Trump veut que Soros soit inculpé de corruption pour soutien à des « manifestations violentes »
Sans fournir de preuves, le président américain s'en prend au milliardaire démocrate donateur et à son fils ; L'Open Society Foundations rejette les allégations « scandaleuses et fausses »
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Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi, sans preuve à l’appui, que le milliardaire, philanthrope et premier donateur Démocrate, George Soros, cible des ultra-conservateurs et des complotistes, et son fils devaient être poursuivis au titre de la loi RICO pour organisation de manifestations violentes aux Etats-Unis.
George Soros, 95 ans, et « sa bande de psychopathes ont causé d’énormes dégâts à notre pays! », a-t-il ajouté, sans plus de détails.
Trump s’est lancé dans une campagne de menaces et poursuites judiciaires à l’encontre de ses adversaires politiques, des organes de presse et des cabinets d’avocats, en faisant usage de son pouvoir exécutif et de son influence, sans oublier les plaintes en justice, pour faire en sorte, selon ses alliés, de mettre les puissants face à leurs responsabilités et selon ses opposants, de mettre à bas toute forme de dissidence.
Honni par les ultra-conservateurs et cible régulière d’attaques aux relents antisémites, le milliardaire né en Hongrie, survivant de la Shoah, est accusé par ses détracteurs d’avoir financé des manifestations violentes, oeuvré à renverser des gouvernements ou fabriqué une crise migratoire en Europe.
En cause: les milliards versés par le biais de son organisation philanthropique Open Society Foundations (OSF) en faveur des droits humains, de la transparence gouvernementale, de la santé publique ou encore de l’éducation, de la réforme de l’économie et de la justice, du droit des minorités et des réfugiés ou encore de la liberté d’expression.
« George Soros et son merveilleux fils de la gauche radicale devraient être accusés parRICO en raison de leur soutien aux manifestations violentes, et bien plus encore, partout aux États-Unis d’Amérique », a écrit Trump sur Truth Social. « Cela vaut aussi pour tous ses amis fous de la côte ouest. Attention, on vous surveille ! »
Trump n’a apporté aucune preuve des actes répréhensibles qu’il reproche à Soros ou à son fils ni même précisé à quel fils il faisait allusion, même s’il est probable que ce soit Alexander Soros, qui a repris la direction d’Open Society Foundations en 2023 et déclaré vouloir s’impliquer davantage que son père aux Etats-Unis pour soutenir des programmes encourageant les électeurs latinos et afro-américains à voter et appelant les élus démocrates à mieux communiquer.
Le porte-parole d’Open Society Foundations s’est inscrit en faux vis-à-vis des propos de Trump.
« Ces accusations sont scandaleuses et totalement infondées. Open Society Foundations ne soutiennent ni ne financent de manifestations violentes », a déclaré le porte-parole. « Notre mission consiste à promouvoi les droits de la personne, la justice et les principes démocratiques, ici et dans le reste du monde. »
En juin dernier, lors des manifestations contre la politique migratoire répressive de Donald Trump à Los Angeles, des comptes conservateurs sur les réseaux sociaux avaient affirmé que ces rassemblements étaient alimentés par des ONG financées par George Soros.
Les journalistes de l’AFP avaient démontré que des photos circulant en ligne et supposées montrer que des briques avaient été placées par ces groupes à des endroits stratégiques pour pouvoir être lancées contre la police, avaient été prises ailleurs.
Trump a par ailleurs demandé à ce que l’on enquête sur l’ex-conseiller à la sécurité intérieure, John Bolton, qui a rompu toute relation avec Trump depuis son départ de la Maison Blanche et est depuis lors un opposant particulièrement tenace.
Selon une source proche du dossier, vendredi dernier, des agents du FBI auraient effectivement perquisitionné le domicile de Bolton dans le cadre d’une enquête de sécurité intérieurre.
Trump a repris ses attaques contre d’anciens alliés en suggérant par exemple très récemment que les procureurs rouvrent l’enquête sur le « Bridgegate » de 2013 impliquant l’ancien gouverneur du New Jersey, Chris Christie, devenu un critique virulent du président.
En janvier dernier, l’ex-président démocrate Joe Biden avait décerné à George Soros la prestigieuse « Médaille présidentielle de la liberté ».
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