À la veille du 5e cycle de négociations, Israël promet de maintenir sa présence au Liban
Joseph Aoun affirme qu’il ne laissera “aucune autre partie” négocier au nom de Beyrouth, alors que pour Téhéran, l’arrêt des frappes de Tsahal au Liban est une condition préalable à ses propres pourparlers avec les États-Unis
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Quelques heures avant le début prévu à Washington de la dernière série de pourparlers directs entre Jérusalem et Beyrouth, les dirigeants israéliens ont réaffirmé leur intention de maintenir une présence dans le sud du Liban, reléguant ainsi les négociations au second plan, alors que les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran occupaient le devant de la scène.
Parallèlement, les autorités libanaises ont cherché à dissocier leurs négociations avec Israël des pourparlers régionaux plus larges menés par les États-Unis, tandis que Beyrouth continue de minimiser l’influence du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par la République islamique d’Iran.
Dans un communiqué conjoint publié lundi soir par le bureau du Premier ministre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense, Israel Katz, et le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, ont déclaré que « Tsahal continuera d’agir avec détermination pour contrer les menaces pesant sur nos soldats et nos civils, détruire les infrastructures du terrorisme et maintenir la zone de sécurité dans le sud du Liban ».
Depuis au moins le mois d’avril, les troupes israéliennes maintiennent une présence dans une « zone de sécurité » autoproclamée au sud du Liban, le long de toute la frontière avec Israël. Cette zone s’étend jusqu’à dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, traversant le fleuve Litani dans certaines zones et s’étendant jusqu’à la périphérie de Nabatieh.
« Le Premier ministre, le ministre de la Défense et le chef d’état-major ont précisé que la sécurité des civils israéliens et des troupes de Tsahal resterait leur priorité absolue, sans aucun compromis », ajoute le communiqué conjoint.
Une cinquième série de pourparlers directs entre Israël et le Liban doit se tenir de mardi à jeudi au département d’État et au Pentagone. Parallèlement, des responsables américains ont annoncé lundi la mise en place de deux mécanismes distincts visant à apaiser les tensions entre Jérusalem et Beyrouth, alors que les combats au Liban demeurent un enjeu majeur dans le cadre des négociations plus larges entre les États-Unis et l’Iran.
Un responsable américain a déclaré lundi soir que les pourparlers de cette semaine à Washington débuteront par une séance conjointe politique et militaire, suivie d’une séance militaire et d’une autre séance politique.
Israël et le Liban seront représentés par leurs ambassadeurs respectifs à Washington, tandis que Dan Holler, conseiller du département d’État, et Dan Zimmerman, secrétaire adjoint à la Défense chargé des affaires de sécurité internationale, représenteront les États-Unis.
L’objectif de ces pourparlers sera « de mettre définitivement fin au cycle de la violence » et « de faire progresser un accord global de paix et de sécurité entre les deux pays », a déclaré lundi à l’AFP un responsable du département d’État américain.
« Nous permettons à Israël et au Liban de négocier en tant que deux États souverains et de trouver un moyen d’instaurer la paix et la sécurité », a ajouté ce responsable.
L’administration Trump tente de préserver la légitimité de la voie de communication directe qu’elle a établie entre Israël et le Liban, après avoir vraisemblablement compromis cette initiative en utilisant les pourparlers américains avec l’Iran pour obtenir un cessez-le-feu au Liban.
Ce décalage apparent pourrait s’expliquer par le fait que les négociations avec l’Iran sont menées par le vice-président américain, JD Vance, tandis que les pourparlers entre Israël et le Liban sont pilotés par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui reste largement en marge des négociations avec l’Iran.
Le président américain Donald Trump oscille entre ces deux options, accordant parfois de l’attention au canal Israël-Liban alors qu’il tente de dissocier le Liban du conflit avec l’Iran, et d’autres fois légitimant les demandes iraniennes visant à ce que l’accord entre Téhéran et Washington inclut le Liban.
Ces derniers temps, l’administration semble donner la priorité à cette dernière voie alors qu’elle s’efforce de maintenir le protocole d’accord conclu avec l’Iran la semaine dernière. Toutefois, Trump est connu pour ses revirements radicaux sur ces questions.
Lundi, Vance et le président libanais, Joseph Aoun, ont discuté d’un mécanisme de désescalade pour le Liban, a indiqué le bureau de ce dernier. Selon un communiqué de la présidence libanaise, Aoun a reçu un appel de Vance, du conseiller principal américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdulrahman al-Thani.
Ils ont abordé « la question de la consolidation du cessez-le-feu au Liban, de l’arrêt de l’escalade militaire israélienne et des mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin », a ajouté le communiqué.
Plus tard dans la journée de lundi, Aoun a déclaré que le Liban « négocierait son propre compte et qu’il n’accepterait pas qu’une autre partie le fasse à sa place ».
« Nous saluons toute aide provenant de n’importe quel pays visant à mettre fin à la guerre, d’autant plus que la situation dans la région est interdépendante », a ajouté le président libanais.
« Mais il y a une grande différence entre essayer de nous aider et s’ingérer dans nos affaires intérieures », a-t-il déclaré, en référence à l’Iran.
Un responsable américain a déclaré lundi aux journalistes que le CENTCOM (Commandement central des États-Unis) avait mis en place un « mécanisme de surveillance » des combats au Liban afin que les décideurs politiques disposent d’informations en temps réel sur le conflit entre Israël et le Hezbollah.
Une source proche du dossier a précisé que ce mécanisme de surveillance est distinct du mécanisme de désescalade pour le Liban annoncé plus tôt dans la journée de lundi par Vance. Selon cette source, ce mécanisme consiste pour le Qatar à transmettre à l’Iran les plaintes américaines concernant les violations présumées du cessez-le-feu par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, à la différence d’un système antérieur, plus ponctuel.
La présentation de ce mécanisme de surveillance fait suite à des entretiens téléphoniques menés par Rubio avec les dirigeants israéliens et libanais au cours du week-end, a ajouté le responsable américain.
Les responsables israéliens et libanais s’appuieront sur ce mécanisme lors des pourparlers à Washington, a déclaré ce responsable.
Depuis que Washington et Téhéran ont signé un protocole d’accord la semaine dernière, marquant le coup d’envoi des négociations en vue d’un accord définitif, l’Iran insiste pour qu’Israël mette fin à son opération militaire au Liban, ce qui constituerait une condition préalable à toute discussion.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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