Un ado palestino-américain libéré d’une prison israélienne 9 mois après son arrestation en Cisjordanie
Mohammed Ibrahim, 16 ans, accusé d'avoir jeté des pierres et contraint à avouer, a perdu environ 11 kg en prison et présente des signes d'infection par la gale, selon sa famille
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Mohammed Ibrahim, un adolescent américain détenu dans une prison israélienne pendant neuf mois, a été libéré jeudi soir. Il a immédiatement été admis à l’hôpital, a déclaré son oncle Zeyad Kadur.
Ibrahim, qui a fêté ses 16 ans en prison, a été arrêté le 15 février dans la maison familiale, dans son village, près de Ramallah. Il est accusé d’avoir jeté des pierres sur des résidents d’implantations israéliens en Cisjordanie, des faits qu’il a été sommé d’avouer par la contrainte devant les enquêteurs, ainsi qu’il l’a expliqué à son avocat. Il a été détenu à la prison de Meggido, puis à la prison d’Ofer, toutes deux situées en Cisjordanie.
Le crâne rasé et toujours vêtu d’une combinaison grise, Ibrahim, les larmes aux yeux, a retrouvé et embrassé les membres de sa famille peu après sa libération, comme le montrent des vidéos prises par ses proches. On peut ainsi voir son père, Zaher Ibrahim, embrasser son fils tout en pleurant.
Sur d’autres images, l’adolescent, toujours vêtu de sa combinaison grise, sourit et serre la main de ses soutiens.
Sa famille a estimé qu’Ibrahim était visiblement plus maigre qu’au moment de son arrestation.
Le mois dernier, la famille a diffusé le témoignage d’une avocate qui avait rendu visite à l’adolescent à la prison d’Ofer, en Cisjordanie. L’avocate avait raconté avoir appris que l’adolescent avait contracté une infection cutanée et qu’il avait perdu environ 11 kg, probablement en raison de l’insuffisance des rations fournies aux détenus.
Ibrahim a également décrit la prison comme surpeuplée. Certains prisonniers, notamment, dorment sur des matelas posés à même le sol.
لحظة وصول الامريكي الفلسطيني محمد ابراهيم ١٦ سنة الى اهله بعد ان امضى عدة اشهر في سجون الاحتلال. pic.twitter.com/2QThSS0dqn
— Samar D Jarrah (@SamarDJarrah) November 27, 2025
Dans une déclaration sous serment fournie par la famille, Mohammed aurait expliqué à son avocate avoir été agressé par des soldats de l’armée israélienne à coups de crosse de fusil au moment de son arrestation, et n’avoir avoué avoir jeté des pierres qu’après avoir été menacé de nouveaux coups par ceux qui l’interrogeaient.
« Au début, je n’ai pas avoué. Mais celui qui m’interrogeait m’a menacé de demander aux soldats de me frapper si je n’avouais pas. J’ai fini par avouer, uniquement parce que j’avais peur », a ajouté l’adolescent dans sa déclaration sous serment.
Plus d’une centaine d’organisations américaines confessionnelles, de défense des droits de l’homme et des droits civiques avaient adressé le mois dernier une lettre commune au secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’exhortant à prendre les dispositions nécessaires pour obtenir la libération de Mohammed. Quelque 24 membres du Congrès américain avaient envoyé un courrier similaire à Rubio et à l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee.
Dans cette lettre, les représentants avaient évoqué ce qu’ils avaient décrit comme un « cas d’une similitude troublante » avec celui de Walid Ahmed, arrêté pour avoir prétendument jeté des pierres et décédé six mois plus tard, en mars 2025. Une autopsie, réalisée par un médecin israélien affilié à une ONG à la demande de la famille d’Ahmed, avait conclu que l’adolescent souffrait d’une perte de poids extrême et d’une atrophie musculaire avant sa mort.
En juillet, le cousin d’Ibrahim, Sayfollah Musallet, âgé de 20 ans, également ressortissant américain et originaire de Floride, avait, semble-t-il, été battu à mort par des partisans du mouvement pro-implantations dans le village d’Al Mazra as-Sharqiya, en Cisjordanie.
Huckabee avait exhorté Israël à « enquêter de manière approfondie sur le meurtre [de Musallet] », qualifiant cet acte de « criminel et terroriste ». Personne n’a en effet été arrêté pour cet incident. Les violences commises par les partisans du mouvement pro-implantations contre les Palestiniens ont augmenté ces dernières années. Presque aucun de ces incidents n’a toutefois donné lieu à des arrestations ou à des poursuites judiciaires.
Les violences en Cisjordanie ont explosé depuis que l’attaque du Hamas contre Israël a déclenché la guerre de Gaza, en octobre 2023.
Jacob Magid a contribué à cet article.
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