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Trump n’aurait pas encore décidé de lancer des frappes de grande envergure contre l’Iran

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite annonce avoir frappé des cibles des Houthis au Yémen ; les États-Unis poursuivent leurs bombardements contre des cibles de Téhéran et l'Iran riposte par des frappes dans toute la région

Le président américain Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 24 juillet 2026, à Washington. (Crédit: AP/Rod Lamkey, Jr.)
Le président américain Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 24 juillet 2026, à Washington. (Crédit: AP/Rod Lamkey, Jr.)

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi n’avoir pas encore pris de décision quant à la possibilité de lancer des frappes de grande envergure contre l’Iran, Téhéran abordant désormais les négociations avec Washington « avec sérieux ».

Ces propos font suite à des informations selon lesquelles Trump, de plus en plus exaspéré, aurait rencontré ses plus proches conseillers pour étudier la possibilité de lancer une opération militaire de grande envergure contre l’Iran.

« Non, pas encore », a répondu Trump aux journalistes dans le Bureau ovale lorsque ceux-ci lui ont demandé s’il avait pris une décision. « Nous sommes en pourparlers avec eux en ce moment même. Ils prennent les négociations chaque jour plus au sérieux, pour des raisons plutôt évidentes. »

Selon Trump, l’Iran doit choisir entre conclure un accord ou faire face à des frappes d’une « intensité bien supérieure », alors que près de deux semaines d’attaques américaines et de ripostes iraniennes dans toute la région ont réduit le cessez-le-feu à néant.

Les États-Unis justifient ces frappes par la nécessité d’empêcher l’Iran de fermer le détroit d’Ormuz, d’une importance cruciale. L’Iran, quant à lui, a mené des attaques contre des bases américaines qui ont coûté la vie à quatre soldats.

« Nous sommes prêts à passer à l’action. Mais nous sommes en pourparlers avec eux. Nous verrons donc ce qu’il en ressortira. Je pense… qu’ils prennent la situation très au sérieux. Ils ont bien raison », a indiqué Trump.

La guerre, dont Trump avait initialement prédit qu’elle ne durerait que quatre ou cinq semaines, approche désormais de son cinquième mois. Elle pèse lourdement sur la cote de popularité du président républicain, à l’approche des élections critiques de mi-mandat, prévues en novembre.

Cette capture d’écran, réalisée le 24 juillet 2026 à partir d’une vidéo diffusée par le Commandement central américain (Centcom) le 23 juillet 2026, montre ce qui serait, selon le Centcom, une frappe de précision menée par les forces américaines contre des capacités militaires iraniennes. (Crédit : Centcom/AFP)

« Attaque de grande envergure »

Le New York Times avait déjà rapporté que Trump avait rencontré des conseillers vendredi pour examiner la possibilité d’une escalade du conflit. Le site d’information Axios a quant à lui cité le dirigeant américain, qui aurait annoncé, dans la journée de jeudi, qu’il envisageait une « attaque de grande envergure » contre l’Iran.

Deux responsables iraniens cités jeudi par le New York Times ont pour leur part averti que la prochaine étape de l’escalade des hostilités entre Washington et Téhéran entraînerait une frappe iranienne contre Tel Aviv.

Par ailleurs, Trump a réitéré les propos qu’il avait tenus dans un précédent message publié sur les réseaux sociaux, dans lequel il disait croire que la Russie et la Chine n’armaient pas l’Iran – malgré les informations selon lesquelles ces deux pays fourniraient à Téhéran des renseignements permettant de cibler les forces américaines.

« Je peux vous dire que le président Xi a assuré qu’il ne participerait pas, et le président Poutine également. Vous savez que je leur fais confiance », a expliqué Trump aux journalistes. « Je pense qu’ils ne voudraient pas me décevoir. »

Plus tôt, dans un billet publié sur sa plateforme Truth Social, Trump avait mis en garde Moscou et Pékin contre toute vente d’armes à l’Iran.

Sur cette photo de presse prise et diffusée par le ministère russe des Affaires étrangères le 24 juillet 2026, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (à droite), serre la main du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avant leurs entretiens en marge de la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’OCS à Cholpon-Ata, dans le nord-est du Kirghizistan. (Crédit : Ministère russe des Affaires étrangères/AFP)

« S’ils le faisaient, les conséquences seraient très graves pour eux. Ce ne serait certainement pas dans leur intérêt », a-t-il écrit.

