À Kiev, Saar lance un dialogue stratégique avec l’Ukraine sur la menace iranienne
Le ministre des Affaires étrangères loue les « liens particuliers » entre Israël et l'Ukraine et rencontre un soldat qui a perdu sa famille dans l'attaque iranienne contre Bat Yam
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est arrivé mardi à Kiev pour une visite officielle de deux jours. À cette occasion, il a annoncé, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ukrainien Andrii Sybiha, le lancement d’un dialogue stratégique entre Israël et l’Ukraine, centré sur la menace iranienne.
Ce déplacement faisait suite à sa participation, la veille, à une réunion ministérielle de l’Union européenne à Bruxelles. Il s’agit de la visite la plus importante d’un haut responsable israélien en Ukraine depuis celle d’Eli Cohen – prédécesseur de Saar et aujourd’hui ministre de l’Énergie – en février 2023.
La visite a été marquée par de nombreux gestes de solidarité entre Saar et les dirigeants ukrainiens, dont le président Volodymyr Zelensky, ainsi que par des échanges approfondis sur la coopération en matière de défense.
Lors de la conférence de presse, Saar a fermement condamné les frappes russes visant des civils, appelant à une « paix réelle et durable qui garantisse la sécurité de l’Ukraine ».
« Israël et l’Ukraine partagent un lien particulier », a-t-il ajouté. « Nos deux peuples traversent une période difficile et pleine de défis. Nous sommes tous deux confrontés à la guerre et à la douleur. Et nous sommes tous deux des nations résilientes. »
Il a ensuite mis en lumière les liens entre la Russie et l’Iran, soulignant que Moscou avait utilisé des drones iraniens dans sa guerre contre l’Ukraine, lancée en février 2022.
L’annonce de la reprise de ce dialogue a réactivé un mécanisme de consultation gelé depuis le début de l’invasion russe, a précisé l’ambassadeur d’Ukraine en Israël, Yevgen Korniychuk, au Times of Israel.
« L’Iran sera au cœur des priorités pour un avenir prévisible », a déclaré Korniychuk. « Nous avons été visés par les mêmes drones. Nous avons les mêmes ennemis. »
Il a précisé que les deux pays s’efforceraient d’empêcher toute coopération entre leurs adversaires communs et de promouvoir de nouvelles sanctions à leur encontre.
La prochaine étape du dialogue stratégique se déroulera lors de la visite de Sybiha en Israël, invité par Saar mercredi.
« L’Iran ne menace pas seulement Israël, il menace la sécurité régionale et mondiale. Il menace aussi l’Ukraine. Nos actions contre ses armes et sa technologie contribuent à la sécurité de l’Europe et de l’Ukraine », a déclaré Saar.
Le ministre israélien a affirmé que les frappes israéliennes contre l’Iran le mois dernier, visant les installations d’enrichissement nucléaire et la production d’armes de Téhéran, « ont fait reculer de plusieurs années ses ambitions nucléaires ».
« Nous avons porté un coup dur à son programme de missiles balistiques », a-t-il poursuivi. « Et nous avons également affaibli son approvisionnement en drones, la même technologie utilisée contre l’Ukraine. »
Zelensky a de son côté indiqué avoir évoqué avec Saar le « renforcement de la défense aérienne de l’Ukraine », réitérant son souhait d’obtenir des systèmes comparables au Dôme de fer israélien.
Dans une publication sur X, Zelensky a remercié Saar pour sa visite, ainsi que pour le « soutien d’Israël à l’Ukraine et aux Ukrainiens ».
Il a précisé que les deux hommes avaient discuté « de la coopération, principalement dans les domaines de l’économie et de la défense, du renforcement de la défense aérienne de l’Ukraine, ainsi que des possibilités de production conjointe d’armement ».
Il a également exprimé sa gratitude envers Israël pour sa « décision de fournir une aide aux systèmes d’approvisionnement en eau dans les régions du sud », et a indiqué espérer un soutien israélien pour « le déminage humanitaire des zones contaminées ».
