Une étude sur les couleurs des demoiselles permettrait d’en finir avec les teintures toxiques
Des scientifiques israéliens révèlent comment des structures microscopiques et des pigments s'associent pour créer des teintes stables, une promesse d'alternatives durables
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Des scientifiques de l’Université Ben-Gurion du Neguev, dans le sud d’Israël, ont déchiffré le code de fabrication des splendides couleurs des demoiselles, ce qui pourrait permettre d’en finir avec les pigments synthétiques toxiques qui sont utilisés dans l’industrie, des cosmétiques au textile.
Les demoiselles, souvent parées de turquoise, bleu, vert ou rouge métallisé, ressemblent à des hélicoptères miniatures qui filent au-dessus des plans d’eau durant les mois les plus chauds de l’année. Leurs couleurs sont obtenues grâce à des verres photoniques — de minuscules sphères assemblées de manière aléatoire de façon à diffuser la lumière.
Pour contrer l’effet de délavage susceptible de résulter de légères variations de la taille de ces sphères, la demoiselle a développé deux mécanismes correcteurs, selon un article qui a été publié à la fin du mois dernier dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
Dans le cadre de ce premier mécanisme, la densité des sphères diminue à mesure qu’elles grossissent, une garantie que chaque sphère réfléchira exactement la même nuance de couleur.
Dans le cadre du second mécanisme, les sphères sont chargées d’un pigment jaune qui agit à la façon d’un filtre, absorbant la lumière indésirable tout en rendant la couleur principale beaucoup plus profonde et saturée.
« La nature a trouvé un moyen élégant de produire des couleurs parfaites en utilisant des pièces imparfaites », explique la doctorante Tali Lemcoff, qui a étudié la demoiselle à queue bleue (Ischnura elegans).
Elle ajoute : « Ces stratégies pourraient nous aider à fabriquer des matériaux optiques de haute qualité en utilisant des ingrédients organiques durables au lieu de nous appuyer sur les produits chimiques synthétiques que nous utilisons aujourd’hui. »
Tali Lemcoff explique au Times of Israel qu’il est, dès lors, logique de penser que ces conclusions s’appliquent à d’autres espèces de demoiselles, dans la mesure où elles possèdent des structures similaires de réflexion de la lumière.
L’équipe de recherche interdisciplinaire, dirigée par le professeur Benjamin Palmer de l’Université Ben-Gurion et Tali Lemcoff, compte par ailleurs dans ses rangs des chercheurs de l’Institut Weizmann des sciences, dans le centre d’Israël, de l’Université de Lund en Suède, de l’Université Aalto en Finlande et de l’Université de Bristol au Royaume-Uni.
la Communauté du Times of Israël !







