Un Israélo-Argentin emprisonné au Venezuela depuis plus d’un an a été libéré
Yaakov Harari, 72 ans, serait l'une des 125 personnes accusées d'avoir servi comme mercenaires US en janvier dernier ; selon Caracas, la libération des prisonniers s'est inscrite dans le cadre d'efforts de "recherche de paix" avec Washington
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Un Israélo-Argentin qui était emprisonné au Venezuela a été libéré et il est rentré en Israël mardi, a fait savoir le bureau du Premier ministre. L’homme a été relâché plus d’un an après son arrestation – il avait été accusé d’avoir servi comme mercenaire pour le compte des États-Unis.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec Yaakov Harari, 72 ans, à son retour, ainsi qu’avec ses deux filles, Yael et Yaara, qui ont fait part de leur gratitude envers le Premier ministre, remerciant aussi la communauté juive de Caracas et les diplomates qui ont œuvré pour obtenir sa libération, a annoncé le cabinet du Premier ministre.
Selon Ynet, Harari avait fait partie des 125 personnes, pour la plupart des citoyens américains, qui avaient été arrêtées en janvier 2025, accusées par le ministre vénézuélien de l’Intérieur d’avoir servi comme mercenaires pour le compte de Washington dans le but de tenter de mener un coup d’État dans le pays.
Lundi, Caracas a rapporté avoir jusqu’à présent libéré 116 prisonniers dans le cadre d’un processus annoncé la semaine dernière qui vise à « rechercher la paix » avec le président américain Donald Trump – une initiative prise après la capture par les États-Unis du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro.
Netanyahu, pour sa part, a salué les efforts considérables qui ont été déployés pour libérer Harari.
« Le Premier ministre a exprimé sa gratitude au ministère des Affaires étrangères, au Mossad et au coordinateur du gouvernement pour les otages, Gal Hirsch, pour leur travail. Il a également tenu à remercier les gouvernements américain, allemand, autrichien et italien pour l’aide qu’ils ont apportée à Israël dans le processus qui a permis le retour de Yaakov dans son pays natal », a ajouté le cabinet du Premier ministre.
L’homme israélo-argentin était parti au printemps 2024 pour un voyage d’affaires en Amérique du Sud, avec notamment un passage par le Venezuela, a dit un responsable lors d’un point presse avec des journalistes israéliens.
BREAKING: Israeli-Argentinian citizen Yaakov Harari, 72, was just released from a Venezuelan prison.
He was deprived of medical care and due process in prison, after he was jailed on bogus charges of being a “mercenary.”
Thank goodness that Yaakov is finally free to return home… pic.twitter.com/O2Taqn3Zls
— Hen Mazzig (@HenMazzig) January 13, 2026
À son retour, Harari a déclaré aux responsables israéliens qu’il avait été témoin de « scènes terribles » dans la prison vénézuélienne.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait confié le dossier de Harari à son responsable des otages, Gal Hirsch, qui avait collaboré avec le ministère des Affaires étrangères, le Mossad et d’autres agences gouvernementales. Ils avaient réussi à obtenir une visite consulaire par l’intermédiaire de l’ambassadeur d’Allemagne au Venezuela.
Israël avait également collaboré avec le département d’État américain et avec le bureau de l’envoyé spécial du président pour les affaires d’otages, ainsi qu’avec l’envoyé autrichien pour les otages et la Croix-Rouge. Hirsch avait également maintenu un contact régulier avec la communauté juive locale au sujet de cette affaire.
La situation a radicalement changé avec l’arrestation par les États-Unis du président vénézuélien Nicolas Maduro, a expliqué le responsable. Israël a alors déployé des efforts intensifs pour trouver des moyens de faire sortir Harari.
Israël a coordonné ces efforts avec d’autres gouvernements dont des ressortissants étaient détenus dans des prisons vénézuéliennes et qui travaillaient avec Israël sur les questions d’otages depuis le 7 octobre 2023 — les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Allemagne et l’Autriche — et le pays a procédé à une évaluation de la situation avec eux le 7 janvier.
Israël a appris que Harari allait être libéré à 2 heures du matin le lundi.
Il a été remis au rabbin de la communauté à Caracas avant d’être transféré vers un autre pays, que le responsable a refusé de nommer. Il a ensuite quitté ce pays à bord d’un vol à destination d’Israël.
Lundi, le groupe de partis d’opposition Unidad Venezuela a souligné que le Venezuela échouait à tenir toutes ses promesses de libérer les prisonniers, précisant que seules 65 personnes avaient été relâchées jusqu’à présent. Dans un message publié sur le réseau social X, le groupe a exhorté le gouvernement vénézuélien à « accélérer le processus de libération, afin que les souffrances des prisonniers politiques et de leurs familles puissent enfin cesser ».
Le groupe de défense juridique Foro Penal en a, quant à lui, dénombré 49.
Le chiffre fourni par le gouvernement, qui a été diffusé par le ministère des Services pénitentiaires, a fait suite à trois jours de rapports établis par des organisations de défense des droits humains qui ont fait état de retards dans les remises en liberté. Le ministère a déclaré que les personnes relâchées avaient été impliquées dans « des actes associés à des perturbations de l’ordre constitutionnel et à une remise en cause de la stabilité de la nation ».
Au cours du week-end, les soutiens et les membres des familles ont organisé des rassemblements dans les centres de détention de la capitale, Caracas, ainsi que des veillées à la bougie. Certains ont passé la nuit dehors, sur des matelas, dans l’espoir de voir leurs proches libérés.
« J’ai visité plusieurs centres de détention, et j’obtiens toujours la même réponse : il n’est pas ici. Beaucoup de temps a passé, et je n’ai aucune preuve qu’il est en vie. J’exige une preuve de vie. J’ai besoin de savoir comment va mon mari. Cela fait plus d’un an que je n’ai pas entendu la voix de mon mari », a déclaré Mariana Gonzalez de Tudares, la fille de l’ancien candidat de l’opposition à la présidentielle, Edmundo Gonzalez. Son mari, Rafael Tudares, a été arrêté en janvier 2025 alors qu’il conduisait ses deux jeunes enfants à l’école.
Ces libérations progressives interviennent après une semaine de troubles politiques à Caracas, à la suite de la capture de Maduro par les États-Unis et de sa comparution devant un tribunal new-yorkais pour trafic de drogue.
La libération de centaines de prisonniers politiques dans ce pays d’Amérique du Sud est une revendication de longue date des groupes de défense des droits humains, des organismes internationaux et des personnalités de l’opposition.
La leader de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado, qui doit rencontrer Trump ce jeudi et dont plusieurs proches alliés sont emprisonnés, a été l’une des principales voix appelant à leur libération.
Machado s’est rendue lundi au Vatican, où elle a rencontré le pape Léon. Elle lui a demandé d’intercéder en faveur de tous les Vénézuéliens qui « restent kidnappés et disparus ».
Jeudi, le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, Jorge Rodriguez, avait annoncé la libération d’un grand nombre de prisonniers, tant étrangers que vénézuéliens. Le gouvernement n’a toutefois pas fourni de chiffre total.
Selon Foro Penal, au moins 800 personnes étaient détenues pour des motifs politiques au début de l’année au Venezuela. Le gouvernement, pour sa part, nie l’existence de prisonniers politiques dans le pays.
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