Un homme accusé à tort d’espionnage met en cause le prochain chef présumé du Mossad
Adolescent au moment des faits, l'homme avait été utilisé par Roman Gofman, le futur chef présumé du Mossad, pour une campagne d'infuence de Tsahal - mais les choses avaient mal tourné et Ori Elmakayes s'était retrouvé seul
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Ori Elmakayes, un blogueur qui avait été utilisé par l’armée israélienne dans le cadre d’une campagne d’influence en ligne avant d’être mis en examen pour espionnage alors qu’il était encore adolescent, a accusé mardi le futur chef du Mossad, le général de division Roman Gofman — alors en charge de la division qui l’avait sollicité — de l’avoir abandonné au moment de son procès.
« Mon instrumentalisation par Tsahal, sous l’autorité de Gofman, s’était faite au nom de la sécurité de l’État – tout comme je mène mon combat aujourd’hui au nom de l’intérêt du pays et de l’intérêt des agents du Mossad », a déclaré Elmakayes devant la Haute cour de justice pendant une audience de six heures qui a été consacrée à l’examen des recours contre la nomination de Gofman.
« Gofman m’a abandonné et il n’a rien fait pour m’épargner le cauchemar que j’ai enduré », a ajouté Elamakayes.
Elamakayes avait été arrêté et interrogé par le Shin Bet dans le cadre de cette affaire – et il a affirmé avoir été torturé lors de son interrogatoire. Il avait été placé à l’isolement pendant deux mois et sous différentes formes de détention pendant près de 18 mois avant que les charges qui pesaient contre lui ne soient finalement abandonnées.
Si la division de Tsahal qui était dirigée par Gofman avait eu recours à Elmakayes dans le cadre de sa campagne d’influence, Gofman n’était intervenu à aucun moment en faveur du jeune homme, âgé de 17 ans à l’époque, lors de la procédure pénale qui avait suivi.
Pendant l’audience qui a eu lieu devant la Cour Suprême, l’avocat de Gofman a soutenu que le commandant ne connaissait pas tous les détails de la situation ni même l’identité d’Elmakayes, et qu’il n’avait donc pas pu intervenir.
« On ne peut même pas comparer ce qui s’est passé à l’abandon d’un agent en territoire ennemi », a affirmé Elmakayes.
« Le danger qui guette un agent du Mossad va au-delà de ce que j’ai enduré. Détention prolongée et existence détruite. Je me bats pour les agents du Mossad qui, en cas d’abandon, risquent la mort, pour la sécurité du pays tout entier. »
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