« Allez au diable » : Vance accuse Israël de financer une campagne contre l’accord avec l’Iran
Répondant à Joe Rogan, le vice-président dit que des éléments du "système " israélien chercheraient à influencer l’opinion américaine pour prolonger la guerre
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le vice-président américain JD Vance a lancé mercredi de violentes accusations au sujet d’une campagne d’influence qui, selon certaines informations, serait financée par le gouvernement israélien et viserait à discréditer les efforts de l’administration Trump pour négocier la fin de la guerre contre la République islamique d’Iran.
« Un article a été publié hier par le Time… Il dresse la liste de plusieurs personnes rémunérées par un ancien responsable de la campagne de Trump, lui-même payé par certains éléments du gouvernement israélien, et ces personnes m’attaquent violemment parce que je m’efforce de mener à bien l’objectif de négociation fixé par le président [Donald Trump] pour le pays », a déclaré Vance lors d’un entretien avec le podcasteur Joe Rogan, dont l’émission est devenue une plateforme influente auprès d’une partie de la droite américaine et qui s’est montré ces derniers mois très critique envers Israël.
Le vice-président a qualifié cette initiative de « campagne très discrète et extrêmement bien financée visant à faire dérailler les négociations ».
Le magazine Time a publié mardi une enquête selon laquelle l’ancien directeur de campagne de Trump mènerait une campagne d’influence pro-Israël dirigée et financée par le gouvernement israélien, ciblant de jeunes Américains issus de la base « MAGA » de Trump.
Selon cet article, Brad Parscale et sa société, Clock Tower X, auraient été sollicités en septembre dernier par une agence de publicité pour mener une campagne d’influence pour le compte d’Israël. Le Time dit s’être appuyé sur des documents déposés en vertu de la loi américaine sur l’enregistrement des agents étrangers (Foreign Agents Registration Act, FARA).
Officiellement, cette campagne visait à lutter contre la montée de l’antisémitisme en ligne. Le Time cite toutefois un responsable du ministère israélien des Affaires étrangères proche du dossier, selon lequel son véritable objectif aurait été « d’empêcher les jeunes conservateurs de se retourner contre Israël ».
Si cette campagne était officiellement présentée comme un moyen de lutter contre l’antisémitisme, l’administration Trump aurait identifié plusieurs publications, diffusées simultanément par des influenceurs conservateurs, critiquant le protocole d’accord conclu le mois dernier pour mettre fin à la guerre contre le régime iranien. Selon le Time, ces publications auraient fait partie de la campagne orchestrée par Parscale.
Quite the listen pic.twitter.com/U9TpsTa1Yt
— Curt Mills (@CurtMills) July 15, 2026
Parscale a reconnu que la campagne visait à empêcher les jeunes Américains de se retourner contre Israël, tout en rejetant l’idée selon laquelle elle aurait également eu pour objectif de saper les efforts diplomatiques de l’administration à l’égard du régime de Téhéran.
Vance a abordé le sujet de son propre chef lors de son entretien avec Rogan.
« Il s’agit de publications sur les réseaux sociaux, de fuites auprès de journalistes. Ils s’acharnent contre moi de manière obsessionnelle en affirmant que nous ne devrions pas négocier avec l’Iran et que nous devrions simplement poursuivre la campagne militaire indéfiniment », a-t-il dit.
« Certains m’accusent d’être sous l’influence du Qatar, sous l’influence de gouvernements étrangers ou encore de recevoir mes ordres de Tucker Carlson… Il y a tellement de conneries qui circulent », a-t-il poursuivi.
« Tous les gouvernements étrangers tentent d’influencer les États-Unis ; Israël le fait, d’autres pays aussi. Le problème n’est pas là. Ce qui me dérange, c’est lorsque les dirigeants américains laissent cette influence altérer leur jugement et orienter les positions qu’ils défendent », a souligné Vance.
« Lorsque je découvre dans le Time qu’une campagne d’influence étrangère est financée pour torpiller l’accord même que je m’efforce de conclure, et que nombre des personnes rémunérées dans le cadre de cette campagne s’en prennent à moi par des procédés totalement malhonnêtes, ma réponse est : ‘Allez au diable !’ Je vais faire ce que j’ai à faire pour le peuple américain. Je représente avant tout les Américains », a-t-il affirmé.
« Il y a, au sein du système (israélien), des personnes dont nous savons sans l’ombre d’un doute qu’elles manipulent et cherchent à l’influencer afin que la guerre se poursuive indéfiniment », a accusé Vance.
Interrogé sur la question de savoir si les États-Unis auraient lancé leur guerre contre le régime de Téhéran sans l’influence israélienne, Vance a répondu par l’affirmative.
« Le président est fermement convaincu, indépendamment de toute influence israélienne – et je partage cet avis –, que la République islamique ne devrait pas disposer de l’arme nucléaire », a-t-il déclaré.
Visiblement surpris par cette réponse, Rogan a relancé Vance, lui demandant si les États-Unis auraient réellement poursuivi la guerre, déclenchée le 28 février, aussi longtemps en l’absence d’une influence israélienne. Le vice-président a maintenu sa position.
