Tsahal a « achevé son déploiement » sur la ligne de défense antichar au Sud-Liban
2 blessés après des tirs de roquettes du Hezbollah dans le nord ; Tsahal aurait suspendu ses frappes sur le poste-frontière entre le Liban et la Syrie suite à l'intervention US ; l'armée a déployé la 98e division d'élite dans la région
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Mardi, l’armée israélienne a annoncé avoir achevé le déploiement de ses forces terrestres le long d’une ligne stratégique dans le sud du Liban, depuis laquelle le Hezbollah pourrait tirer des missiles antichars guidés directement sur des localités israéliennes.
Cette « ligne antichar » se trouve à plusieurs kilomètres à l’intérieur du territoire sud-libanais. La portée estimée des missiles antichars du Hezbollah est d’environ 10 kilomètres.
« Le déploiement des soldats de l’armée israélienne le long de la ‘ligne antichar’ est désormais achevé. Les opérations se poursuivent dans la région, dans le but de renforcer la ligne de défense avancée et de faire disparaître la menace qui pèse sur les habitants du nord », a fait savoir l’armée dans un communiqué.
Ces dernières semaines, l’armée israélienne a fait avancer ses unités vers des positions stratégiques depuis lesquelles, d’après elle, le Hezbollah pourrait lancer des attaques contre Israël. Il s’agit notamment du promontoire de Ras al-Bayada, au sud de la ville côtière de Tyr, à environ huit kilomètres au nord de la frontière israélienne.
Dans le secteur ouest, l’armée israélienne a mené des opérations à proximité du fleuve Litani, à quatre kilomètres environ de la frontière israélienne. Dans le secteur du centre, les soldats se sont également enfoncés jusque dans des villages situés à plusieurs kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.
Selon des responsables israéliens, Tsahal procède actuellement à la mise en place d’une « zone de sécurité » démilitarisée dans le sud du Liban, s’étendant jusqu’au fleuve Litani, et maintiendra sa présence tant que la menace posée par le Hezbollah n’aura pas été éliminée. Cette zone tampon devrait être contrôlée par des moyens de surveillance et de puissance de feu, ainsi que par des troupes au sol dans les secteurs jugés stratégiquement importants, a expliqué l’armée.
Selon les informations fournies par un responsable militaire aux journalistes, le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir a défini trois lignes de défense dans le sud du Liban dans le cadre de l’opération terrestre et des mesures visant à instaurer une zone tampon.
Il s’agit de la première ligne de villages frontaliers libanais, dans lesquels l’armée israélienne est intervenue pour neutraliser la menace d’une attaque par infiltration du Hezbollah, des deuxième et troisième lignes de villages, depuis lesquels le Hezbollah pourrait tirer des missiles antichars sur le nord d’Israël, et du fleuve Litani, situé à quelque 20 à 30 kilomètres de la frontière dans la plupart des zones et depuis lequel le Hezbollah lance des attaques à la roquette contre Israël.
Le responsable militaire a ajouté que l’armée israélienne ne prévoyait pas de pousser plus loin au-delà du Litani dans le cadre de son offensive terrestre, rappelant toutefois que c’est depuis le nord du Litani que le Hezbollah lance la plupart de ses attaques à la roquette et au drone contre Israël.
Le projet de zone tampon de l’armée israélienne est en cours de coordination avec les autorités juridiques. Il devrait être présenté sous peu aux dirigeants politiques pour validation.
Ce plan prévoit le démantèlement des infrastructures du Hezbollah dans les villages se trouvant à moins de quatre kilomètres de la frontière, et l’établissement de positions avancées de l’armée à des emplacements stratégiques.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a dit avoir donné l’ordre à l’armée israélienne de raser tous les bâtiments de la « première ligne » des villages libanais proches de la frontière israélienne, à l’exception de plusieurs communautés chrétiennes, afin d’empêcher le Hezbollah de les utiliser pour attaquer Israël.
L’armée israélienne a par ailleurs annoncé mardi avoir déployé une sixième division dans le sud du Liban, dans le cadre de l’offensive au sol actuellement menée contre le Hezbollah.
La semaine dernière, la 98e division, une unité d’élite composée de parachutistes et de commandos, a entamé « des opérations terrestres ciblées visant de nouveaux objectifs dans le sud du Liban », a indiqué l’armée.
Ce sont désormais cinq divisions de l’armée israélienne qui participent à l’offensive terrestre contre le Hezbollah. Les 146e et 162e divisions ont fait une percée dans le secteur ouest. Les 91e et 36e divisions ont, quant à elles, mené des raids dans le secteur est.
D’après l’armée, la 98e division opère dans des secteurs du sud du Liban dans lesquels « le contrôle opérationnel est désormais établi, dans le but de débarrasser la zone des terroristes et des infrastructures terroristes ».
