US : Une auteure palestinienne s’en prend à Mamdani et qualifie les Juifs de « monstres »
Après la controverse autour de ses propos, le maire de New York annonce la création d’un bureau chargé de lutter contre les crimes de haine, qui visent majoritairement les Juifs
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Une controverse impliquant le maire de New York, Zohran Mamdani, s’est intensifiée après que l’auteure palestino-américaine Susan Abulhawa a qualifié les Juifs américains de « monstres » dans une interview récente.
La controverse a émergé la semaine dernière lorsque Rama Duwaji, l’épouse de Mamdani, a été identifiée comme illustratrice d’un ouvrage d’Abulhawa, connue pour ses antécédents d’antisémitisme.
Mamdani a affirmé par la suite que son épouse n’avait jamais rencontré Abulhawa, et qu’elle avait été engagée par l’intermédiaire d’un tiers. Il a également qualifié les propos passés d’Abulhawa de « répréhensibles ».
Dans une interview accordée à Briahna Joy Gray, ancienne porte-parole de la campagne présidentielle de Bernie Sanders en 2020, Abulhawa s’en est prise au maire, l’accusant d’instrumentaliser la cause palestinienne.
L’entretien, intitulé Zohran throws Palestinians under the bus after Zionist hitjob [« Zohran lâche les Palestiniens après une campagne de dénigrement sioniste »], critique vivement sa prise de distance.
« Il y a une tendance à utiliser la Palestine et la souffrance des Palestiniens, que ce soit pour se faire une réputation, pour en tirer un avantage politique ou pour toute autre raison », déclare Abulhawa à propos des propos de Mamdani, « puis à nous lâcher une fois l’objectif atteint. »
Plus tard dans l’interview, elle s’en prend aux Juifs américains.
« Les Juifs américains constituent le groupe démographique le plus privilégié de ce pays. Cela ne veut pas dire que certaines personnes n’aiment pas les Juifs parce qu’ils sont juifs, mais franchement, je pense que le ressentiment qu’ils ressentent aujourd’hui provient du fait que le monde entier voit le soi-disant État juif commettre un génocide », déclare Abulhawa.
« Nous ne pouvons ignorer le fait qu’il ne s’agit pas seulement des Israéliens, mais aussi des Juifs américains », en raison du soutien des Juifs américains à Israël, explique Abulhawa.
« Je n’ai tout simplement pas de mots assez forts pour décrire ce qu’ils font ni l’absence totale de conscience qu’ils manifestent », a-t-elle dit. « Je pense qu’aucun mot, aussi terrible soit-il, ne doit être épargné pour les décrire : ce sont des monstres. »
Dans ce contexte de controverse croissante, le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé jeudi la création d’un Bureau de la sécurité communautaire.
Ce dispositif constituait l’une des principales promesses de campagne de Mamdani, qui a indiqué qu’il serait chargé de lutter contre les crimes de haine, lesquels visent de manière disproportionnée les Juifs de la ville.
Le bureau apparaît toutefois nettement plus modeste que ce que Mamdani avait initialement promis pendant sa campagne.
Il s’était engagé à créer cet organisme sous la forme d’une agence municipale à part entière, mais le décret établit un bureau relevant directement du maire, une structure plus limitée.
Créé par décret, le bureau pourra en outre être révoqué par une future administration.
Mamdani avait également promis un budget de 1,1 milliard de dollars pour ce département. Le financement du bureau s’élève finalement à 260 millions de dollars et provient de redéploiements internes, sans apport de nouveaux fonds, rapporte le New York Times.
La ville est par ailleurs confrontée à un déficit budgétaire de plusieurs milliards.
Dans un premier temps, le bureau ne comptera que deux personnes, même si l’équipe de Mamdani affirme qu’il devrait être étoffé dans les mois à venir.
Mamdani a annoncé que Renita Francois, figure chevronnée de l’administration municipale et du secteur associatif, dirigerait le bureau en tant que maire adjointe chargée de la sécurité communautaire.
Le bureau adoptera « une approche pangouvernementale de la prévention de la criminalité et de la sécurité publique, incluant la prévention de la violence par arme à feu, la santé mentale, la prise en charge des addictions, la prévention des crimes de haine, les services aux victimes et la sécurité dans le métro », indique son équipe.
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