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« Fin des accords partiels » : Israël et les États-Unis favorables à un plan global pour mettre fin à la guerre

Si elle se concrétise, cette position marquerait un tournant majeur pour Jérusalem, sans préciser les modalités de fin de la guerre ni le sort du Hamas

Les mères des otages israéliens et leurs partisans participent à une manifestation pour réclamer leur libération, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 31 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les mères des otages israéliens et leurs partisans participent à une manifestation pour réclamer leur libération, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 31 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que les négociations avec le groupe terroriste palestinien du Hamas sont dans l’impasse, Israël et les États-Unis convergeraient désormais vers l’adoption d’un cadre global, en remplacement d’un accord partiel de cessez-le-feu et de libération des otages, a déclaré jeudi un haut responsable israélien lors d’un point presse.

« Il n’y aura plus d’accords partiels », a indiqué ce responsable, affirmant que les deux alliés s’entendent désormais sur la nécessité de « passer d’un cadre pour la libération d’une partie des otages à un cadre pour la libération de tous les otages, le désarmement du Hamas et la démilitarisation de la bande de Gaza ».

« Dans le même temps », a-t-il ajouté, « Israël et les États-Unis s’efforceront d’accroître l’aide humanitaire, tout en poursuivant les combats à Gaza ».

La formulation volontairement ambiguë de cette déclaration laisse cependant en suspens la question de savoir comment et quand la guerre prendra fin.

Si elle se concrétise, cette nouvelle position représenterait un changement majeur pour Israël, qui avait élaboré un cadre d’accord progressif sur les otages au cours de la première année de la guerre. Ce mécanisme permettait d’obtenir la libération d’une partie des otages tout en conservant la possibilité de reprendre les combats. Cette stratégie était privilégiée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, car elle était indispensable au maintien de sa coalition, ses partenaires d’extrême droite menaçant de faire tomber le gouvernement si Israël acceptait un cessez-le-feu permanent.

De son côté, le Hamas a proposé la libération de tous les otages restants en échange de la fin de la guerre, tout en refusant de céder aux exigences de désarmement. Netanyahu a également fait valoir qu’un arrêt prématuré de la guerre laisserait le groupe terroriste au pouvoir et lui permettrait de se reconstituer.

Ce changement d’approche potentiel de la part d’Israël intervient alors que les négociations sur les otages sont à l’arrêt depuis qu’Israël et les États-Unis ont retiré leurs émissaires de Doha la semaine dernière, après avoir jugé inacceptable la réponse du Hamas à la dernière proposition d’accord progressif.

En contrepartie de l’abandon de sa demande qu’Israël s’engage à mettre fin à la guerre, le Hamas souhaitait limiter la présence israélienne à Gaza pendant la trêve de 60 jours en discussion, tout en exigeant davantage de prisonniers palestiniens en échange de 28 des 50 otages restants. Des conditions que Jérusalem a catégoriquement rejetées.

Maryam, une mère palestinienne de 26 ans, tient la main de son fils Mahmoud, âgé de 40 jours, alors qu’ils attendent d’être soignés à l’hôpital Nasser de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 juillet 2025. (Crédit : AFP)

Jeudi, un diplomate arabe et une deuxième source impliquée dans les efforts de médiation ont déclaré au Times of Israel que les négociateurs du Hamas à Doha avaient récemment fait savoir aux médiateurs qu’ils n’étaient même pas intéressés par la reprise des négociations de cessez-le-feu tant que la crise alimentaire à Gaza ne se serait pas améliorée.

Quelques heures plus tard, le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, annonçait deux nouveaux décès dus à la malnutrition au cours des dernières 24 heures, portant le bilan total à 159 morts de faim depuis le début de la guerre.

D’après les autorités locales, 90 des victimes étaient des enfants, et près de la moitié de ces décès ont été enregistrés au cours du seul dernier mois.

Les tensions sont également à leur comble entre le Hamas et les pays arabes participant aux négociations, l’Égypte et le Qatar. Le négociateur en chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a accusé Le Caire d’être complice de la crise humanitaire, provoquant la colère des autorités égyptiennes. Le groupe terroriste est aussi furieux contre le Qatar, qui a cosigné cette semaine une déclaration à l’ONU appelant à son désarmement et à son retrait du pouvoir, selon les deux sources.

Malgré leur départ de Doha, les négociateurs israéliens ont transmis mardi soir leur réponse aux amendements exigés par le Hamas. Celle-ci rejette notamment la demande d’un retrait de Tsahal des zones urbaines proches de la frontière sud de Gaza, selon les mêmes sources.

S’exprimant jeudi devant la presse, un haut responsable israélien a indiqué qu’il y avait désormais une « rupture des contacts » avec les émissaires du Hamas. « Le Hamas a coupé toute communication… Il n’y a plus personne à qui parler de l’autre côté. C’est également l’avis de [l’émissaire américain] Steve Witkoff », a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat.

Le responsable a également indiqué que Jérusalem et Washington s’efforceraient d’augmenter l’aide humanitaire, tout en poursuivant les opérations militaires.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontre l’envoyé spécial américain Steve Witkoff dans son bureau à Jérusalem, le 31 juillet 2025. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Witkoff était en Israël jeudi pour s’entretenir avec Netanyahu et d’autres responsables israéliens au sujet du blocage des négociations et de l’aggravation de la situation humanitaire à Gaza. Il devait également se rendre exceptionnellement dans l’enclave vendredi, aux côtés de l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, alors que Washington s’alarme des risques croissants de famine massive.

Si les États-Unis et Israël affichent publiquement leur accord sur la nécessité de désarmer le Hamas, Netanyahu a réitéré son engagement à poursuivre le combat « jusqu’au dernier terroriste ». Ses détracteurs estiment qu’il prolonge inutilement le conflit alors que le Hamas est déjà neutralisé en tant que force militaire et gouvernementale. Selon eux, empêcher sa résurgence passe désormais par l’instauration d’une alternative politique crédible, une étape que le Premier ministre se refuse à franchir.

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