À Bergerac, le RN refuse une école au nom d’une rescapée de la rafle du Vel d’Hiv
Irène Sapir, 89 ans, dénonce une opposition liée à ses opinions politiques et à ses origines juives
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Selon le site d’information Ici, le 30 septembre, lors d’un vote du conseil municipal de Bergerac (Dordogne), les trois élus du Rassemblement national (RN) ont voté contre une proposition du maire du Parti socialiste (PS), Fabien Ruet, de donner à une école de la ville le nom d’Irène Sapir, rescapée de la rafle du Vel d’Hiv.
La délibération a été adoptée avec toutes les autres voix de l’assemblée. L’école du Bout de Vergnes est donc officiellement rebaptisée école Irène Sapir, du nom de cette Bergeracoise de 89 ans.
« C’est l’une des femmes les plus courageuses de cette ville », a souligné Fabien Ruet, qui a dit vouloir lui rendre « hommage de son vivant ».
Irène Sapir a été arrêtée enfant lors de la rafle du Vel d’Hiv. Elle a par la suite fait carrière comme enseignante, puis a siégé pendant trente ans au conseil municipal de Bergerac. Elle s’est aussi engagée dans le travail de mémoire et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, notamment auprès des élèves.
Face au vote des élus RN, Irène Sapir a affirmé ne pas être surprise. « C’est la démonstration que le RN est un parti qui rejoint ce contre quoi j’ai toujours lutté », a-t-elle déclaré. « Ma première tare, c’est d’être communiste. Ma deuxième tare, c’est d’être juive. »
Elle s’est également interrogée sur la position d’un élu RN : « Pourquoi ce jeune homme [Christian Gérard, l’un des conseillers municipaux RN] fait-il cela ? Il ne me connaît pas. Ce qu’il sait de moi, c’est que je suis communiste, et que je suis d’origine juive, rescapée d’un massacre immonde. S’il était vraiment républicain, il aurait voté pour. »
Les élus RN invoquent, pour tenter de se justifier, le militantisme communiste d’Irène Sapir et son refus de leur serrer la main lors des cérémonies officielles.
Christian Gérard a affirmé : « Nous respectons totalement la vie de madame Sapir. » Selon lui, le groupe avait d’abord envisagé de s’abstenir, par principe, avant de voter contre. Il a estimé que l’école « ne peut pas porter le nom d’une militante politique ». « Le communisme, c’est des dizaines de millions de morts. Et nous condamnons toutes les dictatures, tous les totalitarismes », a-t-il ajouté.
L’élu a également mis en avant le refus d’Irène Sapir de serrer la main des élus du RN. « C’est refuser le verdict des urnes : derrière nos élus, il y a des milliers d’électeurs. » Il a enfin soutenu que « l’usage républicain veut que l’on donne un nom à titre posthume ».
« Qu’on soit bien clair : on aurait voté pour si madame Sapir n’avait pas mené ce combat », a insisté Christian Gérard, qui semblait vouloir écarter l’idée que ce refus soit lié aux origines juives d’Irène Sapir plutôt qu’à ses opinions politiques. Il a contesté tout lien entre le vote et ses origines, en assurant que son parti partageait lui aussi le combat contre l’antisémitisme, alors que le site Mediapart a révélé des messages antisémites de son président Jordan Bardella.
Parmi ces conversations, plusieurs propos antisémites, comme « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur » ou « Les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts français ».
Le parti d’extrême-droite est en tête des intentions de vote pour la présidentielle de 2027.
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