Dans le compte rendu israélien publié à l’issue de leur rencontre, Saar a indiqué que les discussions avaient porté sur le renforcement des relations bilatérales, la guerre en Ukraine, ainsi que « la situation au Moyen-Orient, avec un accent particulier sur l’Iran ».
Il a appelé l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni à activer le mécanisme de rétablissement des sanctions à l’encontre de la République islamique et a souligné être venu « pour exprimer la solidarité d’Israël envers le peuple ukrainien ».
Au cours de sa visite, Saar a également rencontré Artem Borik, dont la famille a été tuée lors d’une frappe de missile iranien sur Bat Yam pendant la guerre entre Israël et l’Iran. Borik a perdu sa fille de 7 ans, Nastia, venue en Israël pour y suivre un traitement contre le cancer, son épouse Maria, la mère de cette dernière, ainsi que deux cousins de Nastia, âgés de 9 et 13 ans.
Avant la conférence de presse, Saar a remis à Sybiha le rapport du projet Dinah, consacré aux violences sexuelles perpétrées par des terroristes palestiniens le 7 octobre. Il a également déposé une gerbe au mur commémoratif des soldats ukrainiens tombés au combat et s’est recueilli devant le monument dédié aux victimes du génocide de l’Holodomor.
Gaza : tensions persistantes entre Israël, le Hamas et l’UE
Alors que l’inquiétude grandit face à la situation humanitaire à Gaza, Saar s’est par ailleurs entretenu par téléphone ce mercredi avec la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Il a attribué la responsabilité des incidents meurtriers près des centres de distribution d’aide au Hamas, et non à Israël.
« Le Hamas mène une campagne de mensonges tout en créant délibérément des tensions entre la population civile, les centres de distribution et Tsahal », a déclaré Saar, selon un communiqué publié sur X. « C’est le Hamas qui tire sur les civils et les torture lorsqu’ils tentent de récupérer l’aide. »
Il a ajouté qu’Israël avait accepté la dernière proposition de libération des otages et de cessez-le-feu, mais que « le Hamas traîne les pieds et sabote les négociations, tout en continuant à détenir cruellement nos otages. La communauté internationale ne doit pas tomber dans le piège du Hamas ! »
Plus tôt dans la journée, Kaja Kallas avait qualifié de « totalement injustifiable » la mort de civils cherchant à obtenir de l’aide à Gaza. Elle a dit s’être entretenue avec Saar « pour rappeler notre accord sur l’acheminement de l’aide et indiquer clairement que Tsahal devait cesser de tuer des gens aux points de distribution ».
L’UE et Israël avaient annoncé au début du mois être parvenus à un « accord de principe » visant à améliorer la situation humanitaire à Gaza. Mais un haut responsable israélien a ensuite précisé qu’aucun accord formel n’avait été conclu et que les décisions d’Israël en la matière relevaient exclusivement de son cabinet, sans engagement envers des garanties extérieures.
Kaja Kallas a déclaré que, du point de vue européen, « toutes les options restent sur la table » si Israël ne respectait pas ses engagements en matière d’aide humanitaire.
Les Nations unies (ONU) ont indiqué mercredi que plus de 1 000 Palestiniens auraient été tués par les forces israéliennes en tentant d’accéder à la nourriture depuis que la Fondation humanitaire pour Gaza, soutenue par les États-Unis et Israël, a commencé ses opérations de distribution à la fin du mois de mai. Tsahal a reconnu avoir tiré des coups de semonce en direction de foules qui s’approchaient de ses soldats, tout en affirmant que les chiffres avancés étaient exagérés et peu fiables.
- Israël et Ses Voisins
- Gideon Saar
- Relations Israël-Ukraine
- Conflit en Ukraine
- Ukraine
- Arsenal de l'Iran
- Iran
- Programme nucléaire iranien
- Programme balistique iranien
- Kaja Kallas
- Relations Israël-Union européenne
- Union européenne
- Relations Israël-Allemagne
- Relations Israël-France
- Relations Israël-Royaume-Uni
- Allemagne
- Juifs du Royaume-Uni
- Opération Épées de fer
- Relations Israël-Russie
la Communauté du Times of Israël !







