Un an après l’exécution des ‘Beautiful Six’, leurs familles redoutent d’autres pertes
À l’anniversaire de l’assassinat des six otages par le Hamas, le cousin de Carmel Gat affirme que la meilleure façon de leur rendre hommage est de ramener les otages restants
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Les familles des « Beautiful Six », les six otages exécutés par des terroristes du Hamas à Gaza le 29 août 2024, ont marqué mardi le premier anniversaire de leur mort, selon le calendrier hébraïque.
Hersh Goldberg-Polin, Carmel Gat, Eden Yerushalmi, Almog Sarusi, Or Danino et Alex Lubanov ont été assassinés par leurs geôliers après avoir survécu plus d’un an dans des conditions de captivité épouvantables.
Leurs corps ont été retrouvés par Tsahal deux jours après leur exécution, dans un tunnel au sud de Gaza, lors de combats à Rafah.
Un an plus tard, les familles honorent leur mémoire chacune à sa façon. La famille de Goldberg-Polin a publié lundi soir un message sur Instagram appelant à marquer le yahrzeit de Hersh en faisant quelque chose « pour rendre notre monde compliqué un peu meilleur ».
« Cela peut être grand ou petit, discret ou bruyant, privé ou public. Faites-le en mémoire des Beautiful Six, y compris notre Hersh. Que sa mémoire soit une révolution… pour le bien », ont-ils écrit.
La famille de Lubanov a organisé ce mardi soir une cérémonie commémorative chez elle à Ashkelon, tandis que, tôt ce matin, la famille de Yerushalmi s’est recueillie au cimetière Yarkon de Petah Tikva, en présence de centaines de personnes.
« Eden, ma merveilleuse fille, une année s’est écoulée, et je n’arrive toujours pas à comprendre que tu n’es plus là », a déclaré sa mère. « La douleur est inimaginable, elle ne fait que grandir, et tu me manques à chaque instant. Plus rien n’est pareil. »
« Pendant de longs mois, tu as été détenue dans des conditions que nous ne pouvons même pas imaginer, et tu as tenu bon. Tu n’as pas cédé, tu t’es battue. Tu faisais partie d’un groupe fort, avec cinq autres héros, et je suis convaincue que vous vous êtes soutenus mutuellement », a-t-elle poursuivi.
Pour Gil Dickmann, cousin de Carmel Gat, « la meilleure façon de commémorer Carmel, de lui rendre hommage, c’est d’œuvrer au retour des otages ».
Selon lui, mettre fin à la guerre et parvenir à un accord est le seul moyen de sauver ceux qui sont encore là-bas, d’honorer ceux qui ont perdu la vie et d’éviter « qu’une autre Carmel nous soit enlevée ».
Gat, professeure de yoga qui donnait des cours à ses compagnons d’infortune, aurait dû être incluse dans le premier accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2023, avant qu’il ne soit rompu en décembre. Yerushalmi, Goldberg-Polin et d’autres figuraient également sur cette liste.
S’ils avaient survécu, ils auraient été libérés lors de l’accord suivant, en janvier, qui a permis le retour d’otages supplémentaires, notamment des femmes et des blessés.
« Carmel est pour moi le symbole d’un énorme échec et d’une grande trahison de la part de nos dirigeants », a-t-il déclaré.
« Elle devait revenir dans le cadre du même accord que Romy [Gonen] et Emily [Damari]. Je la voyais déjà revenir, c’était si proche. »
Le même cauchemar se répète
Début août, le gouvernement a voté la conquête de Gaza City, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu présente comme « le véritable dernier bastion » du Hamas.
Cette décision a déclenché un tollé international et relancé les efforts pour parvenir à un cessez-le-feu.
En Israël, elle a aussi provoqué d’immenses manifestations. Dimanche, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue, organisant certaines des plus grandes mobilisations depuis le début de la guerre. Elles réclamaient un accord pour mettre fin aux combats et permettre la libération des 50 otages encore aux mains du Hamas à Gaza.
Ces otages sont détenus depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste le 7 octobre 2023. Selon Israël, vingt d’entre eux seraient encore en vie.
Alors qu’Israël contrôle 75 % de Gaza, Tsahal a averti qu’une extension de l’offensive pourrait mettre en danger les otages encore vivants et plonger ses troupes dans une guérilla longue et meurtrière.
Pour les familles des six otages assassinés lors d’une opération précédente dans une zone où l’on savait que des captifs étaient détenus, l’annonce a ravivé une peur immense.
« N’avons-nous donc rien appris ? », a déclaré Dickmann. « Le plan d’occupation de Gaza revient à reproduire le cauchemar qu’a vécu Carmel – c’est comme un horrible flashback. »
Une enquête de Tsahal sur l’exécution des six otages par des terroristes du Hamas, dont les conclusions ont été transmises aux familles en décembre, a révélé que l’armée n’avait aucune information concrète ou en temps réel sur leur présence dans la zone les semaines précédant leur mort, seulement des indications générales selon lesquelles des otages israéliens pourraient se trouver dans la région.
Selon Tsahal, les terroristes qui les gardaient ont décidé de les exécuter après avoir détecté la présence de troupes israéliennes approchant.
Le Forum des familles des otages et des disparus avait alors réagi en affirmant que cela « prouvait une fois de plus que la pression militaire tue les otages ».
Pour Dickmann et d’autres proches, l’enquête a laissé trop de questions sans réponse : pourquoi l’armée opérait dans une zone où elle savait que des otages étaient détenus, pourquoi le gouvernement a ignoré les avertissements et les appréhensions des familles des otages, et pourquoi un accord potentiel qui aurait pu garantir la libération des otages a été rejeté.
« Lors de l’opération précédente, on nous avait assuré que Rafah était le dernier bastion du Hamas, que nous n’avions pas le choix, que c’était le seul moyen de libérer les otages », dit Dickmann.
« Or ce n’était pas le dernier bastion, et nous n’avons pas libéré les otages – nous les avons tués. Nous marchons aujourd’hui droit vers le même désastre. »
Un an après l’exécution de Carmel, ajoute-t-il, la douleur et le sentiment d’échec ne se sont pas apaisés ; ils se sont, au contraire, renforcés.
« Je ne me pardonnerai jamais si ce qui est arrivé à Carmel arrive à un autre otage », pousuit Dickmann.
Il a rappelé les paroles de Rachel Goldberg-Polin qui, après l’exécution de son fils, avait déclaré que la seule façon de se racheter serait de se retrouver dans la même situation et de prendre une décision différente.
« Aujourd’hui nous nous retrouvons dans la même situation, et nous devons prendre une décision différente. Cette fois-ci, nous ne sacrifierons pas de vies », a déclaré Dickmann.
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