2,6 millions d’élèves font leur rentrée scolaire malgré la pénurie d’enseignants
L'école primaire et la maternelle de Metula ouvrent leurs portes pour la première fois depuis octobre 2023
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Quelque 2,6 millions d’élèves et d’enfants de maternelle ont fait leur rentrée mardi matin dans tout le pays, dans environ 28 000 établissements. Ce chiffre comprend environ 180 000 élèves de CP.
« Nous ouvrons cette année scolaire avec un grand sens des responsabilités et un objectif clair : renforcer le sentiment d’appartenance et la résilience des élèves israéliens, approfondir leur identité, leurs valeurs et leur patrimoine, tout en leur fournissant les connaissances et les outils qui leur permettront de devenir des leaders et de réussir dans un monde en mutation rapide », a déclaré le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, à la veille de la rentrée scolaire.
Toutefois, l’enseignement national est également confronté à de nombreux défis : une étude récente a révélé que les enseignants israéliens obtiennent des résultats nettement inférieurs à ceux de leurs homologues de l’OCDE en lecture, en calcul et en résolution de problèmes, à tous les niveaux du système scolaire.
On constate également une pénurie d’enseignants compétents. Le Bureau central des statistiques (CBS) a récemment estimé qu’il manquait aux écoles quelque 31 000 enseignants qualifiés pour dispenser les matières qui leur ont été attribuées. Le ministère de l’Éducation a, quant à lui, insisté sur le fait qu’il ne manquait que quelques centaines d’enseignants.
Dans un récent sondage publié par la chaîne N12, 68 % des personnes interrogées ont attribué la note « médiocre » au système scolaire, contre 25 % qui ont estimé qu’il fonctionnait bien.
Pour la première fois cette année, les élèves de 3ᵉ suivront des cours « d’éducation financière », destinés à leur donner de meilleurs outils pour gérer leurs finances à l’âge adulte. Ces cours porteront notamment sur la consommation, les investissements, la gestion d’un budget et bien d’autres sujets.
Les communautés dévastées reprennent le chemin de l’école
L’Autorité Tekuma, chargée de la remise en état de la frontière avec Gaza à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, a annoncé lundi que la nouvelle année scolaire débuterait dans les communes frontalières de Gaza avec 22 233 élèves, soit une augmentation de 9 % par rapport au début de l’année scolaire 2023, un mois avant l’assaut barbare et sadique.
Parmi eux, 4 553 sont des enfants âgés de 0 à 3 ans, 3 965 sont en maternelle et 13 715 sont scolarisés du CP à la terminale.
Dans la ville de Sderot, les effectifs scolaires ont augmenté de 16 %, a indiqué Tekuma.
Cette augmentation reflète le retour progressif des habitants dans leurs foyers après de longues périodes passées dans des logements provisoires, le temps que leurs communautés soient rénovées et reconstruites.
Plus de 95 % des habitants du kibboutz Kissufim sont rentrés chez eux cet été, et ceux des kibboutz Holit et Kfar Aza ont commencé à revenir ce mois-ci. Les jeunes du kibboutz Beeri, qui vivent toujours dans des logements provisoires au kibboutz Hatzerim, retournent étudier dans les écoles du Conseil régional d’Eshkol. Les habitants de Beeri devraient commencer à rentrer chez eux en décembre.
Le kibboutz Nir Oz, dont le plan de financement n’a été approuvé qu’en août 2025, ne sera réintégré qu’en 2027.
Au nord, où les villes et les villages ont été largement dévastés par des années de guerre contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, certaines écoles ont rouvert leurs portes pour la première fois depuis 2023, notamment dans la ville frontalière de Metula, qui a rouvert son école primaire Hanadiv avec 36 élèves de la CP à la 6ᵉ et 18 en maternelle.
« C’est une très bonne nouvelle », a déclaré le maire David Azoulay au Times of Israel alors qu’il se tenait à l’entrée de l’école pour accueillir les élèves, les parents et les enseignants.
Metula est la localité la plus septentrionale d’Israël, située près de la frontière libanaise. La ville a été le théâtre de violents combats au cours des trois dernières années.
Un porte-parole de Metula a indiqué qu’environ 65 % des habitants de cette ville, située à la frontière israélo-libanaise, étaient de retour.
