4 films sur le conflit israélo-palestinien en lice pour les Oscars
La liste des Oscars comprend « Palestine 36 », sur la révolte pendant le mandat britannique, et « Voice of Hind Rajab », sur une fillette de Gaza tuée pendant la guerre ; un film sur une otage israélienne est nominé dans la catégorie Meilleur documentaire
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Quatre films liés au conflit israélo-palestinien ont été présélectionnés pour les Oscars cette année, tandis qu’un autre, « The Sea », produit en Israël, qui raconte l’histoire d’un garçon palestinien de Cisjordanie qui tente de se rendre pour la première fois à la mer, a été laissé de côté.
« Palestine 36 », un drame historique controversé sur la révolte arabe de 1936-1939 contre le mandat britannique, a été sélectionné pour représenter la Palestine dans la catégorie Meilleur film international.
Ce film épique de deux heures suit un jeune garçon originaire du milieu rural qui trouve un emploi à Jérusalem dans un journal centriste et se radicalise sous l’influence de l’administration coloniale britannique. Avec l’augmentation de l’immigration juive en provenance d’Europe et les villageois palestiniens inquiets de perdre encore plus de terres, le soutien arabe à la révolte armée contre les Britanniques s’intensifie. Le film détaille la répression britannique lancée pour contenir la violence.
Le film a été tourné principalement en Jordanie et en Cisjordanie dans l’année qui a suivi l’attaque du groupe terroriste Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Il s’est présenté comme « le seul film tourné en Palestine au cours des deux dernières années ».
Il a été ovationné pendant 20 minutes au Festival du film de Toronto.
Le film tunisien « The Voice of Hind Rajab », qui raconte l’histoire d’une fillette palestinienne de cinq ans tuée pendant la guerre actuelle entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, figure également sur la liste internationale des finalistes.
Le film, qui met en scène les efforts déployés par les dispatchers du Croissant-Rouge palestinien dans le centre de la Cisjordanie pour envoyer de l’aide à Rajab à Gaza, utilise l’enregistrement audio réel de l’appel téléphonique de la fillette, dans lequel elle implore de l’aide, entourée des corps de ses proches décédés.
La Société du Croissant-Rouge palestinien a accusé Israël d’avoir délibérément pris pour cible une ambulance qu’elle avait envoyée pour secourir Rajab.
Israël a rejeté cette accusation, affirmant qu’une enquête avait révélé qu’aucune troupe israélienne n’était présente à proximité du véhicule où le corps de Rajab a été retrouvé, et qu’il n’avait pas été nécessaire de prendre des dispositions particulières pour que l’ambulance vienne la chercher.
Un article du Washington Post publié après la déclaration de l’armée israélienne a révélé que des véhicules blindés israéliens opéraient en fait dans la région à ce moment-là, et que les coups de feu entendus dans les enregistrements du Croissant-Rouge correspondaient aux armes de l’armée israélienne.
Le film « The Sea », un drame en hébreu et en arabe écrit et réalisé par l’Israélien Shai Carmeli-Pollak, n’a pas été retenu dans la sélection finale des Oscars.
Ce film, qui a été présenté en avant-première au Festival du film de Jérusalem, a remporté le prix du meilleur film aux Ophir Awards, considérés comme l’équivalent israélien des Oscars, et a représenté Israël dans la catégorie du meilleur film international lors de la compétition américaine.
La victoire du film au début de l’année a incité le gouvernement à déclarer qu’il cesserait de financer les Ophir Awards, annonçant une cérémonie de remise de prix alternative pour les films « qui racontent notre histoire ».
« The Sea » retrace le voyage de Khaled, 12 ans, qui souhaite se rendre à la mer pour la première fois — un défi compte tenu de l’obligation pour les Palestiniens de Cisjordanie d’obtenir un permis d’entrée en Israël — après que des soldats l’ont empêché de se rendre en Israël lors d’un voyage scolaire.
Dans le film, Khaled est refoulé à un poste de contrôle tandis que le reste de sa classe poursuit son excursion à la mer. Déçu, il décide de se rendre à la mer par ses propres moyens. Le film suit son périple, ainsi que celui de son père, qui part à la recherche de son fils lorsqu’il se rend compte que celui-ci a disparu.
La catégorie « Meilleur documentaire » des Oscars compte deux films israéliens cette année.
L’un d’eux, « Holding Liat », retrace la lutte pour obtenir la libération de Liat Beinin Atzili, une Israélienne née aux États-Unis qui a été kidnappée chez elle, dans le kibboutz Nir Oz, par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023, et retenue captive à Gaza pendant près de deux mois.
Atzili, guide touristique au mémorial de la Shoah en Israël, a été libérée le 29 novembre 2023, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu temporaire négocié par le Qatar et les États-Unis entre le Hamas et Israël. Son mari Aviv a été assassiné le 7-Octobre.
L’autre film israélien dans la catégorie documentaire, « Coexistence, My Ass! », suit l’activiste et comédienne israélienne Noam Shuster alors qu’elle prépare un spectacle solo sur son expérience de vie dans le village de paix de Neve Shalom en Israël.
Fondé en 1969 par Bruno Hussar, un moine chrétien né juif en Égypte, Neve Shalom vise à favoriser le dialogue entre Juifs et Arabes. Une dizaine de familles juives et arabes vivent dans le village. Son école utilise à la fois l’arabe et l’hébreu comme langues d’enseignement.
Le film, tourné entre 2019 et 2024, retrace l’expérience de Shuster pendant la période des attaques terroristes du Hamas et le début de la guerre qui a suivi.
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