Un tiers des 156 espèces de papillons d’Israël sont menacées et trois sont éteintes
"Potéger les papillons ne revient pas seulement à s'intéresser à leur beauté et leurs couleurs, mais bien à la stabilité et la santé des écosystèmes dont nous dépendons tous », explique l'écologiste Dotan Rotem
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.
Près d’un tiers des espèces de papillons d’Israël sont menacées, et trois d’entre elles sont déjà éteintes, apprend-on en consultant la première Liste rouge des insectes créée par plusieurs organisations israéliennes.
Cette Liste rouge israélienne s’inspire des listes internationales du même nom, publiées par l’Union internationale pour la conservation de la nature, afin d’évaluer la santé des espèces et leur risque d’extinction.
Sur les 156 espèces de papillons enregistrées en Israël, 12 sont en danger critique d’extinction, 23 en danger et 22 menacées. Seules 63 espèces sont considérées comme dépourvues de risque ; on ne dispose pas de suffisamment d’informations pour évaluer le statut de toutes les autres.
Parmi les espèces menacées en Israël figurent la Queue d’Hirondelle Rare, le Cuivré Levantin, le Fritillaire de la Reine d’Espagne, la Virgule du Sud et le Grand Capitaine Gris des steppes.
Selon cette Liste rouge (en hébreu), les menaces envers les papillons vont de la destruction de leur habitat naturel due aux constructions au développement des infrastructures et à la transformation des espaces sauvages en zones agricoles en passant par l’utilisation de pesticides, qui nuisent à la fois aux larves de papillons et aux plantes sur lesquelles les papillons pondent leurs œufs. Parmi les autres dangers figurent le pâturage intensif, les espèces envahissantes, les incendies, la pollution lumineuse et le changement climatique, avec son lot de chaleur et de sécheresse qui perturbe les saisons.
Une grande partie des espèces les plus en danger d’extinction vivent dans des zones bien délimitées, comptent de petites populations ou dépendent d’habitats sensibles, tels que les zones humides, apprend-on dans la liste.
Selon Dotan Rotem, écologiste des espaces sauvages à l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, les résultats indiquent une tendance à la détérioration de l’un des groupes d’insectes les plus importants et sensibles des écosystèmes israéliens.
« Israël se réchauffe à un rythme plus rapide que la moyenne mondiale, et de nombreuses espèces de papillons se trouvent ici à la limite sud de leur répartition — une situation qui accroit leur vulnérabilité », explique Rotem.
« En Israël, près de 18 kilomètres carrés de zones naturelles sont détruits chaque année, ce qui est l’un des taux les plus élevés du monde développé. La fragmentation de l’habitat crée de petites populations isolées, particulièrement sensibles aux événements extrêmes. »
Il ajoute que les papillons sont les insectes les mieux connus d’Israël.
Les recherches faites pour constituer cette Liste rouge montrent que la situation de certains papillons est bien pire que ce que l’on pensait, a contrario d’autres espèces, que ce soit du fait de la disponibilité de nouvelles informations ou des activités de conservation et de gestion de l’habitat.
Cependant, ajoute-t-il, « la tendance générale est claire : le nombre d’espèces à risque augmente et l’habitat d’un grand nombre d’espèces diminue. La Liste rouge des papillons en Israël est un signal d’alarme. La protection des papillons ne consiste pas seulement à s’intéresser à leur beauté et leurs couleurs, mais aussi à la stabilité et à la santé des écosystèmes dont nous dépendons tous. »
Les papillons sont d’importants pollinisateurs des plantes ; avec leurs chenilles, ils fournissent de la nourriture à un grand nombre de créatures, de la chauve-souris aux oiseaux en passant par les lézards.
La liste, publiée conjointement par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, la Société israélienne des lépidoptéristes, le Musée Steinhardt d’histoire naturelle de l’Université de Tel Aviv et le Fonds national juif KKL-JNF, a été publiée au moment de Tu B’Shvat (Jour de l’Arbre), qui a débuté dimanche soir.
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