Vance est l’un des membres de l’administration les plus critiques à l’égard d’Israël, d’autant qu’il a lui-même essuyé de vives critiques pour le protocole d’accord qu’il a contribué à négocier.
Il a fait la une des journaux le mois dernier après avoir publiquement interpellé plusieurs ministres d’extrême droite du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avaient vivement critiqué l’administration au sujet de cet accord, leur lançant qu’ils devaient « se réveiller » et comprendre que Trump était le dernier dirigeant mondial à encore apprécier Israël.
Les discussions avec le régime iranien progresseraient toujours
Interrogé par Rogan sur l’état des négociations avec le régime iranien, Vance a affirmé qu’une fracture existait au sein des dirigeants iraniens entre les pragmatiques, favorables à un accord avec les États-Unis, et les partisans de la ligne dure, qui s’y opposent.
Selon Vance, ces derniers auraient « paniqué » après la conclusion du protocole d’accord en constatant les quantités de pétrole que les États-Unis parvenaient à faire transiter par le détroit d’Ormuz, et auraient dès lors commencé à prendre pour cible les navires qui l’empruntaient.
« Ils ont en substance déclaré : ‘Nous allons essayer de mettre un terme à tout cela. Nous avons peur de perdre notre moyen de pression.’ Les pragmatiques au sein de leur système disent que ‘c’était une erreur. Continuons à discuter’ », a déclaré Vance.
Joe Rogan asks JD Vance why President Trump keeps saying a deal has been made with Iran and then starts bombing them again.
Vance: “We are on the right trajectory, it’s just going to be really messy. There’s going to be a lot of starts and stops.” pic.twitter.com/FimEZHfGJK
— The American Conservative (@amconmag) July 15, 2026
« Comment tout cela va-t-il se terminer ? Je n’en sais absolument rien. Mais nous nous livrons à une délicate danse diplomatique : nous utilisons des leviers économiques, nous manions la carotte et le bâton, nous essayons de dialoguer avec les pragmatiques et, bien entendu, lorsqu’ils commettent des actes de violence, nous ripostons », a-t-il poursuivi.
« Tous ces éléments se conjuguent et contribuent à améliorer notre position. Oui, ils tirent en ce moment même. Mais leur programme nucléaire est-il toujours détruit ? Oui. Dans le cadre plus large des négociations, plusieurs facteurs entrent simultanément en jeu et jouent en notre faveur », a-t-il affirmé.
Si les États-Unis affirment avoir détruit le programme nucléaire iranien, Téhéran disposerait toujours de stocks d’uranium hautement enrichi ainsi que d’autres sites d’enrichissement qui n’ont pas été pris pour cible par les États-Unis.
Vance s’en est ensuite pris aux conservateurs américains partisans d’une ligne dure, dont l’unique solution consisterait, selon lui, à « réduire l’Iran en cendres ». Le vice-président a déclaré que ces conservateurs souhaitaient tenter de renverser le régime, alors même que les précédentes expériences américaines en la matière s’étaient révélées peu concluantes et avaient nécessité le déploiement massif de troupes terrestres.
Interrogé sur la question de savoir s’il aurait lancé la guerre contre la République islamique s’il avait été à la place de Trump, Vance a reconnu qu’il était « moins enthousiaste » à l’égard de cette opération que d’autres membres de l’administration.
Il a toutefois précisé que son rôle n’était pas celui d’un « commentateur public », mais qu’il consistait à soutenir le président, ce qu’il continuerait de faire tant que les décisions de Trump resteraient « légales et éthiques », comme elles l’avaient été jusqu’à présent.
« L’objectif est certainement louable : à savoir, empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire », a déclaré Vance.
Vance relaie l’allégation non étayée de liens entre Epstein et le Mossad
Le passage de l’interview le plus repris par les médias américains concernait la réponse de Vance à une question sur les « dossiers Epstein ». Le vice-président a reconnu que l’administration était « coupable » d’avoir mal géré cette affaire, tout en insistant sur le fait que Trump n’était impliqué dans aucun acte répréhensible.
Vance a ensuite repris à son compte l’allégation selon laquelle Jeffrey Epstein aurait entretenu des liens avec les plus hautes sphères des services de renseignement israéliens, faisant écho à des rumeurs non étayées sur les liens qu’aurait entretenus le pédophile condamné, aujourd’hui décédé, avec le Mossad.
« Il avait clairement des liens avec les plus hautes sphères des services de renseignement américains. Il avait clairement des liens avec les plus hautes sphères des services de renseignement israéliens », a déclaré Vance.
Faisant apparemment référence aux liens documentés d’Epstein avec l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, Vance a estimé « qu’Epstein semblait être lié aux éléments de l’État profond israélien situés à gauche du centre ».
« J’ai toujours trouvé cela fascinant », a poursuivi Vance.
« Ce n’est pas comme s’il entretenait des liens particulièrement étroits avec la droite israélienne. Aux États-Unis, en revanche, il avait des relations dans tous les camps. Il comptait aussi bien des amis républicains que démocrates », a ajouté le vice-président.
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