Uber pourrait être autorisé en Israël dès 2026, selon la ministre des Transports
La mesure réduirait les coûts pour les usagers mais bouleverserait le secteur des taxis en légalisant potentiellement des milliers de chauffeurs clandestins
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Le ministère des Transports envisage d’autoriser Uber à opérer en Israël dès le début de l’année 2026, a déclaré la ministre des Transports Miri Regev.
Cette décision pourrait aboutir à la régularisation de milliers de chauffeurs non agréés travaillant au noir et porterait un coup sévère au secteur des taxis, qui avait jusque-là réussi à empêcher Uber et d’autres plateformes de transport à la demande de s’implanter sur le marché israélien.
« Le moment est venu pour Uber de s’implanter en Israël », a affirmé Regev à la chaîne publique Kan mardi. « Quand nous voyageons à l’étranger, nous constatons tous que les Israéliens utilisent Uber. »
Uber est une application qui met en relation passagers et conducteurs, et propose aussi la livraison de repas, le transport de marchandises et d’autres services de mobilité. Contrairement aux taxis, elle permet à tout détenteur d’un véhicule de transporter des passagers, souvent à des tarifs bien inférieurs à ceux pratiqués par les taxis traditionnels.
Regev a indiqué avoir demandé à son directeur général, il y a plusieurs mois, de tenter de parvenir à un accord avec les représentants du secteur des taxis sur l’entrée d’Uber sur le marché. Elle a toutefois ajouté que la décision ne dépendrait pas des dirigeants syndicaux.
« Je n’ai pas besoin de parvenir à un accord avec eux », déclare Regev. « La décision est prise : Uber sera présent en Israël. La question est maintenant de savoir comment y parvenir. »
« En fin de compte, ce qui m’intéresse, ce sont les citoyens israéliens », a affirmé Regev. « Nous devons réduire le coût de la vie. »
Les représentants du secteur des taxis ont promis de se battre bec et ongles contre cette mesure.
« Dire qu’une guerre mondiale va éclater ici serait sous-estimer la situation », a affirmé mardi Kfir Ben Zino, président de l’Association nationale des chauffeurs de taxi.
En vertu de la loi israélienne, seuls les propriétaires de taxis agréés par le ministère des Transports sont autorisés à percevoir une rémunération pour transporter des passagers. Fin 2023, environ 25 000 personnes détenaient une licence, selon le rapport annuel du contrôleur de l’État.
Il existe toutefois depuis longtemps un marché parallèle de chauffeurs non agréés. Ces dernières années, un véritable secteur clandestin s’est développé, notamment dans les communautés ultra-orthodoxes. Nombre de ces entreprises font aujourd’hui leur publicité ouvertement, captant une part importante du marché, souvent sans déclarer leurs revenus.
Des milliers de conducteurs gagneraient ainsi entre 10 000 et 15 000 shekels par mois, parfois plus, sans payer d’impôts, privant l’État de milliards de shekels, selon les représentants du secteur.
Les autorités fiscales ont commencé à sévir contre ces réseaux au cours de l’été, mais certains acteurs ont fait pression pour que le ministère les légalise. L’arrivée d’Uber pourrait répondre à cet objectif, mais au risque de déstabiliser le secteur légal des taxis.
« Si vous voulez mettre de l’ordre dans les transports, alors changez la loi et placez sur un pied d’égalité les chauffeurs de taxi, qui doivent aujourd’hui se conformer à de nombreuses obligations, dont une formation longue et coûteuse », a déclaré Zohar Golan, président de l’Association des chauffeurs de taxi au sein du forum indépendant de la Histadrout.
D’après le contrôleur de l’État, le secteur légal des taxis assure environ 72 millions de trajets par an et a généré 6,5 milliards de shekels de recettes fiscales en 2022.
Uber, présent dans environ 15 000 villes dans le monde, avait été autorisé en Israël en 2014, mais uniquement comme plateforme de réservation pour taxis.
L’application avait été supplantée par des services locaux comme Gett et Yango, puis a fermé en 2023. Elle a affronté une forte opposition de la part des chauffeurs de taxi sur de nombreux marchés, ceux-ci affirmant qu’elle menaçait leur gagne-pain.
Beaucoup en Israël avaient été frustrés par la résistance du ministère des Transports à l’égard de la plateforme. Le ministère semble aujourd’hui plus ouvert à la réglementation de nouvelles technologies, même au risque de bousculer les acteurs en place.
Ces derniers mois, le ministère a également engagé des discussions avec des responsables du constructeur automobile américain Tesla au sujet de la possibilité d’autoriser l’utilisation de son mode de conduite autonome en Israël, selon la presse.
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