Vendredi, des missiles américains ont frappé des cibles partout en Iran. Les forces armées iraniennes ont riposté en visant des bases américaines situées dans les pays arabes voisins, avertissant également la population locale qu’elles pourraient frapper des bâtiments non militaires utilisés par des personnels américains.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe les Houthis

Jusqu’à présent, c’est l’entrée du golfe Persique qui a fait l’objet d’une guerre qui a fait des milliers de morts en cinq mois, aggravé l’inflation dans le monde et attisé les craintes d’un ralentissement économique.

Les Houthis, qui contrôlent le nord et l’ouest du Yémen, ont quant à eux décrété un blocus maritime contre l’Arabie saoudite, laquelle a détourné chaque jour des millions de barils de pétrole par oléoduc vers la mer Rouge, afin de contourner l’embargo quasi total imposé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz.

Après que les Houthis ont déclaré avoir frappé deux pétroliers saoudiens jeudi, Donald Trump a fait savoir qu’il tiendrait l’Iran responsable de toute nouvelle attaque perpétrée par ce groupe.

Une photo prise depuis la côte yéménite, au sud-ouest de la ville de Taiz, montre des bateaux naviguant dans le détroit de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, le 24 juillet 2026. (Crédit : Khaled ZIAD/AFP)

Vendredi, plusieurs frappes ont touché le port de Hodeida, au Yémen, ont indiqué des témoins oculaires. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a indiqué avoir mené une « opération de riposte militaire proportionnée » contre des sites militaires des Houthis dans le gouvernorat de Hodeida.

L’Iran menace les forces américaines

L’armée américaine a lancé des frappes aériennes contre l’Iran tard dans la nuit de jeudi à vendredi, pour la 13e nuit consécutive. Des attaques qui ont poussé l’Iran à riposter, ouvrant le feu sur ses voisins arabes abritant des bases américaines.

Des missiles américains ont frappé un quartier général de la marine des Gardiens de la Révolution de la région de Ziba Kenar, dans la province de Gilan, au bord de la mer Caspienne, a rapporté un responsable de la sécurité de Gilan cité par les médias iraniens. Selon l’agence de presse ILNA, les autorités provinciales ont indiqué que des projectiles américains avaient également atteint la ville portuaire de Bandar Anzali.

Quatre personnes ont été tuées et cinq autres blessées dans une attaque menée par les États-Unis contre la ville iranienne d’Ahvaz, a indiqué la chaîne publique IRIB.

Dans un communiqué relayé par l’agence de presse iranienne Fars, les Gardiens de la Révolution ont mis en garde les populations des pays du Golfe contre d’éventuelles frappes dirigées contre le personnel militaire américain, lequel pourrait utiliser « des bâtiments situés dans les villes comme bases pour diriger ses crimes ».

Dans un communiqué publié sur X, le ministère iranien de la Santé a fait état de 59 morts et 666 blessés depuis la reprise des combats avec les forces américaines à la fin du mois de juin. Ce bilan ne fait pas la distinction entre les militaires et les civils.

Les médias iraniens ont repris les propos du chef du commandement militaire interarmées iranien, selon lequel l’Iran tuerait un membre des forces américaines pour chaque Iranien tué.

La guerre a déjà coûté la vie à 18 militaires américains. Lundi, le Pentagone a indiqué que 100 militaires avaient été blessés depuis le 7 juillet, et que 96 % d’entre eux avaient repris du service. Des responsables ont confirmé à Reuters que plus de 500 soldats américains avaient été blessés à ce jour.

Le Pakistan souhaite la reprise des pourparlers

L’attaque qui a été menée jeudi contre des pétroliers saoudiens dans le détroit de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, a fait grimper les cours du pétrole de 7 %, jusqu’à dépasser les 100 dollars le baril pour la première fois depuis le mois de mai.

Toutefois, vendredi, vers 16 h 00 GMT, les contrats à terme sur le Brent avaient reculé de plus de 4 dollars, s’établissant à un peu plus de 96 dollars.

