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Witkoff et Huckabee à Gaza « afin de connaître la vérité sur les sites » de la GHF

Donald Trump s’est, de son côté, emporté contre le Hamas lequel il accuse de voler de l’aide humanitaire convoyée à Gaza pour la revendre

L'envoyé spécial américain Steve Witkoff (au centre) et l'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee visitant un site de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza, le 1ᵉʳ août 2025. (Crédit : Steve Witkoff/X)
L'envoyé spécial américain Steve Witkoff (au centre) et l'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee visitant un site de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza, le 1ᵉʳ août 2025. (Crédit : Steve Witkoff/X)

L’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, se sont rendus vendredi à Gaza, alors que la communauté internationale exprime de plus en plus d’inquiétudes et de critiques à l’égard du système actuel de distribution de l’aide humanitaire soutenu par les États-Unis et Israël.

Witkoff a déclaré avoir passé cinq heures à Gaza vendredi, « pour établir les faits sur le terrain, évaluer la situation et rencontrer la Fondation humanitaire de Gaza ».

« Le but de cette visite était de fournir au président américain Donald Trump une compréhension claire de la situation humanitaire et d’aider à élaborer un plan pour acheminer de la nourriture et de l’aide médicale à la population de Gaza », a-t-il écrit sur le réseau social X.

Huckabee, qui a accompagné Witkoff lors de sa visite à Gaza, a qualifié l’initiative conjointe soutenue par les États-Unis et Israël « d’exploit incroyable ».

Partageant des photos de la visite, Huckabee a écrit sur son compte officiel X que les deux hauts responsables américains étaient entrés à Gaza « pour connaître la vérité sur les sites d’aide [de la GHF] », qui ont suscité la controverse en raison de leur incapacité à atténuer de manière significative la crise humanitaire, mais aussi à cause de signalements faisant état de tirs meurtriers de l’armée israélienne sur des civils près des points de distribution.

« Nous avons reçu des informations [de Tsahal] et nous avons parlé à des gens sur le terrain. La GHF distribue plus d’un million de repas par jour, un exploit incroyable ! », a ajouté Huckabee.

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff (2ᵉ à gauche) et l’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee (3ᵉ à gauche) visitant un site de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza, le 1ᵉʳ août 2025. (Crédit : Mike Huckabee/X)

Dans un tweet depuis supprimé, il a affirmé que les Gazaouis « aiment Trump », a rapporté The Telegraph.

Huckabee a affirmé que les Gazaouis surnommaient affectueusement « Trump Tower » l’un des « rares » bâtiments de six étages encore debout à Rafah. Il a également ajouté : « Ils aiment @realDonaldTrump et croient qu’il les aide. »

Sur son compte X personnel, Huckabee a écrit : « Le Hamas déteste le GHF [parce qu’il] distribue de la nourriture [aux personnes qui en ont besoin] sans que celle-ci soit pillée par le Hamas. Plus de 100 millions de repas ont été servis en deux mois », citant les estimations de la fondation.

Witkoff s’est ensuite entretenu avec le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu après sa visite à Gaza.

Witkoff s’est également rendu au mur Occidental de Jérusalem, où il a déposé une note et signé le livre d’or, écrivant « Je prie pour les otages ! Et pour la fin de la guerre », selon la Fondation du patrimoine du mur Occidental qui gère le site.

De son côté, Trump a déclaré au site d’actualités Axios : « Nous voulons aider les gens. Nous voulons les aider à vivre. Nous voulons qu’ils aient de quoi manger. » Cela aurait dû être fait depuis longtemps. »

Au cours de cet entretien téléphonique, Trump s’est également emporté contre le Hamas, qu’il accuse de voler de l’aide humanitaire destinée à Gaza pour la revendre.

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff (au centre) et l’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee visitant un site de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza le 1ᵉʳ août 2025. (Crédit : Mike Huckabee/X)

Trump a précisé que Witkoff faisait « un excellent travail. » Il a refusé de donner des détails sur le nouveau plan humanitaire que la Maison Blanche devrait annoncer sous peu. On ignore pour l’instant s’il s’agira de renforcer la collaboration avec la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) ou de mettre en place un tout nouveau mécanisme.

Il a précisé qu’il n’avait pas encore pu parler avec son envoyé spécial de la visite de ce dernier dans un centre de distribution.

