Nouveau plan de la Sécurité pour endiguer les violences de résidents d’implantations
Une équipe spéciale sera créée contre le "terrorisme juif", sans retour à la détention administrative pour les Juifs ; des habitants d’implantations incendient une casse palestinienne
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Les autorités israéliennes chargées de la sécurité ont élaboré de nouvelles recommandations pour lutter contre la criminalité nationaliste juive et les violences commises par des résidents d’implantations en Cisjordanie, à la suite d’une forte hausse d’incidents graves cette année, a rapporté jeudi une chaîne de télé israélienne.
Selon la chaîne N12, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait convoqué jeudi une réunion spéciale avec de hauts responsables de la sécurité pour examiner la récente escalade.
La chaîne a indiqué que les services de sécurité ont recensé 752 incidents liés à des crimes nationalistes ou à des violences commises par des extrémistes juifs au cours de l’année écoulée, dont 99 classés comme graves. D’après les données des Nations unies (ONU), le mois d’octobre a enregistré le plus haut nombre d’attaques de ce type depuis au moins 2006.
À l’exception des cas les plus extrêmes, les auteurs sont rarement confrontés à des conséquences juridiques.
Selon N12, l’armée, le Shin Bet et la police israélienne ont défini, conjointement, une série de mesures pour lutter contre ce phénomène, dont la création d’une équipe d’enquête spéciale dédiée aux cas graves de « terrorisme juif », un renforcement de la présence militaire et policière dans les villages palestiniens situés dans les zones de friction, ainsi que l’installation de 14 centres de sécurité renforcés dans les secteurs identifiés comme foyers de violence.
Le plan prévoit également l’élargissement des réseaux de surveillance, l’installation de caméras supplémentaires, ainsi qu’un durcissement des moyens d’application de la loi à l’encontre des contrevenants, notamment par la saisie de biens, l’imposition d’amendes et la révocation des permis de port d’armes, selon le reportage.
Le nouveau chef du Shin Bet, David Zini, aurait averti lors de discussions internes que ce phénomène devait être combattu « avec toute la force nécessaire » et au moyen d’une coopération étroite entre toutes les agences.
Certaines recommandations doivent encore être approuvées par les dirigeants politiques et devraient être présentées à Netanyahu dans les prochains jours.
Le gouvernement ne semble toutefois pas enclin à revenir sur la décision prise l’an dernier par le ministre de la Défense, Israel Katz, qui avait mis un terme au recours à la détention administrative – un dispositif permettant de maintenir en détention une personne sans preuves suffisantes pour l’inculper – lorsqu’il s’agit de suspects juifs.
Des extrémistes des implantations incendient un parc à ferraille palestinien
Le reportage sur le nouveau plan a été diffusé sur fond de violences persistantes commises par des résidents d’implantations, notamment un incendie criminel jeudi dans une casse automobile à Huwara, au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.
L’agence de presse officielle palestinienne WAFA a indiqué que des dizaines d’Israéliens venus de l’implantation voisine de Yitzhar avaient attaqué le secteur nord de Huwara et mis le feu au parc à ferraille.
Les autorités israéliennes n’ont pas commenté l’incident.
اتساع رقعة النيران بعد إحراق المستوطنين "مشطب سيارات" بين بلدتي حوارة وأودلا، جنوب نابلس. pic.twitter.com/GKTvpVl5Z5
— شبكة قدس الإخبارية (@qudsn) November 20, 2025
Il est survenu au lendemain des fermes condamnations de l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, qui a dénoncé la recrudescence de la violence commise par des résidents d’implantations, la qualifiant de « terrorisme ». Ses propos intervenaient après une série d’attaques menées contre la ville chrétienne palestinienne de Taybeh.
Dimanche, Netanyahu a affirmé qu’Israël « prendrait des mesures très énergiques contre les émeutes » visant les soldats de Tsahal et les Palestiniens. Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré que ces attaques « franchissaient une ligne rouge et détournaient nos forces de leur mission ».
Jusqu’ici, la police israélienne a fait peu pour appliquer la loi contre les agresseurs juifs, avec un nombre limité d’arrestations et encore moins de mises en examen. Quelques interpellations ont eu lieu ces derniers jours, à la suite d’une série d’attaques impliquant plus d’une centaine d’extrémistes israéliens, mais aucun acte d’accusation n’a été déposé à ce stade et nombre de suspects ont été libérés.
Un bloc d’implantations soutient un nouvel avant-poste illégal près de Bethléem
Par ailleurs, des résidents d’implantations ont érigé mercredi soir un nouvel avant-poste illégal au sud-est de Bethléem, avec le soutien des autorités locales.
Cet avant-poste, appelé Shdema, en est à ses débuts et accueille pour l’instant trois familles, a précisé un porte-parole du Conseil régional de Gush Etzion.
Le président du conseil, Yaron Rosental, a qualifié le site de « point stratégique important » destiné à assurer la continuité juive entre le bloc d’implantations de Gush Etzion et Jérusalem, dans un contexte de construction intensive dans la région.
Le site, situé au sommet d’une colline, abritait autrefois une base de Tsahal abandonnée il y a vingt ans. Depuis, des militants pro-implantations tentent régulièrement d’y établir une présence juive, malgré l’opposition des habitants palestiniens de Beit Sahour, situé à proximité.
L’organisation anti-implantations La Paix maintenant a condamné le projet, affirmant qu’il avait été mené sans autorisation gouvernementale. Elle a déposé une plainte auprès de la police pour demander l’ouverture d’une enquête sur l’implication du conseil régional dans la construction de cet avant-poste illégal.
La zone avait été retenue il y a environ quinze ans pour accueillir un hôpital pédiatrique financé par les États-Unis, destiné à desservir les localités palestiniennes voisines. Mais, selon La Paix maintenant, des résidents d’implantations auraient réussi à faire échouer ce projet. L’organisation estime que Shdema vise à « étouffer la ville palestinienne de Beit Sahour et à bloquer son développement, dans le cadre d’une initiative destinée à priver Israël de toute chance d’un avenir pacifique et de deux États ».
Le groupe militant a également affirmé que la construction rapide de l’avant-poste avait été approuvée pour protéger le conseil d’implantation de critiques internes, suite au soutien de ce dernier de la démolition de plusieurs structures illégales.
Shdema a été érigée quelques jours seulement après l’évacuation par Tsahal de plusieurs structures de fortune édifiées par des résidents d’implantations dans l’avant-poste illégal de Tzur Misgavi, à la demande du conseil régional face à « l’anarchie » qui régnait dans la zone. Ces démolitions ont déclenché de violents affrontements entre les forces de sécurité et les habitants des implantations, entraînant l’arrestation de six activistes et blessant plusieurs officiers.
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