Des courtiers dans la salle des marchés de la Bourse de New York (NYSE), le 23 juillet 2026 à New York. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

Selon certaines sources, le Pakistan chercherait à relancer les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran sur la fin de la guerre, qui sont actuellement au point mort, sous l’impulsion de la Chine.

Des discussions préliminaires ont eu lieu cette semaine à Islamabad à l’occasion de la visite du ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni – sa deuxième en l’espace de dix jours, ont indiqué trois sources pakistanaises.

Changement d’itinéraire pour les pétroliers, hausse des primes d’assurance maritime

Les attaques des Houthis ont contraint plusieurs autres pétroliers à faire demi-tour et à mettre le cap vers le nord via le canal de Suez. Ils pourraient ainsi devoir emprunter un itinéraire beaucoup plus long pour rejoindre l’Asie, en contournant l’Afrique.

Par ailleurs, les coûts d’assurance maritime pour la traversée de la partie sud de la mer Rouge ont doublé jeudi pour certaines compagnies, ont rapporté des sources.

Néanmoins, la moitié des 18 navires – parmi lesquels deux superpétroliers chinois – qui ont quitté Bab el-Mandeb jeudi transportaient du pétrole brut. Le nombre de pétroliers traversant le détroit d’Ormuz est tombé à un seul jeudi, son niveau le plus bas depuis le 7 mai.

Un porte-parole des Houthis a annoncé vendredi que le groupe terroriste soutenu par l’Iran ne cherchait pas à bloquer le trafic entre le détroit de Bab el-Mandeb et la mer Rouge, précisant que la position du groupe se « limitait à un blocus maritime n’affectant que la partie saoudienne ».

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont prévu d’organiser une conférence de haut niveau qui réunira des hauts responsables européens et du Moyen-Orient pour discuter de la protection du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, a indiqué Axios.

Les Houthis scandent des slogans religieux pour célébrer l’Aïd al-Ghadir, jour où, selon eux, l’islam a été consacré en tant que religion par la désignation d’Ali comme successeur du prophète Mahomet, à Sanaa, au Yémen, le 4 juin 2026. (Crédit : AP/Osamah Abdulrahman)

Cette conférence doit se tenir la semaine prochaine, mais sa date n’a pas encore été fixée. Elle devrait réunir les ministres de la Défense et les chefs d’état-major des pays participants.

Selon l’article, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, et le chef d’état-major, Dan Caine, devraient y participer.

Les États-Unis mettent en garde leurs ressortissants au Moyen-Orient

L’armée iranienne a annoncé avoir attaqué des dépôts de matériel militaire américain à Al-Adiri, connu sous le nom officiel de Camp Buehring, dans le nord du Koweït, ainsi que les positions des troupes américaines à Camp Arifjan et à Camp Doha, près de Koweït City.

En début de soirée, le Koweït a fait savoir que ses défenses aériennes interceptaient des cibles « hostiles » lancées depuis l’Iran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont pour leur part revendiqué avoir gravement endommagé une station de surveillance utilisée par la 5e flotte américaine à Bahreïn.

Ils ont également ajouté avoir attaqué une caserne américaine et des avions de chasse en Jordanie, ainsi qu’une caserne américaine, un dirigeable espion et des systèmes de défense antiaérienne Patriot à Erbil, au Kurdistan irakien, a rapporté l’agence de presse semi-officielle Tasnim.

L’armée jordanienne a quant à elle assuré avoir abattu sept missiles et six drones iraniens, selon la télévision d’État, sans causer de dégâts matériels ni de victimes.

Plusieurs déflagrations ont retenti près de l’aéroport d’Erbil, lequel accueille des troupes de la coalition dirigée par les États-Unis, a indiqué un journaliste de l’AFP. Des explosions ont été entendues après le déclenchement des défenses antiaériennes, a poursuivi ce journaliste, qui a également vu des drones survoler la ville et de la fumée s’élever du côté de l’aéroport.

L’ambassade des États-Unis à Bagdad a recommandé aux citoyens américains présents au Moyen-Orient de faire preuve de prudence et de rester en état d’alerte renforcée.

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