Une vidéo de Tsahal montre des terroristes se faisant passer pour des humanitaires à Gaza
Selon l'armée, l'ONG aurait confirmé que ces hommes ne lui étaient pas liés ; l'aide humanitaire, qui arrive à Gaza par les airs et les routes, reste inférieure à ce que l'ONU estime nécessaire
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Dans le centre de la bande de Gaza, des terroristes se sont fait passer pour des membres de l’organisation humanitaire World Central Kitchen (WCK) en début de semaine, a annoncé mardi l’armée israélienne, images à l’appui.
Israël a mené des frappes aériennes à Gaza, mardi, et brièvement essuyé des tirs de mortier ; selon les médias palestiniens, les forces spéciales israéliennes ont appréhendé un homme à Deir al-Balah, à Gaza, pour l’emmener en Israël.
Par ailleurs, les pays occidentaux et les Émirats arabes unis ont largué près de 97 tonnes de vivres dans l’enclave, qui s’ajoutent aux 300 camions entrés lundi dans l’enclave par voie terrestre. Par ailleurs, l’Espagne revendique l’évacuation de dizaines d’enfants de Gaza malades ou blessés ces derniers mois.
Selon Tsahal, « cinq terroristes armés » ont été identifiés dans le centre de la bande de Gaza, en début de semaine, à proximité immédiate d’un véhicule revêtu du logo de WCK « mais sans affiliation avec l’organisation, ce qui représentait une menace pour nos soldats». Ces hommes ont été éliminés par des bombardements aériens.
« Les terroristes ont utilisé l’emblème de WCK et revêtu des gilets jaunes pour dissimuler leurs activités et éviter d’être pris pour cible, un exemple cynique d’instrumentalisation du statut et de la confiance accordés aux organisations humanitaires », a déclaré l’armée israélienne.
L’armée a ajouté que les représentants du COGAT avaient « vérifié l’information auprès de WCK, laquelle a confirmé que le véhicule vu à Gaza avec le logo de l’organisation n’avait aucun lien avec elle ».
Cette vidéo, diffusée par Tsahal le 12 août 2025, donne à voir des terroristes présumés en train de se faire passer pour des membres de l’ONG humanitaire WCK dans le centre de la bande de Gaza. (Armée israélienne)
Ce faux véhicule de WCK avait été repéré dans les environs de Deir al-Balah « avec plusieurs terroristes armés à proximité qui représentaient une menace pour les soldats », a expliqué l’armée. Rapidement, un drone de l’armée de l’air israélienne a tiré sur eux.
Par ailleurs, à Deir al-Balah toujours, un drone israélien a pris pour cible plusieurs membres du Jihad islamique palestinien dans le centre de Gaza, lundi, a annoncé l’armée, sans plus de détails. Les médias palestiniens ont fait état d’une frappe à Deir al-Balah, lundi soir, qui a tué cinq personnes.
Les médias gazaouis ont rapporté mardi que la veille, les forces spéciales israéliennes à bord d’un minibus Volkswagen ont enlevé à Deir al-Balah un Palestinien qui pourrait être Ismail Abd al-Karim Khattab, et l’ont conduit dans le secteur du corridor de Kissufim, où les forces israéliennes sont stationnées, puis en Israël.
Selon des informations, des frappes intensives auraient été menées à Deir al-Balah au retour des soldats : ces frappes présumées, fort peu détaillées, n’ont pas été confirmées.
Par ailleurs, les soldats de la 188e brigade blindée, pris pour cibles par des tirs de mortier à Khan Younès, dans le sud de Gaza, ont demandé à un drone de l’armée de l’air israélienne de frapper le bâtiment à partir duquel les projectiles avaient été tirés, a annoncé l’armée israélienne en en diffusant des images.
כוחות צה"ל ממשיכים לפעול ברצועת עזה: כוחות צוות הקרב של חטיבה 188 השמידו מבנה ממנו שוגרו פצמ"רים לעבר כוחותינו
כוחות צה״ל בפיקוד הדרום ממשיכים לפעול בהכוונת אמ״ן ושב"כ נגד ארגוני הטרור ברחבי רצועת עזה.
כלי טיס של חיל האוויר תקפו אתמול במרחב דיר אל-באלח, בהכוונה מודיעינית של… pic.twitter.com/cLaPuC8NDG
— צבא ההגנה לישראל (@idfonline) August 12, 2025
Selon les informations données mardi par le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, 89 Palestiniens auraient été tués par des tirs israéliens ces dernières 24 heures. Témoins et membres des services de secours ont déclaré que les bombardements israéliens ont tué sept personnes dans deux maisons à Zeitoun, dans la banlieue de Gaza, et quatre autres dans un immeuble du centre-ville.
Dans le sud de Gaza, cinq personnes, dont un couple et leur enfant, ont été tuées par une frappe aérienne israélienne sur une maison de Khan Younès et quatre autres par une frappe sur un camps de tentes sur la côte, à Mawasi, ont précisé les membres des services de secours.
