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Trump « n’a pas l’intention d’attaquer l’Iran », les soldats US renvoyés vers une base aérienne au Qatar

Quatre pays arabes ont persuadé le président US de renoncer à ses plans d'attaque contre l'Iran, selon l'envoyé spécial iranien ; Trump a dit à Téhéran ne pas être intéressé par la guerre et il a appelé à la retenue

Le président américain Donald Trump montre un bidon de lait avant de signer un projet de loi qui réintroduit le lait entier dans les cantines scolaires à travers le pays, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, mercredi 14 janvier 2026, à Washington. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)
Le président américain Donald Trump montre un bidon de lait avant de signer un projet de loi qui réintroduit le lait entier dans les cantines scolaires à travers le pays, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, mercredi 14 janvier 2026, à Washington. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

Le président américain Donald Trump aurait informé l’Iran qu’il n’ordonnerait pas de frappe contre le pays en raison de sa répression sanglante des manifestants, après que les dirigeants de quatre pays arabes l’ont convaincu de s’abstenir de le faire.

Ces derniers jours, Trump avait menacé de frapper l’Iran si le régime tuait les manifestants qui envahissaient les rues de tout le pays pour protester contre le régime de la république islamique. Plusieurs milliers de personnes auraient trouvé la mort dans le cadre de cette répression. Trump a toutefois déclaré mercredi avoir été informé, apparemment par Téhéran, que les tueries en Iran avaient cessé, et que le régime n’exécuterait aucun protestataire.

Jeudi, lors d’une visite effectuée dans un ministère pakistanais, l’ambassadeur iranien au Pakistan, Reza Amiri Moghadam, a rapporté que Trump avait informé Téhéran qu’il ne voulait pas de guerre, exhortant le régime à faire preuve de retenue et à ne pas prendre pour cible les intérêts américains dans la région.

Toutefois, au mois de juin dernier, les États-Unis avaient déjà envoyé un message similaire qui cherchait à apaiser les tensions – avant que Trump n’ordonne une frappe majeure visant trois sites nucléaires iraniens.

Un haut responsable saoudien et un deuxième responsable du Golfe ont néanmoins indiqué que Trump ne devrait pas, cette fois-ci, recourir à cette même stratégie. L’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et l’Égypte ont en effet déployé diverses initiatives visant à dissuader Trump d’attaquer l’Iran.

Les quatre pays « ont mené une longue et intense campagne diplomatique de dernière minute, afin de persuader le président Trump d’accorder à l’Iran une chance de donner la preuve de ses bonnes intentions », a fait savoir le responsable saoudien sous couvert d’anonymat.

Cette image tirée d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre des manifestants dansant et applaudissant autour d’un feu de joie alors qu’ils descendent dans les rues malgré une répression de plus en plus intense, alors que la république islamique reste coupée du reste du monde, à Téhéran, en Iran, le 9 janvier 2026. (Crédit : UGC via AP)

Mercredi, les États-Unis avaient retiré une partie de leur personnel de la base aérienne d’Al Udeid au Qatar. Le personnel des missions américaines en Arabie saoudite et au Koweït avait, pour sa part, été invité à faire preuve de prudence, alors que les craintes d’une attaque américaine contre l’Iran s’intensifiaient.

Mais jeudi, le niveau d’alerte sécuritaire en cours à la base qatarie a été ramené à la normale, ont indiqué trois sources informées de la situation à Reuters. Les avions américains qui avaient été retirés d’Al Udeid ont commencé à revenir progressivement à la base, a ajouté l’une des sources.

L’an dernier, l’Iran avait lancé des missiles en direction d’Al Udeid en réponse aux frappes aériennes américaines qui visaient ses installations nucléaires, durant la guerre de 12 jours qui avait opposé Téhéran à Israël.

Les efforts déployés par le Golfe ont eu pour objectif « d’éviter une situation incontrôlable dans la région », a déclaré le responsable saoudien.

« Nous avons dit à Washington qu’une attaque contre l’Iran ouvrirait la voie à une vague de graves répercussions dans la région », a ajouté le responsable.

« Nous avons passé une nuit blanche à tenter de désamorcer d’autres bombes dans la région… la communication se poursuit, afin de consolider la confiance acquise et le bon esprit qui règne actuellement. »

Dans cette image tirée d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux en Iran, on voit des manifestants descendre une nouvelle fois dans les rues de Téhéran malgré une répression de plus en plus intense, alors que la République islamique reste coupée du reste du monde à Téhéran, en Iran, le 10 janvier 2026. (Crédit : UGC via AP)

Le deuxième responsable du Golfe a pour sa part rapporté : « Le message transmis à l’Iran est qu’une attaque menée contre les installations américaines dans le Golfe aurait des répercussions sur les relations avec les pays de la région. »

Les quatre pays arabes ont fait savoir à Washington que toute attaque aurait des conséquences pour l’ensemble de la région, tant sur le plan sécuritaire qu’économique – des conséquences qui finiraient par affecter les États-Unis eux-mêmes, a précisé un autre responsable du Golfe.

