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1 200 stars d’Hollywood dénoncent l’appel de l’industrie au boycott d’Israël

Des dirigeants de l'industrie du divertissement américain ont signé une lettre pour dénoncer des appels au boycot du cinéma israélien qu'ils estiment "enraciné dans un fond antisémite"

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

De gauche à droite : L'acteur américain Liev Schreiber assiste à la première de « Caught Stealing » au Regal Union Square à New York le 26 août 2025. (ANGELA WEISS / AFP) ; L'actrice et neuroscientifique américaine Mayim Bialik assiste au photocall du film « Father Mother Sister Brother » présenté en compétition au 82e Festival international du film de Venise le 31 août 2025. (Tiziana FABI / AFP) ; Gene Simmons assiste à la projection spéciale de « The Strangers : Chapter 2 » à AMC Century City 15 le 16 septembre 2025 à Los Angeles, en Californie. (Jon Kopaloff/Getty Images pour Lionsgate/AFP) ; Debra Messing assiste à la première de « My Mom Jayne : A Film by Mariska Hargitay » lors du Festival de Tribeca 2025 au Carnegie Hall le 13 juin 2025 à New York. (Dimitrios Kambouris/Getty Images pour le Festival de Tribeca/AFP
De gauche à droite : L'acteur américain Liev Schreiber assiste à la première de « Caught Stealing » au Regal Union Square à New York le 26 août 2025. (ANGELA WEISS / AFP) ; L'actrice et neuroscientifique américaine Mayim Bialik assiste au photocall du film « Father Mother Sister Brother » présenté en compétition au 82e Festival international du film de Venise le 31 août 2025. (Tiziana FABI / AFP) ; Gene Simmons assiste à la projection spéciale de « The Strangers : Chapter 2 » à AMC Century City 15 le 16 septembre 2025 à Los Angeles, en Californie. (Jon Kopaloff/Getty Images pour Lionsgate/AFP) ; Debra Messing assiste à la première de « My Mom Jayne : A Film by Mariska Hargitay » lors du Festival de Tribeca 2025 au Carnegie Hall le 13 juin 2025 à New York. (Dimitrios Kambouris/Getty Images pour le Festival de Tribeca/AFP

Plus de 1 200 dirigeants de l’industrie du divertissement ont signé jeudi une lettre ouverte en soutien à Israël et en opposition aux artistes qui, il y a de cela deux semaines, ont lancé un appel au boycott de l’industrie cinématographique israélienne, selon eux « impliquée dans le génocide et l’apartheid » à Gaza.

Publiée le 8 septembre, cette lettre de boycott, progressivement passée de 1 800 à 4 000 signatures, cite des institutions culturelles israéliennes, à commencer par de grands festivals de films israéliens tels que le Festival du film de Jérusalem, le Festival international du film de Haïfa, Docaviv ou encore Cinema South.

Les institutions dont le boycott est demandé sont, selon cette lettre, impliquées dans le « blanchiment ou la justification du génocide et de l’apartheid » ou proches du gouvernement israélien.

Selon la lettre, que l’on doit au groupe Film Workers for Palestine, l’idée est venue de cinéastes s’étant, à l’époque, opposés à la projection de leurs oeuvres dans une Afrique du Sud en proie à l’apartheid.

Paramount a été le premier studio à condamner cette lettre de boycott, au bout de quelques jours.

Et aujourd’hui, un peu plus de deux semaines plus tard, c’est l’organisation à but non lucratif de l’industrie du divertissement Creative Community For Peace (CCFP), en partenariat avec l’organisation de base la Brigade, un réseau hollywoodien de défense des droits juifs, qui publie une lettre contre le boycott avec des signataires comme Liev Schreiber, Mayim Bialik, Gene Simmons, Debra Messing, Sharon Osbourne, Greg Berlanti, Jerry O’Connell, Howie Mandel, Jennifer Jason Leigh, Lisa Edelstein, Erin Foster, Anthony Edwards, Rebecca De Mornay, Sherry Lansing et Haim Saban.

L’actrice Jennifer Jason Leigh prend la parole lors de la cérémonie d’ouverture du 41e Festival du film de Jérusalem, le 18 juillet 2024. (Avec l’aimable autorisation de Sivan Parag)

« Lorsque des artistes boycottent d’autres artistes sur la seule base de leur pays d’origine, c’est une discrimination flagrante et la trahison de notre mission de raconteurs d’histoires », a expliqué l’actrice Debra Messing dans un communiqué du CCFP.

