80 000 fidèles musulmans à Al-Aqsa au premier vendredi du ramadan
Ben Gvir est monté sur le Mont du Temple avant la prière du vendredi, déclarant qu'il ne tolérera pas les troubles à la paix ; malgré les tensions, la prière s'est déroulée sans incident
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Environ 80 000 fidèles musulmans, dont plusieurs milliers de Palestiniens de Cisjordanie, se sont rassemblés à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple à Jérusalem pour la toute première prière du vendredi midi du ramadan – une prière qui s’est déroulée dans le calme et sous haute sécurité.
Chaque année, pendant le mois sacré de l’islam – il a commencé mercredi, cette semaine – les musulmans d’Israël et de Cisjordanie envahissent les rues étroites de la Vieille ville de Jérusalem, où des milliers de policiers ont été déployés par crainte d’éventuelles troubles sur ce lieu saint qui a souvent été le théâtre de violences.
Le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’est rendu sur le site avant les prières, avertissant que tous ceux qui tenteront de troubler la paix seront « passés à tabac ».
Le Waqf islamique de Jérusalem, l’autorité jordanienne qui administre le site, a déclaré que 80 000 personnes étaient présentes. L’année dernière, 90 000 personnes avaient assisté à la première prière du vendredi. Toutefois, avant la guerre qui avait éclaté en 2023, les fidèles se comptaient par centaines de milliers.
Les autorités israéliennes ont annoncé qu’environ 8 500 Palestiniens de Cisjordanie autorisés à prier à Al-Aqsa avaient franchi les points de contrôle pour se rendre à Jérusalem. Comme l’année dernière, Israël a limité à 10 000 le nombre de fidèles palestiniens de Cisjordanie autorisés à participer à la prière hebdomadaire du vendredi.
Seuls les hommes âgés de 55 ans et plus, les femmes âgées de 50 ans et plus et les enfants de 12 ans et moins – accompagnés d’un parent au premier degré – sont autorisés à assister aux prières à à la mosquée Al-Aqsa. Ces restrictions s’appliquent uniquement aux Palestiniens de Cisjordanie.
Les fidèles ont afflué dans la Vieille ville tout au long de la matinée – un grand nombre portaient des tapis de prière – tandis que les commerçants vendaient des jouets, du pain et des sucreries aux passants. Une fois les prières terminées, la foule qui s’était rassemblée dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa s’est dispersée.
De nombreux barrages routiers tenus par des agents de la police des frontières ont été mis en place dans toute la zone après la fin des prières, ce qui a amené bon nombre de ceux qui sortaient à emprunter la porte des Lions, l’entrée la plus à l’est de la Vieille ville.
Ezaldeen Mustafah, un Palestinien de Cisjordanie, a fait partie de ceux qui ont déploré ces restrictions.
« Nous avons besoin de plus de monde », a dit Mustafah.
Vendredi, certains Palestiniens de Cisjordanie ont déclaré avoir été refoulés à l’entrée de Jérusalem alors qu’ils avaient pourtant un permis.
Jihad Bisharat a raconté qu’on lui avait dit que son permis avait été annulé et qu’il avait été renvoyé.
L’armée israélienne n’a pas répondu à notre demande de commentaire.
Des milliers d’agents de la police du district de Jérusalem et de la police des frontières ont été déployés dans toute la Vieille ville et dans ses environs. La police a expliqué que Ben Gvir, qui supervise l’application de la loi dans le cadre de ses fonctions ministérielles, avait procédé à une « évaluation de la situation » sur le site, dans la matinée.
« Bien sûr, il y a la liberté de culte et ceux qui veulent prier, ahlan wa’sahlan. Ceux qui viendront troubler la paix, nous les passerons à tabac », a indiqué le ministre d’extrême droite dans un message qui annonçait sa visite, utilisant un terme qui signifie « bienvenue » en arabe.
« Grâce à la dissuasion, nous parvenons à gouverner », a-t-il écrit. « Grâce à la dissuasion, les gens ne font pas de bêtises, et c’omme ça que les choses doivent être et ça devra continuer ainsi ».
Le mont du Temple est le site le plus sacré du judaïsme qui abritait les anciens temples bibliques. Les musulmans appellent ce site le Noble Sanctuaire. Aujourd’hui, il abrite la mosquée Al-Aqsa, le troisième lieu le plus saint de l’islam, et le sanctuaire emblématique du Dôme du Rocher.
Le site a été le théâtre de violences, en particulier avec les foules importantes qui s’y rassemblent pendant le ramadan. Il y a eu des affrontements entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes au fil des ans, le Hamas utilisant sa symbolique religieuse comme moyen de rallier des soutiens.
la Communauté du Times of Israël !







