Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a convoqué, ce soir, les dirigeants des partis de la coalition et les responsables de la Sécurité israéliens pour discuter de l’accord qui est actuellement en cours d’élaboration entre les États-Unis et l’Iran concernant la fin de la guerre au Moyen-Orient, a fait savoir la chaîne d’information N12, qui a estimé que les dispositions de l’accord étaient très défavorables pour Israël.
Le reportage a cité les propos tenus sous couvert d’anonymat par un responsable israélien, qui aurait affirmé que l’émissaire américain Steve Witkoff exerçait des pressions maximales pour que Trump accepte l’accord. Israël considère Witkoff comme celui « qui veut un accord à presque n’importe quel prix et qui exerce une pression immense sur Trump pour qu’il ne reprenne pas la guerre », aurait déclaré ce responsable.
Toutefois, si les termes de l’accord rapportés sont exacts, ils sont considérés en Israël comme « tellement mauvais » qu’il est difficile d’imaginer que Trump les acceptera, a indiqué le reportage. L’accord constituerait « un très gros problème pour Israël » et il serait « en totale contradiction avec ce que Netanyahu a déclaré publiquement, et, plus encore, avec ce que Trump a ouvertement dit il y a quelques heures à peine ».
Plus précisément, a noté N12, les termes de l’accord prévoient la réouverture par l’Iran du détroit d’Ormuz en échange d’avantages financiers, tandis que les sujets du programme nucléaire illicite de l’Iran et de l’extraction de ses stocks d’uranium enrichi ne seraient abordés qu’ultérieurement. Le programme de missiles balistiques de l’Iran n’est même pas à l’ordre du jour, a-t-il ajouté.
« Les États-Unis paient en espèces, tandis que l’Iran paiera à crédit, si tant est qu’il paie », a résumé le reportage.
Toutefois, a-t-il poursuivi, « il y a une étroite coordination entre Netanyahu et Trump, sans aucune divergence entre les deux hommes » — une affirmation qui a contredit un article du New York Times qui a été publié samedi, et qui disait que Netanyahu avait été « presque entièrement écarté du processus [de négociation] ».
Trump a déclaré auprès d’Axios, dans la journée, que « certaines personnes préféreraient de loin un accord et d’autres préféreraient reprendre la guerre », que Netanyahu était « déchiré » – mais il a rejeté l’idée qui laissait entendre que le Premier ministre israélien était « inquiet » à l’idée qu’il puisse accepter un mauvais accord.
L’article d’Axios a cité les propos tenus par des responsables israéliens qui ont indiqué que Netanyahu était, en réalité, très inquiet au sujet de l’accord potentiel et qu’il avait exhorté Trump à lancer une nouvelle série de frappes.
Aucun texte officiel de l’accord n’a été publié, même si le site saoudien Al-Arabiya a partagé hier ce qu’il a présenté comme le « projet final ».
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a expliqué, dans la journée, que le protocole d’accord en cours de discussion porterait sur la réouverture progressive du détroit d’Ormuz, la levée du blocus américain sur les ports iraniens et le déblocage des fonds iraniens gelés.
Il a ajouté que les termes de l’accord prévoyaient une période de négociation de 30 à 60 jours pour aboutir à un accord détaillé.