L’armée israélienne a fait savoir qu’elle vérifiait les informations faisant état de ces bombardements et rappelé que ses soldats prennent toutes les précautions nécessaires pour limiter les dégâts occasionnés aux populations civiles.
Le Hamas annonce la mort de cinq personnes des suites de la malnutrition
Le ministère de la Santé de Gaza a par ailleurs signalé la mort, de faim et de malnutrition, de cinq personnes, dont deux enfants, dans la bande de Gaza ces dernières 24 heures, ce qui porte selon lui à 227 – dont 103 enfants – le bilan humain lié à la faim depuis le début de la guerre.
Israël a déclaré mardi que le Hamas mentait sur les décès de Palestiniens dus à la malnutrition et que la plupart des personnes dont la mort avait été confirmée – une fraction du nombre signalé – avaient des problèmes de santé expliquant leur décès.
Israël nie l’existence d’une famine généralisée et assure faire le maximum pour que Gaza dispose de l’aide humanitaire dont elle a besoin. Mais sous la pression de la communauté internationale, le gouvernement a, il y a peu, considérablement augmenté les entrées de vivres, après avoir proscrit et bloqué toute forme d’aide pendant 11 semaines, entre mars et mai derniers.
Des avions venus des Émirats arabes unis, d’Allemagne, de Belgique, de France et d’Italie ont largué, mardi, 97 palettes d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, a fait savoir l’armée israélienne en précisant que chacune de ces palettes contenait près d’une tonne de nourriture.
Le ministre danois des Affaires étrangères a déclaré aux journalistes que son pays enverrait lui aussi un avion larguer de l’aide à Gaza.
Depuis le 26 juillet dernier, date à laquelle Israël a pris des mesures pour autoriser l’entrée de davantage d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, plus d’un millier de colis d’aide humanitaire ont été largués par avion dans la bande de Gaza par une dizaine de pays, dont Israël, explique l’armée. Les colis largués par l’armée israélienne provenaient d’ONG étrangères.
Toutefois, ces largages aériens ne représentent qu’une infime partie de l’aide acheminée à Gaza, surtout comparé aux convois terrestre. Ils présentent par ailleurs des risques pour la sécurité des civils, susceptibles d’être blessés par la chute des colis.
270 camions sont entrés à Gaza lundi, soit la moitié de ce que demande l’ONU quotidiennement
Au milieu des largages aériens, 300 camions transportant de l’aide humanitaire – soit la moitié de ce que recommande l’ONU pour chaque jour – sont entrés lundi dans la bande de Gaza par les points de passage de Kerem Shalom et Zikim, a indiqué le coordinateur israélien des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT).
Selon le COGAT, plus de 270 camions d’aide ont été pris en charge par l’ONU et d’autres organisations internationales avant leur distribution.
« En outre, des camions-citernes de carburant de l’ONU sont entrés dans Gaza pour ls besoins des machines humanitaires essentielles », a ajouté le COGAT.
L’Espagne a évacué de Gaza 44 enfants blessés ou malades ainsi qu’une centaine de leurs proches ces derniers mois, a annoncé mardi le gouvernement espagnol.
Quatre évacuation ont eu lieu en coordination avec des organisations internationales et des pays alliés, a expliqué dans un communiqué le ministère espagnol des Migrations, qui a dirigé ces opérations. Les enfants et leurs proches ont été accueillis en Espagne où ils recevront les traitements appropriés, a-t-il ajouté. Ces personnes pourront demander l’asile.
La ministre des Migrations, Elma Saiz, a ajouté que ces opérations étaient le signe que « la solidarité et la coopération internationale permettait de sauver des vies ».
Au sein de l’Union européenne, le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez est l’un des plus critiques de la guerre que mène Israël à Gaza.
La guerre a commencé le 7 octobre 2023, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont envahi Israël pour y tuer 1 200 personnes et faire 251 otages.
Les groupes terroristes de Gaza détiennent toujours 50 otages – vingt peut-être vivants et vingt-huit morts auxquels s’ajoutent deux otages pour lesquels le gouvernement se dit « trés préoccupé ».
Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 60 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats dans la bande de Gaza, sans que ce bilan puisse être vérifié ou fasse le distinguo entre civils et hommes armés. En janvier dernier, Israël revendiquait la mort de 20 000 hommes armés lors des combats sans compter les 1 600 terroristes tués en territoire israélien lors du pogrom du 7 octobre.
Israël assure faire en sorte de limiter les pertes civiles et rappelle que le Hamas utilise les civils de Gaza comme des boucliers humains en combattant depuis des zones civiles -maisons, hôpitaux, écoles et mosquées.
Côté israélien, le bilan humain de la guerre contre le Hamas à Gaza et dans les opérations militaires le long de la frontière avec l’enclave s’élève à 459, dont deux policiers et trois sous-traitants civils du ministère de la Défense.
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