Tsahal met fin à la prolongation du service obligatoire, mais garde les unités spéciales plus longtemps
L'armée va combler le déficit d'effectifs en mobilisant plus de réservistes, pour qui le gouvernement annonce de nouveaux avantages fiscaux alors que les plaintes pour épuisement se multiplient
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L’armée israélienne a annoncé lundi qu’elle allait annuler la pratique consistant à ajouter quatre mois de service supplémentaires pour les soldats appelés sous les drapeaux, mais qu’elle prolongerait à l’avenir la durée de déploiement des unités des forces spéciales. Tsahal cherche actuellement à rééquilibrer les conditions de service, afin de pouvoir faire face à une crise des effectifs pendant le conflit contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.
Depuis le début de la guerre, Tsahal a reporté la libération des conscrits de l’armée de terre, leur assurant une transition sans heurts vers le service de réserve pour une durée supplémentaire de quatre mois.
L’armée a fait savoir qu’elle annulera ces quatre mois supplémentaires à partir du mois de novembre. Ainsi, les soldats appelés en mars 2023 seront démobilisés en novembre, plutôt qu’en mars 2026.
Cependant, les soldats des unités spéciales actuellement en formation devront servir quatre mois supplémentaires en tant que « militaires de carrière » à partir de mars 2027.
De plus, ceux qui s’engageront à l’avenir dans les unités des forces spéciales devront effectuer huit mois supplémentaires (dans les unités de reconnaissance) ou une année complète (dans les unités de commando) en tant que militaires de carrière.
Le mois dernier, Tsahal a indiqué être prêt à prolonger d’un an la durée du service des soldats appartenant à certaines unités – notamment les forces spéciales, les unités de commando et les unités de reconnaissance des brigades du Corps d’Infanterie – au-delà des trente mois qu’ils effectuent actuellement, conformément à l’engagement pris par ces militaires lors de leur enrôlement. Cette mesure n’avait pas été mise en œuvre et, suite à un tollé général, l’armée est revenue sur sa décision. À la place, le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, a nommé une commission présidée par le major-général à la retraite Amir Abulafia, ancien chef du Directorat de la Planification, qui a présenté lundi une série de recommandations concernant la durée du service.
Les soldats des unités concernées ayant terminé leur formation de base, qui dure normalement un an ou plus, seront également dispensés de ces quatre mois supplémentaires.
Selon Tsahal, ces mesures visent à trouver un équilibre entre les besoins de l’armée en effectifs supplémentaires et « l’érosion » de l’armée permanente après près de deux ans de combats. Tsahal a donc annoncé ne pas avoir l’intention de prolonger le service des personnes déjà enrôlées, en limitant cette mesure aux personnes en formation ou n’ayant pas encore été appelées sous les drapeaux.
À court terme, cette décision se traduira par la suppression d’une équipe dans chaque unité commando et de dizaines de soldats dans les brigades du Corps d’Infanterie pendant un an, un manque que l’armée compte combler en faisant appel à des réservistes.
Lundi également, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Israel Katz et le ministre des Finances Bezalel Smotrich ont déclaré, dans un communiqué enregistré dans la matinée lors d’une réunion du cabinet, que le gouvernement avait approuvé de nouveaux avantages fiscaux pour les réservistes.
Selon le bureau du Premier ministre, cette décision accordera des crédits d’impôt sur le revenu aux combattants réservistes, conformément à un barème progressif basé sur le nombre de jours de service.
« Aujourd’hui, nous donnons des avantages supplémentaires aux réservistes, qui méritent réellement de recevoir tout ce que nous pourrons leur offrir », a rapporté Netanyahu dans un message vidéo publié par son bureau.
Cette décision intervient alors que les réservistes qui, ces deux dernières années, ont combattu sur de longues périodes au lieu de rester avec leurs familles ou de travailler. Les témoignages d’épuisement se multiplient, et cet état de fatigue pèse lourdement sur leur santé émotionnelle et leur bien-être financier. Les autorités ont signalé une baisse du taux de participation des réservistes appelés ces derniers mois. Cette baisse, outre la fatigue et les difficultés économiques, a été attribuée à l’indignation suscitée par les exemptions de service militaire dont bénéficient les hommes de la communauté ultra-orthodoxe et à une perte de confiance croissante dans le gouvernement, alors que la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 se prolonge.
Selon le bureau du Premier ministre, ce plan accordera des crédits d’impôt sur le revenu aux réservistes en fonction du nombre de jours effectués au cours de l’année fiscale précédente. Cette mesure s’appliquera conformément à un barème progressif : ceux qui ont servi entre 30 et 39 jours recevront un demi-point de crédit d’impôt ; ceux qui ont servi entre 40 et 49 jours recevront trois quarts de point ; et ceux qui ont servi 50 jours auront droit à un point de crédit complet. Pour chaque tranche additionnelle de cinq jours de service, les réservistes recevront un quart de point supplémentaire, jusqu’à un maximum de quatre points par an, ce qui pourrait représenter plusieurs milliers de shekels par an, selon le bureau du Premier ministre.
« Le message est clair : désormais, être réserviste en Israël est un statut pour lequel l’État s’engage. Les soldats de réserve sont déployés sur tous les fronts, depuis les avions qui ont frappé l’Iran jusqu’aux combats dans les tunnels de Gaza, en passant par les opérations antiterroristes en Cisjordanie et la lutte contre le terrorisme en Syrie, au Liban et au-delà… Aujourd’hui, nous consolidons leur statut en prenant cette décision », a ajouté Katz.
Le mois dernier, Zamir, aurait ordonné une réduction de 30 % du nombre de réservistes déployés dans les zones de combat actives au cours des prochains mois, afin de remédier à ce problème.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.
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