Interrogé sur les propos d’un responsable israélien, jeudi, selon lesquels les États-Unis et Israël auraient convenu de faire advenir un cessez-le-feu global à Gaza assorti d’un accord en vue de la libération des derniers otages, à la suite de l’échec de pourparlers plus progressifs la semaine dernière, Trump a répondu : « Vous verrez bientôt. »

Plus tôt dans la journée, Trump a déclaré à NBC qu’il espérait qu’Israël gérerait l’aide de manière à empêcher le Hamas de s’emparer de l’aide destinée aux civils affamés.

Le président Donald Trump s’exprimant lors d’un événement organisé pour la signature d’un décret présidentiel rétablissant le test d’aptitude physique dans les écoles publiques, à la Maison Blanche, le 31 juillet 2025. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)

Trump a qualifié Netanyahu de « personne compétente », tout en soulignant : « Nous voulons nous assurer que les gens soient nourris. »

Une « bonne gestion », a-t-il déclaré, empêchera le vol de l’aide.

Plus tôt dans la journée, les journalistes ont également demandé à Trump s’il était d’accord avec la description de la guerre d’Israël à Gaza comme un génocide faite par la représentante républicaine Marjorie Taylor Greene.

« Ce qui se passe là-bas est terrible. C’est une chose terrible. Les gens ont très faim », a répondu Trump.

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff (au centre) et l’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee visitant un site de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza, le 1ᵉʳ août 2025. (Crédit : Steve Witkoff/X)

Il a réitéré son affirmation selon laquelle les États-Unis avaient donné 60 millions de dollars à la GHF, alors qu’ils n’en avaient donné que 30 jusqu’à présent.

« Les États-Unis ont donné 60 millions de dollars pour l’alimentation, et c’est une honte parce que je ne vois pas les résultats. Nous avons donné cet argent à des gens qui, en théorie, le surveillent de près. Nous voulions qu’Israël le surveille. Une partie du problème est que le Hamas prend l’argent et prend la nourriture », a-t-il répété.

L’ONU et Human Rights Watch condamnent le bilan des victimes dans les sites d’aide humanitaire

L’agence de défense civile contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza a déclaré que onze personnes avaient été tuées vendredi par des tirs et des frappes aériennes israéliens, dont deux se trouvaient à proximité d’un site de distribution d’aide humanitaire à l’intérieur de l’enclave palestinienne.

Le porte-parole de la défense civile du Hamas, Mahmoud Bassal, a déclaré à l’AFP que cinq personnes avaient été tuées lors d’une frappe près de la ville méridionale de Khan Younès, et quatre autres lors d’une autre frappe visant un véhicule à Deir el-Balah, dans le centre de Gaza.

L’armée israélienne a déclaré à l’AFP qu’elle ne pouvait pas confirmer ces frappes sans coordonnées précises.

Deux autres personnes auraient été tuées et plus de 70 autres blessées par des tirs israéliens alors qu’elles attendaient de l’aide près d’un centre de distribution alimentaire contrôlé par la GHF entre Khan Younès et la ville voisine de Rafah, a déclaré l’agence de défense civile du Hamas.

Tsahal n’a pas encore réagi à cette information.

Des Gazaouis transportant de l’aide humanitaire, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 juillet 2025. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Alors que les incidents faisant de nombreuses victimes se multiplient près des sites de distribution de l’aide, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a déclaré que 1 373 Gazaouis auraient été tués alors qu’ils attendaient l’aide dans la bande de Gaza frappée par la pénurie depuis fin mai.

« Au total, depuis le 27 mai, au moins 1 373 Gazaouis ont été tués alors qu’ils cherchaient de la nourriture : 859 à proximité des sites de la GHF et 514 le long des itinéraires des convois alimentaires », a déclaré le HCDH dans un communiqué.

« La plupart de ces meurtres ont été commis par l’armée israélienne », a-t-il ajouté.

L’armée israélienne a déclaré à plusieurs reprises avoir tiré des coups de semonce en direction des foules qui s’approchaient des troupes de manière menaçante, tout en affirmant que le nombre de victimes était exagéré, sans toutefois fournir ses propres chiffres.

Netanyahu et Tsahal ont fermement rejeté les allégations d’affamement intentionnel dans la bande de Gaza, ainsi que l’affirmation selon laquelle la famine y serait généralisée. Ils ont toutefois mis en place de nouvelles mesures, notamment des pauses quotidiennes de dix heures dans les combats dans de vastes zones de l’enclave, afin de faciliter la distribution de l’aide.

Un rapport publié vendredi par Human Rights Watch (HRW) accuse également les troupes israéliennes opérant à l’extérieur des centres d’aide humanitaire soutenus par les États-Unis de tuer régulièrement des civils gazaouis à la recherche de nourriture et d’utiliser la famine comme une arme de guerre.