« L’histoire des boycotts contre les Juifs nous enseigne qu’ils sont depuis longtemps l’apanage des régimes autoritaires – en se joignant à cet effort, ces artistes s’alignent consciemment ou non sur un sombre héritage antisémite. »

L’actrice Mayim Bialik a ajouté que le boycott des cinéastes, studios, sociétés de production et personnes « simplement parce qu’ils sont israéliens ne fait que nourrir les divisions et contribuer à une inquiétante culture de la marginalisation » et que «

Ari Ingel, directeur exécutif du CCFP, a déclaré que l’organisation avait attendu la fin de Rosh HaShana pour publier sa propre lettre.

« Mais que ce soit bien clair – il y a un rejet fort et généralisé de l’appel au boycott à Hollywood », a écrit Ingel au Times of Israel. « Certes, ils font du bruit – grâce à l’activisme de certains membres de la communauté anti-Israël – mais Hollywood dans l’ensemble soutient ses pairs de la communauté cinématographique israélienne. »

La lettre du CCFP explique que « l’appel diffusé sous la bannière de « Film Workers for Palestine » n’est en rien révélateur d’un cas de conscience. C’est un document de désinformation qui prône une censure arbitraire, au mépris de l’art. »

« Censurer les voix mêmes qui tentent de trouver un terrain d’entente et d’exprimer leur humanité est erroné et inefficace, sans compter qu’il relève de la punition collective », écrit la CCFP.

« Nous savons que nombre d’entre vous sont mus par les meilleures intentions et croient œuvrer pour la paix. Mais vos noms sont instrumentalisés, utilisés comme des armes, sur fond de mensonges et de discriminations. Cet appel ne dit rien des voix dissidentes israéliennes, légitime les mensonges et dégage le Hamas de toute responsabilité. »

« Si vous voulez la paix, appelez à la libération immédiate des derniers otages. Soutenez les cinéastes qui œuvrent en faveur du dialogue entre les communautés. Opposez-vous au Hamas. Laissez l’art dire la vérité. »

Le producteur de films israélo-américain Avi Arad, portant un ruban jaune en signe de solidarité avec les otages détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza, assistant à la 96e cérémonie annuelle des Oscars, au Dolby Theatre, à Hollywood, en Californie, le 10 mars 2024. (Crédit : Frederic J. Brown / AFP)

Cette lettre rappelle que l’industrie cinématographique israélienne est à l’origine d’œuvres récompensées qui parlent des Palestiniens et des Juifs. Elle ajoute que la communauté cinématographique israélienne est « active, volontiers polémique et indépendante, avec des réalisateurs qui défient les ministres et des festivals – ciblés par le boycott d’Hollywood – qui mettent régulièrement à l’honneur des voix dissidentes ».

Dans la partie « Questions fréquentes » de la lettre de boycott, on peut lire que « la grande majorité des sociétés de production et distribution de films, agents, cinémas et autres institutions cinématographiques israéliennes n’ont jamais approuvé les droits pleinement reconnus et internationalement reconnus du peuple palestinien ».

Il y a une dizaine de jours, le ministre israélien de la Culture et des Sports a annoncé que la cérémonie des Ophir Awards 2026 ne bénéficierait d’aucune subvention publique après l’octroi du prix du meilleur film à « The Sea », un film consacré à un garçon palestinien de 12 ans.

Extrait de « The Sea », le film récompensé de Shai Carmeli-Pollak, lauréat d’un prix Ophir en 2025 (Autorisation)

Le film a été produit avec le soutien du Fonds pour le cinéma israélien, un fonds public qui a pour mission de venir en aide aux artistes sans considération de leur bord politique.

Selon les indications données à Variety par le porte-parole de Film Workers for Palestine, le groupe à l’origine du boycott international des institutions cinématographiques israéliennes, le Fonds pour le cinéma israélien est désormais complice.

La semaine dernière, le réalisateur français Michel Gondry a annulé la projection de son film d’animation, « Maya, Give Me a Title », lors du Festival Cinema South in Israël, prévu en novembre prochain, à l’instar d’autres films. eux aussi retirés de l’affiche, ont annoncé dimanche les organisateurs du festival.

Israël fait face à de plus en plus de boycotts en raison de la guerre qui, depuis maintenant près de deux ans, l’oppose au Hamas à Gaza, guerre déclenchée par le pogrom commis le 7 octobre 2023 par le groupe terroriste, au cours duquel 1 200 personnes ont été tuées et 251 prises en otages. Cette guerre a entraîné le déplacement d’une grande partie de la population de Gaza, sans compter les morts et souffrances dans la bande de Gaza.

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