Un chauffeur de bus arabe agressé par 3 jeunes hommes à Jérusalem ; un suspect arrêté
Ils ont étranglé, frappé et donné des coups de pied à Ahmad Shehadeh, lui cassant le nez ; Ahmad Tibi les qualifie de "jeunes Kahanistes juifs" bénéficiant d'une "immunité réelle"
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Trois jeunes hommes ont violemment agressé et volé un chauffeur de bus arabe dans la nuit de lundi à mardi dans le quartier de Neve Yaakov, à Jérusalem.
Ahmad Shehadeh, qui travaille pour la compagnie de bus Extra, a été hospitalisé pour une fracture du nez après avoir été victime d’une agression vers 1 heure du matin mardi. Les agresseurs l’ont étranglé, frappé à coups de poing et de pied, puis lui ont volé son téléphone avant de descendre du bus, a indiqué l’Association des chauffeurs de bus dans un communiqué.
Shehadeh, qui conduisait la ligne 69 de Givat Shaul vers Neve Yaakov, un quartier juif de Jérusalem-Est, a été harcelé par ces trois voyous pendant tout le trajet, selon un reportage de la chaîne N12.
Le trio a fait signe au chauffeur de s’arrêter à chaque arrêt de bus le long du trajet. Lorsqu’il a manqué un arrêt, les voyous se sont approchés de lui et ont commencé à le frapper, selon N12.
Les médias arabes ont dénoncé le caractère raciste de cette agression physique, similaire à celle perpétrée plus tôt cette année contre deux chauffeurs de bus arabes par des supporters juifs de l’équipe de football Beitar Jerusalem, de retour d’un match perdu.
La police a déclaré mardi soir avoir arrêté un suspect, un habitant de Jérusalem âgé d’une vingtaine d’années, en lien avec cette agression.
« Je ne comprends pas comment nous en sommes arrivés là, où nous [les chauffeurs de bus] sommes devenus les souffre-douleur de tout le monde », a déclaré le chauffeur agressé dans un communiqué officiel de l’Association des chauffeurs de bus.
« Quand vont-ils se réveiller ? Faut-il qu’un d’entre nous meure pour qu’ils réagissent ? »
La compagnie de bus Extra a porté plainte.
Le député Ahmad Tibi (Taal) a qualifié les agresseurs de « groupe de jeunes Kahanistes juifs » dans un message publié sur le réseau social X.
« S’ils avaient été arabes, ils auraient déjà été arrêtés. Mais comme ils sont juifs, ils sont protégés. Il ne s’agit pas seulement de violence raciste, c’est une politique. Le ministre de la Sécurité nationale [Itamar Ben Gvir] leur accorde une immunité réelle, car ils constituent sa base politique », a déclaré le député arabe.
Après avoir quitté l’hôpital, Shehadeh, ensanglanté et couvert d’hématomes, est apparu dans une vidéo avec ses collègues mardi matin. S’exprimant en arabe, les quatre chauffeurs de bus ont déclaré boycotter le service de bus à destination de Neve Yaakov jusqu’à nouvel ordre.
« Ce qui est arrivé à Ahmad pourrait arriver à n’importe quel chauffeur », a averti l’un de ses collègues dans la vidéo, laissant entendre que cette agression était motivée par le racisme.
Israel Ganon, président de l’Association des chauffeurs de bus, a déclaré au Times of Israel que le boycott était une initiative spontanée, mais qu’il comprenait les chauffeurs en grève.
« Ils ont peur de retourner au travail, et je les comprends parfaitement. Si quelque chose comme ça arrivait sur le lieu de travail de n’importe qui, cette personne aurait peur de revenir », a-t-il déclaré.
La police a récemment arrêté deux adolescents de 15 ans dans le cadre d’une affaire similaire survenue lundi soir dans le centre-ville d’Elad. Originaires d’Elad et de Petah Tikva, les deux jeunes auraient lancé des pierres sur un bus et insulté le chauffeur après que celui-ci leur a demandé d’arrêter de fumer pendant le trajet.
L’Association des chauffeurs de bus a affirmé qu’au moins deux chauffeurs avaient été agressés, physiquement ou verbalement, chaque jour depuis le début de l’année.
Ganon a déclaré que les agressions répétées contre les chauffeurs de bus prouvent que le gouvernement devait mettre en place une unité de sécurité municipale pour protéger les bus à Jérusalem, affirmant que les fonds nécessaires à une telle initiative existaient déjà.
Il a dénoncé un « deux poids, deux mesures » dans le traitement réservé aux chauffeurs de bus, qui, contrairement aux employés du ministère des Transports, ne bénéficient pas d’agents de sécurité sur leur lieu de travail.
« Un jour, j’aimerais voir le service des permis de conduire de Jérusalem [au ministère des Transports] fonctionner sans agents de sécurité à l’entrée », a-t-il ironisé.
la Communauté du Times of Israël !







