces de sécurité ont rapatrié les corps d’Ilan Weiss et d’Idan Shtivi, deux otages assassinés, lors d’une opération à Gaza.
Âgé de 56 ans, Ilan a été tué dans la matinée du 7 octobre 2023 alors qu’il défendait le kibboutz Beeri contre l’assaut du groupe terroriste palestinien du Hamas, en tant que membre de l’équipe d’intervention d’urgence.
Son épouse, Shiri, et leur fille, Noga, avaient également été prises en otage, puis relâchées lors d’une trêve d’une semaine, suite à un accord de libération des otages en novembre 2023. Noga s’est engagée dans l’armée en mai 2024.
Idan, âgé de 28 ans, a été tué et enlevé par des terroristes du Hamas alors qu’il se trouvait au festival de musique Nova, à proximité du kibboutz Reïm, où il s’était porté volontaire pour photographier l’événement.
L’armée a déclaré que la mission complexe de sauvetage à Gaza avait été menée par les forces du Commandement du Sud, avec l’appui des renseignements fournis par le Directorat de Renseignements Militaires, le Shin Bet et le Forum des familles des otages et des disparus.
« Il s’agit d’un effort continu et fondé sur des principes que nous continuerons à poursuivre », a déclaré Zamir vendredi à propos des efforts de Tsahal pour ramener les captifs.
« Nous ne nous reposerons pas et ne resterons pas silencieux tant que tous nos otages ne seront pas ramenés par tous les moyens possibles. »
Le forum a ajouté dans son communiqué : « Le temps presse pour les otages. Nous devons tous les ramener chez eux, maintenant ! »
Selon les chiffres officiels, 48 otages sont toujours retenus en captivité dans la bande de Gaza, dont 20 seraient encore en vie.
Le Forum des familles des otages et des disparus avait annoncé que la manifestation hebdomadaire du samedi soir sur la Place des Otages à Tel Aviv marquerait cette semaine le premier anniversaire du meurtre de six otages dans un tunnel à Rafah.
« L’avancement du plan visant à prendre le contrôle de Gaza-City, alors qu’un accord pour le retour des otages est sur la table des négociations et n’est pas discuté par le cabinet de sécurité, est un rappel sanglant des événements de l’année dernière. La pression militaire tue les otages », a déclaré le forum dans un communiqué.
« Assez de ce cauchemar qui n’en finit pas. Quarante-deux de nos frères et sœurs ont été enlevés vivants et ont été assassinés en captivité – nous ne devons pas atteindre le nombre de 43. »
Les protestations se sont intensifiées ces dernières semaines, après l’approbation par le gouvernement de plans visant à prendre le contrôle de Gaza-City.
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