Après avoir promis un nouveau plan d’aide à Gaza, Washington va renforcer la GHF
Selon le département d'État, Donald Trump s'engage à s'appuyer sur les efforts de la fondation, après avoir parlé, fin juillet, d'un nouveau mécanisme en cours d'élaboration
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Après l’annonce, le mois dernier, par la Maison Blanche, de la mise en place d’un nouveau plan de distribution de l’aide aux Gazaouis en raison de l’aggravation de la crise alimentaire dans la bande de Gaza, le département d’État a indiqué, mardi, que l’administration Trump avait finalement décidé de se contenter d’étendre le système de distribution existant de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF).
« Le président Trump souhaite soulager les souffrances du peuple de Gaza aux mains du Hamas. Il s’est engagé à rester impliqué et à faciliter l’acheminement de l’aide, à s’appuyer sur le travail de la GHF et à aider les Gazaouis à obtenir l’accès vital à l’aide alimentaire dont ils ont besoin », a déclaré Tammy Bruce, porte-parole du département d’État américain, lors d’une conférence de presse.
Le 28 juillet, Trump avait annoncé que les États-Unis allaient créer de nouveaux « centres alimentaires » dans l’enclave, qui seraient gérés par Israël.
Cette annonce avait surpris à Jérusalem, qui s’attendait à ce que les États-Unis soutiennent la création de sites de distribution supplémentaires gérés par la GHF plutôt que de mettre en place un nouveau mécanisme.
Cependant, le 29 juillet, la Maison Blanche a confirmé que Trump avait bien l’intention de le faire et que les détails du nouveau plan seraient bientôt dévoilés.
Quelques jours plus tard, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, se sont rendus à Gaza pour visiter un site de distribution de la GHF. La Maison Blanche a déclaré que cette visite visait à « garantir un plan visant à livrer davantage de nourriture et à rencontrer les habitants de Gaza afin d’entendre directement leur témoignage sur la situation désastreuse sur le terrain ».
Bien qu’aucun nouveau plan n’ait été dévoilé, Huckabee avait déclaré lors d’une interview accordée le 6 août que le nombre de sites de la GHF passerait de trois actuellement à seize et qu’ils fonctionneraient 24 heures sur 24.
Invité à confirmer que les États-Unis s’apprêtaient bien à étendre la GHF plutôt qu’à mettre en place un nouveau mécanisme de distribution de l’aide, un porte-parole du département d’État a déclaré mardi au Times of Israel qu’il n’avait rien à ajouter aux propos tenus par Huckabee la semaine dernière.
« Les discussions avec Israël se poursuivent », a-t-il ajouté.
Dimanche, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué qu’Israël prévoyait également d’augmenter le nombre de sites de la GHF, bien qu’il n’y ait aucun signe sur le terrain indiquant que de nouveaux centres de distribution soient en cours de construction.
Les organisations humanitaires et une grande partie de la communauté internationale s’opposent à la GHF, car elle contraint les Gazaouis à parcourir de longues distances pour récupérer un carton de denrées alimentaires sèches qui doivent être cuisinées alors que le combustible et le matériel de cuisson sont rares dans la bande de Gaza.
Ce mécanisme avait été mis en place pour écarter le groupe terroriste palestinien du Hamas du processus de distribution de l’aide, mais le désespoir des Gazaouis, aggravé par le blocage de l’entrée de l’aide par Israël entre mars et mai, a donné lieu à des scènes chaotiques à proximité des sites de la GHF, où des milliers de personnes se ruent chaque jour pour saisir des colis alimentaires aussi vite que possible.
Il n’y a pas de procédure d’enregistrement permettant de s’assurer que les terroristes du Hamas n’ont pas accès à l’aide. Ce sont donc les personnes les plus résistantes, capables de supporter la pénible marche jusqu’aux sites de distribution, qui en bénéficient le plus, au détriment des plus vulnérables, qui en ont pourtant le plus besoin.
Depuis le lancement de la GHF, ce sont les tirs répétés contre les personnes qui tentent d’atteindre les sites d’aide qui ont fait les gros titres.
Selon l’ONU, plus de 1 000 Gazaouis auraient été tués lors de ces fusillades. Bien que l’armée israélienne ait été mise en cause, elle a déclaré que le nombre de morts avait été gonflé, qu’elle ne tirait que des coups de semonce sur les personnes représentant une menace et que des terroristes du Hamas ainsi que d’autres hommes armés ouvraient également le feu sur la foule.
Ces dernières semaines, les chiffres de l’ONU ont montré qu’une part plus importante des tirs israéliens visait les Gazaouis se dirigeant vers les convois humanitaires de l’ONU plutôt que ceux tentant d’atteindre les sites de la GHF.
« Taxes exorbitantes du Hamas » sur l’aide humanitaire
Partageant de nouveaux détails sur la visite de Witkoff et Huckabee dans les locaux de la GHF à Rafah, Bruce a déclaré mardi que les deux hommes avaient pu constater de leurs propres yeux « le travail incroyable » accompli par la GHF, qui affirme avoir fourni près de 119 millions de repas aux habitants de Gaza. Ce chiffre est calculé en additionnant le nombre de calories contenues dans les produits alimentaires secs de chaque boîte, destinée à fournir de la nourriture pour environ cinq personnes pendant trois jours.
Witkoff et Huckabee ont également été informés de la « dynamique regrettable des camions d’aide humanitaire de l’ONU pillés à leur entrée dans Gaza », a ajouté Bruce. Cette réunion d’information aurait été organisée par des responsables israéliens et des membres du personnel de la GHF, car aucun responsable de l’ONU n’aurait participé à la visite.
Selon les chiffres de l’ONU, près de 90 % de l’aide humanitaire fournie par l’organisation a été pillée avant d’atteindre sa destination au mois de juillet. Israël accuse le Hamas d’avoir détourné une grande partie de cette aide, mais les responsables de l’ONU affirment que la majeure partie de l’aide humanitaire est récupérée par les habitants affamés de Gaza en raison de la grave insécurité alimentaire qui y sévit. Cette situation s’est toutefois améliorée depuis qu’Israël a autorisé l’acheminement d’une plus grande quantité d’aide ces dernières semaines.
Bruce a déclaré que l’aide de l’ONU qui n’est pas pillée « est soumise à des taxes exorbitantes par les autorités du Hamas » lorsqu’elle est revendue au marché noir.
Alors que Trump a affirmé à plusieurs reprises que son administration avait versé 60 millions de dollars à la GHF, Bruce a confirmé que le montant réel promis par Washington était de 30 millions de dollars et que seule la moitié avait été distribuée à ce jour.
En coulisses, les États-Unis ont exhorté d’autres pays à faire des dons à la GHF, mais sans grand succès. Les pays du Golfe ont refusé, préférant faire des dons par leurs propres canaux ou par l’intermédiaire de l’ONU. Le directeur exécutif de la GHF, Johnnie Moore, a indiqué en privé à des donateurs potentiels qu’un certain nombre de pays d’Europe de l’Est avaient fait des dons à l’organisation sous couvert d’anonymat, a déclaré un diplomate occidental au Times of Israel.
Outre les États-Unis, Israël est le seul pays à avoir confirmé publiquement avoir fait un don à la GHF. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a reconnu la semaine dernière avoir autorisé le transfert de 875 millions de dollars provenant des caisses publiques israéliennes pour l’aide humanitaire à Gaza, alors qu’il s’était précédemment opposé à l’entrée de toute aide dans l’enclave dirigée par le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Toutefois, à moins que d’autres pays ne fassent de même, la GHF aura probablement du mal à intensifier ses activités.
la Communauté du Times of Israël !