« Quand j’allais à l’école ici dans les années 1980, nous étions 17 enfants par classe », a indiqué Shimon Gino, un avocat qui a grandi à Metula, au Times of Israel. Il a ajouté que son épouse et ses quatre enfants étaient revenus après avoir été évacués pendant la guerre.
« L’une de mes filles a commencé le CP pendant la pandémie de COVID, puis elle a traversé la guerre dans deux écoles différentes. Maintenant, elle est de retour ici. Ça ne sera pas facile, mais les enfants savent s’adapter. Ils sont très enthousiastes. »
La police assure la sécurité d’une école laïque de Jérusalem prise pour cible par des extrémistes haredim
À Jérusalem, la police devait assurer la sécurité d’une nouvelle école laïque qui ouvre ce mardi dans le quartier de Kiryat Yovel, après que des extrémistes ultra-orthodoxes ont manifesté devant l’établissement lundi soir.
Des dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’école, ont griffonné « Halte à l’immodestie » sur les murs, ont recouvert les fenêtres d’autocollants portant des slogans contre l’enrôlement dans l’armée israélienne et ont laissé de la peinture et des déchets près du portail d’entrée, selon le site d’information Ynet.
המתיחות סביב המרחב הציבורי בירושלים עולה מדרגה: אחרי המחאות בקפה בסטמה וחסימת האוטובוסים בכניסה לעיר, הערב חרדים קיימו עצרת מחאה מול בית ספר ממלכתי חדש, שצפוי לפתוח מחר את שעריו בשכונת קריית יובל. pic.twitter.com/EGI0q3wcf7
— לירן תמרי | Liran Tamari (@liran__tamari) August 31, 2026
L’article cite un communiqué envoyé par l’école aux parents, indiquant qu’en raison de ces actes de vandalisme, la police assurerait la sécurité des lieux.
L’ouverture de ces nouvelles écoles intervient dans un contexte de conflits de longue date entre citoyens laïcs et ultra-orthodoxes au sujet de l’éducation, notamment à Jérusalem, qui compte des centaines de milliers de Juifs haredim.
Grève dans les écoles privées de Jérusalem-Est
Ailleurs dans la capitale, des dizaines d’écoles privées de Jérusalem-Est se sont mises en grève mardi et n’ont pas ouvert leurs portes pour la rentrée scolaire, afin de protester contre ce qu’elles qualifient d’incapacité d’Israël à autoriser les enseignants de Cisjordanie à entrer à Jérusalem-Est pour travailler dans ces établissements. La grève devrait se poursuivre jusqu’à nouvel ordre.
Ces établissements accueillent quelque 15 000 élèves, selon les données d’Ir Amim, une organisation qui suit de près l’évolution de la situation à Jérusalem-Est. Il s’agit, pour la plupart, d’écoles chrétiennes gérées par des églises et d’autres institutions chrétiennes. Ces établissements sont considérés comme prestigieux au sein de la société arabe en Israël en général, et à Jérusalem en particulier.
Au cours des trois dernières années, depuis le 7-Octobre, les rapports faisant état des difficultés rencontrées par les enseignants palestiniens de Cisjordanie cherchant à se rendre à Jérusalem pour travailler se sont multipliés, dans un contexte de restrictions généralisées concernant la délivrance et le renouvellement des permis d’entrée pour les résidents de Cisjordanie. Début janvier 2026, plusieurs écoles privées de Jérusalem-Est avaient organisé une grève d’une journée pour protester contre le non-renouvellement des permis d’enseignement des professeurs résidant en Cisjordanie.
Une loi entrée en vigueur en février 2026 interdit aux titulaires de diplômes délivrés par des établissements d’enseignement supérieur de l’Autorité palestinienne (AP) d’exercer la profession d’enseignant dans les écoles israéliennes, y compris les écoles privées.
Toutefois, cette loi exempte les enseignants qui étaient déjà en poste avant son entrée en vigueur, ainsi que ceux qui avaient validé au moins une année de leurs études avant celle-ci.
Les écoles municipales de Jérusalem-Est ont ouvert leurs portes comme d’habitude mardi.
Une ville du nord rend hommage à une fillette disparue
Par ailleurs, un collège de Migdal HaEmek a marqué le premier jour de l’année scolaire 2026-2027 en rendant hommage à Haymanut Kasau, qui a disparu alors qu’elle avait 9 ans d’un centre d’accueil à Safed il y a plus de deux ans et qui n’a toujours pas été retrouvée.