La 210e division régionale « Bashan » de l’armée israélienne est pour sa part toujours stationnée dans la région du mont Dov, à l’est. Elle a procédé à plusieurs raids du côté libanais de la montagne.
Mardi également, l’armée israélienne a bombardé un autre pont sur le Litani, utilisé selon elle par le Hezbollah pour acheminer des hommes et des armes vers le sud du Liban.
צה"ל תקף מעבר מרכזי נוסף מעל נהר הליטאני: שבעה מעברים ששימשו את מחבלי ארגון הטרור חיזבאללה הותקפו עד כה
צה"ל תקף אתמול מעבר מרכזי נוסף ששימש את מחבלי ארגון הטרור חיזבאללה לנוע מצפון לדרום נהר הליטאני, ולהעברת אמצעי לחימה, רקטות ומשגרים במטרה לקדם מתווי טרור נגד כוחות צה"ל.… pic.twitter.com/gpW8ULgEmJ
— צבא ההגנה לישראל (@idfonline) April 7, 2026
Ce pont est le septième point de passage sur le fleuve à subir les frappes de l’armée dans le cadre des combats en cours. On dénombre au total huit grands ponts et de très nombreux autres plus petits.
« L’armée israélienne a frappé hier un autre point de passage stratégique que les terroristes du Hezbollah utilisent pour se déplacer du nord au sud du fleuve Litani et pour acheminer des armes, des roquettes et des lance-roquettes, en vue de mener des attaques terroristes contre les forces israéliennes », a annoncé l’armée dans un communiqué.
Au moins deux blessés alors que le Hezbollah poursuit ses tirs de roquettes sur le nord
Alors que l’armée israélienne continuait de frapper des cibles à l’intérieur du Liban, le Hezbollah a lancé mardi des dizaines de roquettes en direction du nord d’Israël, blessant au moins deux personnes.
Une femme d’une vingtaine d’années a été légèrement blessée dans la ville de Nahariya, dans le nord, suite à l’impact d’une roquette du Hezbollah.
Selon le Magen David Adom, elle a été touchée par des éclats de pierre projetés par l’impact. Deux autres personnes ont été prises en charge pour anxiété aiguë.
Une dizaine de roquettes ont été tirées depuis le Liban lors de cette attaque ; au moins l’une d’entre elles s’est abattue sur une route, causant des blessures et endommageant des voitures ainsi que des maisons situées à proximité.
Quelques heures plus tard, une personne de 36 ans a été blessée par des éclats d’obus suite à l’impact d’une roquette du Hezbollah dans la ville de Meron, en Galilée, a rapporté le MDA.
La victime a été transportée à l’hôpital dans un état satisfaisant, ont ajouté les secours.
Par ailleurs, une roquette du Hezbollah tirée depuis le Liban mardi après-midi a touché une maison dans la ville de Kiryat Shmona, au nord du pays, ont fait savoir les services de secours. Aucun blessé n’est à déplorer.
L’armée israélienne a renoncé à frapper le poste-frontière syro-libanais après la médiation américaine, dit une source
Par ailleurs, l’armée israélienne a renoncé à frapper un poste-frontière stratégique entre la Syrie et le Liban, après avoir menacé de le faire il y a quelques jours, suite aux pressions exercées par Beyrouth et Damas sur les États-Unis pour que celui-ci reste ouvert, a révélé mardi une source libanaise.
Le 4 avril, l’armée avait lancé un avertissement concernant le poste-frontière d’Al-Masnaa, point de passage essentiel entre le Liban et la Syrie, annonçant son intention de le frapper « sous peu » au motif que le Hezbollah s’en servait pour introduire clandestinement des armes.
Suite à cet avertissement lancé samedi par Israël, les autorités frontalières syriennes ont assuré qu’Al-Masnaa n’était en aucun cas utilisé à des fins militaires, ajoutant que le poste-frontière allait être temporairement fermé afin d’éviter toute victime en cas de frappe.
Des pourparlers sont en cours pour tenter d’obtenir que ce poste-frontière soit épargné, ont confié dimanche à Reuters des représentants des autorités frontalières libanaises.
Selon la source libanaise, le Premier ministre du Liban, Nawaf Salam, a œuvré de concert avec ses homologues syriens afin d’obtenir des États-Unis la garantie qu’Al-Masnaa ne serait pas pris pour cible.
La frontière reste fermée pour l’instant, a précisé la source.
L’armée israélienne n’a jusqu’à présent pas répondu aux questions concernant la possibilité qu’elle s’abstienne de frapper le poste-frontière d’Al-Masnaa suite aux efforts de médiation syro-libanais.
Lundi, la chaîne publique israélienne Kan avait rapporté que les États-Unis avaient demandé à Israël de suspendre son attaque contre Al-Masnaa, invoquant des considérations politiques.
L’armée israélienne a refusé de commenter les informations de Kan. L’ambassade des États-Unis au Liban n’a pour l’instant pas répondu à nos demandes de commentaires.
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