Les pays ont dit à l’Iran que toute riposte militaire contre des installations américaines dans le Golfe aurait des conséquences sur les relations entre Téhéran et les autres pays de la région, a fait remarquer le deuxième responsable du Golfe.

Le bureau des médias internationaux de l’Arabie saoudite, le ministère des Affaires étrangères du Qatar, le ministère de l’Information d’Oman et le porte-parole du ministère des Affaires étrangères égyptien n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Alors qu’il lui était demandé s’il avait engagé des démarches diplomatiques à ce sujet, le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, qui n’a pas été impliqué dans les opérations diplomatiques évoquées par le responsable, n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.

Le Wall Street Journal avait signalé, cette semaine, que l’Arabie saoudite, le Qatar et Oman avaient fait pression sur Washington pour éviter que les États-Unis n’attaquent.

Des gens traversent un carrefour dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le jeudi 15 janvier 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Selon le responsable du Golfe, les efforts diplomatiques se sont concentrés sur l’apaisement des tensions et sur la prévention de toute action militaire susceptible de déclencher une instabilité régionale plus large. Par aileurs, cette action diplomatique pourrait être susceptible de conduire à des négociations sur le différend concernant le programme nucléaire iranien, a-t-il ajouté.

Si Oman et le Qatar ont joué un rôle de médiateurs dans les différends entre l’Iran et l’Occident, les alliés des États-Unis, l’Arabie saoudite et l’Égypte, ont pour leur part entretenu des relations beaucoup plus tendues avec le pays chiite.

Toutefois, après des décennies de rivalité entre l’Iran et l’Arabie saoudite – une rivalité qui a alimenté les conflits et les différends politiques dans toute la région – les deux pays ont convenu d’une détente des relations en 2023, Ryad souhaitant se concentrer sur ses priorités économiques.

Les États du Golfe craignent que les installations militaires américaines situées sur leur territoire ne soient prises pour cible en cas de représailles iraniennes aux attaques américaines, et que les installations énergétiques qui soutiennent l’économie régionale ne soient également visées.

L’Arabie saoudite et le Qatar entretiennent de solides relations avec l’administration Trump. Le Qatar et l’Égypte ont tous les deux été étroitement associés aux États-Unis dans la médiation du conflit entre Israël et le Hamas à Gaza.

Des gens traversent un carrefour dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le jeudi 15 janvier 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Les États-Unis imposent des sanctions à des responsables iraniens de la sécurité pour la répression des manifestations

Malgré l’approche apparemment désescalatoire des États-Unis, l’administration Trump a annoncé jeudi avoir imposé des sanctions à des responsables iraniens de la sécurité et à des réseaux financiers, qu’ils accusent d’avoir orchestré une répression violente de manifestations pacifiques et qu’ils accusent également d’avoir blanchi des milliards de dollars provenant des revenus pétroliers.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé ces mesures à la suite des plus grandes manifestations antigouvernementales de l’histoire de la république islamique, même si celles-ci semblent avoir diminué ces derniers jours face à la répression et à une coupure d’Internet qui a duré près d’une semaine.

« Les États-Unis soutiennent fermement le peuple iranien dans son appel à la liberté et à la justice », a déclaré Bessent dans un communiqué, précisant que cette mesure avait été prise sur instruction du président Donald Trump.

Parmi les personnes sanctionnées figure Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, accusé par Washington d’avoir coordonné la répression et d’avoir appelé à l’usage de la force contre les manifestants.

Quatre commandants régionaux des forces de l’ordre et des Gardiens de la révolution iraniens ont également été sanctionnés pour leur rôle dans la répression dans les provinces de Lorestan et de Fars.

Les forces de sécurité de Fars « ont tué d’innombrables manifestants pacifiques » et les hôpitaux « sont tellement submergés de patients blessés par balle qu’ils ne peuvent plus accueillir aucun autre type de patient », a fait savoir le Trésor américain.

Ali Larijani, secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien, assistant à une cérémonie marquant le premier anniversaire de l’élimination du chef du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah Hassan Nasrallah, sur la tombe de ce dernier, à Beyrouth, au Liban, le 27 septembre 2025. (Crédit : Bilal Hussein/AP Photo)

Le Trésor a également désigné 18 personnes et entités accusées d’exploiter des réseaux bancaires parallèles qui blanchissent les recettes provenant des ventes de pétrole iranien par l’intermédiaire de sociétés écrans aux Émirats arabes unis, à Singapour et en Grande-Bretagne.

Selon le Trésor, ces réseaux détournent chaque année des milliards de dollars en utilisant des sociétés écrans et des bureaux de change, alors que les citoyens iraniens font face à des difficultés économiques.

Les sanctions imposent le gel de tous les avoirs américains des personnes désignées et interdisent aux Américains de faire des affaires avec elles. Les institutions financières étrangères s’exposent à des sanctions secondaires pour toute transaction effectuée avec les entités désignées.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la campagne de « pression maximale » menée par l’administration Trump contre l’Iran. En 2025, le Trésor a sanctionné plus de 875 personnes, navires et avions dans le cadre de cette initiative, a-t-il affirmé.

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