"במקום שהיימנוט תעלה לכיתה ו', משפחתה מחכה בציפייה כואבת": תלמידי קמפוס שיא במגדל העמק פתחו את שנת הלימודים בהפרחת בלונים בזעקה ובתקווה למציאתה של היימנוט קסאו, שנעדרת כבר שנתיים וחצי @lirankog
צילום: דוברות עיריית מגדל העמק pic.twitter.com/cTCOeSBuEW— כאן חדשות (@kann_news) September 1, 2026
Les élèves de la future classe de 6ᵉ, que Kasau aurait dû intégrer, se sont réunis avec leurs enseignants pour prier pour son retour sain et sauf, et ont lâché des dizaines de ballons rouges en mémoire de leur camarade portée disparue.
Le maire de cette ville du nord, Yaki Ben Haïm, a participé à la cérémonie organisée à l’école, où il a déclaré : « Toute la ville de Migdal HaEmek soutient la famille Kasau et lui apporte sans relâche tout son soutien. Ensemble, nous adressons une prière pleine de foi pour que Haymanut rentre rapidement chez elle saine et sauve. »
Kasau a été vue pour la dernière fois le 25 février 2024 à Safed, sur des images de vidéosurveillance prises à 19 h 45, en train de distribuer des tracts pour les élections municipales avec ses amis devant le centre d’intégration de l’Agence juive, où elle vivait depuis l’arrivée de sa famille en Israël, trois ans auparavant.
Depuis lors, aucune piste concrète ni aucun progrès n’ont permis de déterminer comment elle a disparu, qui était impliqué ou où elle a été emmenée. L’agence de sécurité intérieure du Shin Bet s’est depuis jointe aux efforts de recherche, bien plus de deux ans après sa disparition.
Par ailleurs, le parti Otzma Yehudit du ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a fait savoir qu’à l’occasion de la rentrée scolaire, plusieurs centaines de ses militants avaient distribué un livre pour enfants relatant son mandat devant des dizaines d’écoles de tout le pays.
Intitulé « HaSar SheLo Atzar » (Le ministre qui ne s’est pas arrêté), cet ouvrage contient notamment une caricature dans laquelle on voit la procureure générale Gali Baharav-Miara, en colère, insulter Ben Gvir ; il présente également les députés arabes Ahmad Tibi et Mansour Abbas comme des « ennemis de l’intérieur », à l’instar des « ennemis de l’extérieur » que sont l’Iran et le Hezbollah.
Rédigé en vers, l’ouvrage vante en outre les mérites de Ben Gvir pour avoir étendu le droit de posséder des armes à feu aux particuliers, favorisé la création d’escouades civiles de sécurité, réussi à faire adopter une loi instaurant la peine de mort pour les terroristes palestiniens, ainsi que pour les efforts accrus qu’il a déployés pour obtenir la destruction des constructions érigées sans permis par des Bédouins dans le Neguev.
Ben Gvir lui-même participera dans la soirée de mardi à un congrès de son parti à Netanya durant lequel il lancera officiellement son livre, a annoncé Otzma Yehudit.
קצת לפני שמשיקים מחר את הספר באופן רשמי, שולח לכם גרסא מיוחדת ומונפשת של השר שלא עצר, צפיה מהנה…
עופר רוזנבאום pic.twitter.com/gbB4dHIlkH
— ????????✡️????????SELECTIVIT ????????✡️???????? (@selectivit) September 1, 2026
Noam Sohlberg, président de la Commission centrale électorale et vice-président de la Cour suprême, a rejeté cette nuit un recours qui avait été déposée par le Mouvement pour un gouvernement de qualité afin de faire interdire la distribution de cet ouvrage.
Selon la chaîne publique d’information Kan, les parents d’élèves d’une école publique laïque de Jérusalem ont alerté la municipalité et la police au sujet de militants qui avaient installé ce matin un stand devant l’établissement pour distribuer cet ouvrage. La chaîne n’a toutefois pas précisé si les autorités avaient donné suite à ces signalements.
Une mère présente devant l’établissement a déclaré à Kan que ce jour de rentrée scolaire « aurait dû être un moment de joie, mais au lieu de cela, les enfants arrivent et découvrent un stand prônant la haine ».
la Communauté du Times of Israël !