« Les troupes israéliennes soutenues par les États-Unis et les entrepreneurs privés ont mis en place un système de distribution de l’aide humanitaire défaillant et militarisé qui a transformé les distributions en bains de sang réguliers », a déclaré Belkis Wille, directrice adjointe de la division Crises et conflits à HRW.

Entre mars et mai de cette année, Israël a bloqué l’entrée de toute aide dans la bande de Gaza, après l’échec du cessez-le-feu avec le Hamas. À l’époque, le gouvernement estimait que l’aide accumulée était suffisante pour répondre aux besoins de la population pendant plusieurs mois et affirmait qu’autoriser l’acheminement de davantage d’aide renforcerait le groupe terroriste palestinien, qui détient toujours 50 otages, dont 20 seraient encore en vie.

La GHF a lancé ses opérations fin mai, écartant le système humanitaire mis en place depuis longtemps par l’ONU, alors même qu’Israël commençait à assouplir le blocage de l’aide qui durait depuis plus de deux mois.

Depuis lors, des témoins, l’agence de défense civile contrôlée par le Hamas et des correspondants étrangers à Gaza ont fait état de fréquents incidents au cours desquels les troupes israéliennes ont ouvert le feu sur des foules de civils gazaouis désespérés qui s’approchaient des centres de la GHF pour chercher de la nourriture.

« Les troupes israéliennes non seulement affament délibérément les civils gazaouis, mais elles les abattent désormais presque tous les jours alors qu’ils cherchent désespérément de quoi nourrir leur famille », a déclaré Wille dans un communiqué.

Tsahal n’a pas encore répondu à la demande de commentaires de l’AFP sur le rapport de HRW.

Afin d’atténuer la situation humanitaire désastreuse à Gaza, 126 colis de fournitures humanitaires ont été largués vendredi dans la bande de Gaza par des avions de six pays, a déclaré l’armée israélienne.

Des avions jordaniens, égyptiens, émiratis, ainsi que pour la première fois depuis plus d’un an, espagnols, allemands et français, ont largué des vivres dans le nord et le sud de la bande de Gaza.

Tsahal a déclaré que ces largages avaient été effectués « conformément aux directives de l’échelon politique ».

Depuis une semaine, plusieurs pays ont procédé à des largages aériens de vivres. Vendredi, des images ont montré des Gazaouis se précipitant vers des colis parachutés à Jabaliya.

Cependant, Philippe Lazzarini, le chef de l’Office très controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), les a jugés « insuffisants et inefficaces », plaidant pour un retour à des acheminements terrestres coordonnés par l’ONU, avec selon lui 6 000 camions en attente d’un feu vert pour entrer à Gaza.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que la France envoyait quatre vols transportant 10 tonnes d’aide humanitaire, l’équivalent de deux camions, depuis la Jordanie.

« Il s’agit d’une aide d’urgence, mais elle reste insuffisante » face à cette situation « révoltante », a déclaré Barrot sur la radio Franceinfo.

Ces largages s’inscrivent dans le cadre d’une « série d’actions visant à améliorer la réponse humanitaire dans la bande de Gaza », a indiqué l’armée.

« Tsahal continuera à œuvrer pour améliorer la réponse humanitaire dans la bande de Gaza, en collaboration avec la communauté internationale, tout en réfutant les fausses allégations de famine délibérée à Gaza. »

« Qui dépasse l’imagination »

Witkoff, qui s’était rendu à Gaza en janvier, a rencontré Netanyahu jeudi, sous pression à la fois en Israël pour tenir ses engagements de détruire le Hamas et de libérer les Israéliens enlevés lors du pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023, et à l’étranger pour faire taire les armes à Gaza.

Jeudi, à Jérusalem, le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a déploré une « catastrophe humanitaire à Gaza qui dépasse l’imagination ».

Wadephul, dont le pays est un allié d’Israël, a estimé auparavant que ce pays était « de plus en plus en position minoritaire », alors qu’un « nombre croissant de pays, y compris européens, sont prêts à reconnaître un État palestinien ».

Le Portugal a indiqué jeudi envisager de reconnaître un État de Palestine, suivant l’exemple du Canada, de la France et du Royaume-Uni.

Une telle reconnaissance reste néanmoins largement symbolique.

Israël a dénoncé une « campagne de pression internationale déformée » qui « récompenserait le Hamas », lequel, après le retrait unilatéral d’Israël de Gaza en 2005, avait pris le pouvoir lors d’un coup d’État sanglant en 2007, chassant de l’enclave la faction laïque du dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le Fatah.

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