Un ancien grand rabbin dit qu’un homme lui a demandé l’autorisation de tuer la Procureure Générale
Le rabbin Yitzhak Yosef a informé les autorités qu'un habitant de Jérusalem lui avait demandé de publier un décret religieux lui permettant d'assassiner Gali Baharav-Miara ; la police a procédé à une arrestation
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

La police a arrêté mercredi un homme de 36 ans soupçonné d’avoir proféré des menaces de mort à l’encontre de la procureure générale, Gali Baharav-Miara, après avoir demandé à l’ancien grand rabbin et actuel chef spirituel du parti Shas, Yitzhak Yosef, l’autorisation halakhique de la tuer.
Selon les médias israéliens, Yosef a déclaré au directeur général du ministère des Affaires religieuses, Yehuda Avidan, qu’un homme l’avait approché pour lui demander d’émettre un din rodef contre Baharav-Miara – un décret religieux appliqué aux délinquants graves donnant l’approbation halakhique de les arrêter par tous les moyens, même si cela implique de les tuer.
Avidan a immédiatement contacté la police de Jérusalem pour lui rapporter ce signalement qui a abouti à l’arrestation du suspect.
Dans une lettre adressée au chef de police Daniel Levy, citée par les médias israéliens, il explique que les services de Yosef « évoquent une menace qui semble concrète et qui pourrait mettre en danger la vie de la procureure générale ».
La police a ouvert une enquête après avoir reçu une lettre « contenant une menace explicite à l’encontre d’une personnalité publique ». En quelques heures, les enquêteurs ont localisé le suspect, qui se trouvait à son domicile dans le sud de Jérusalem, là où a eu lieu l’interpellation, a indiqué la police.
Les policiers le conduiront jeudi au tribunal pour solliciter la prolongation de sa détention provisoire, ce qui leur permettra de poursuivre leur enquête.
Dans la loi juive, on estime que le « rodef » présente un danger imminent pour les autres, ce qui permet de l’arrêter par la violence s’il le faut. Ce terme n’a aucune valeur dans la loi israélienne.
Il s’agit d’un terme tristement célèbre dans l’histoire politique israélienne depuis que Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, en a fait la justification religieuse de son meurtre, en novembre 1995.
Baharav-Miara fait régulièrement l’objet d’attaques de la part de membres de l’actuel gouvernement, lequel a voté ce mois-ci en faveur de sa destitution, ce à quoi la Cour Suprême a immédiatement mis son veto en suspendant l’application de cette décision le temps de l’examiner plus en détails.
La procureure générale s’est par ailleurs attirée les foudres des autorités ultra-orthodoxes en redoublant d’activisme contre les réfractaires haredim, et en exigeant de l’armée qu’elle envoie des milliers d’ordres d’enrôlement aux étudiants de yeshiva et que l’on interpelle effectivement les réfractaires et déserteurs.
la Communauté du Times of Israël !







