Face à l’impasse des négociations, Trump déclare qu’Israël devra « se débarrasser » du Hamas
Le président américain affirme que le groupe terroriste n'est pas intéressé par un accord ; Netanyahu assure que Jérusalem envisage "d'autres options" pour libérer les otages
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Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi que le groupe terroriste palestinien du Hamas « veut mourir », après l’avoir accusé de ne pas rechercher un accord sur un cessez-le-feu dans la bande de Gaza après plus de vingt-et-un mois de guerre.
« Le Hamas ne voulait pas vraiment conclure un accord. Je pense qu’ils veulent mourir. Et c’est très, très grave », a déclaré Trump, un jour après l’annonce par les États-Unis et Israël du retrait de leurs équipes de négociation respectives de Doha, où des pourparlers indirects avec le Hamas étaient en cours depuis près de trois semaines.
Washington et Jérusalem ont vivement critiqué le groupe terroriste palestinien pour sa réponse à la dernière proposition de trêve de 60 jours à Gaza et d’accord sur la libération des otages, soumise jeudi. L’Égypte et le Qatar ont adopté une approche plus nuancée, tout en indiquant que la réponse du Hamas contenait effectivement trop de demandes de modifications de la proposition. Cependant, ils estiment que les divergences sont surmontables, a déclaré vendredi au Times of Israel un diplomate arabe et une source impliquée dans les efforts de médiation.
Trump a dépeint une situation bien plus sombre et a même semblé accepter que les États-Unis ne soient pas en mesure d’obtenir la libération des 50 otages restants, dont 20 seraient encore en vie.
« Je l’avais dit », a déclaré Trump aux journalistes, affirmant avoir prédit l’impasse actuelle.
« Nous avons libéré beaucoup d’otages. Mais quand il n’en reste plus que dix ou vingt, je ne pense pas que le Hamas va accepter un accord, car cela signifierait qu’il n’a plus aucune protection. Et c’est essentiellement ce qui s’est passé », a-t-il ajouté.
« Je pense que ce qui va se passer, c’est qu’ils vont être traqués », a-t-il poursuivi.
« On en est arrivé à un point où [Israël] va devoir finir le travail. »
Israël « va devoir se battre et faire le ménage. Vous allez devoir vous débarrasser [du Hamas] », a-t-il déclaré, reconnaissant que la situation était « quelque peu décevante ».
Il n’est toutefois pas certain que la poursuite des combats conduise à la destruction totale du Hamas, objectif déclaré du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
L’armée israélienne combat le groupe terroriste depuis près de vingt-deux mois, et les responsables israéliens avaient affirmé que l’arrivée de Trump à la Maison Blanche permettrait à Tsahal de porter un coup fatal au Hamas.
Trump a permis à Israël de rompre l’accord précédent de libération des otages conclu en mars, au lieu de passer à la deuxième phase qui devait marquer la fin définitive de la guerre.
Israël a ensuite lancé une nouvelle opération visant à occuper 75 % de la bande de Gaza afin de faire pression sur le Hamas, et celle-ci touche désormais à sa fin.
Pendant près de trois mois, Israël a bloqué toute aide humanitaire dans la bande de Gaza, ce qui, selon les organisations humanitaires, a contribué à la crise alimentaire actuelle.
Les États-Unis ont ensuite aidé Israël à créer la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), destinée à écarter le Hamas du processus de distribution de l’aide lorsque Israël a finalement autorisé la reprise de l’aide à Gaza fin mai. Cependant, le travail de la GHF a rapidement été entaché par des informations quasi quotidiennes faisant état de tirs meurtriers contre des Gazaouis qui tentaient de récupérer des colis alimentaires.
Soutenue par les États-Unis et Israël, l’organisation continue de se targuer de distribuer ‘environ 90 millions de repas, mais les colis alimentaires qu’elle distribue contiennent des produits secs qui doivent être préparés, alors que l’eau potable, le gaz de cuisine et le matériel de cuisine se font de plus en plus rares. De plus, la GHF ne contrôle pas les personnes qui viennent chercher de l’aide, il est donc impossible de confirmer que les terroristes du Hamas n’en bénéficient pas également.
Outre la suppression des garde-fous que Trump avait mis en place concernant la campagne militaire israélienne, les États-Unis ont également adopté l’approche de Netanyahu pour un accord progressif sur les otages lors des dernières négociations.
Le Hamas a proposé de libérer tous les otages en une seule fois, en échange de l’engagement d’Israël de mettre définitivement fin à la guerre, mais Netanyahu a refusé, estimant que cela laisserait le groupe terroriste palestinien au pouvoir.
Au lieu de cela, les deux parties se sont engagées dans des négociations laborieuses qui ont duré plusieurs mois. Au cours de celles-ci, le Hamas a accepté de libérer environ la moitié des otages en échange d’un cessez-le-feu temporaire de 60 jours, mais a exigé en contrepartie une longue liste de conditions visant à empêcher Israël de reprendre les combats, même après l’expiration de la trêve.
« Flexion musculaire »
Les déclarations de Trump vendredi indiquent qu’il a pratiquement abandonné les négociations à Doha, ce qui marquerait un revirement majeur pour le président américain. Celui-ci exprime en effet depuis des mois son désir de mettre rapidement fin à la guerre et avait annoncé, il y a une semaine, que dix otages seraient bientôt relâchés.
Netanyahu a annoncé, après l’échec des négociations, qu’il allait « étudier d’autres options pour ramener » les otages et « mettre fin au règne terroriste du Hamas ».
Jeudi, Witkoff a acté l’échec des pourparlers menés pendant plus de deux semaines à Doha entre Israël et le Hamas, avec l’intermédiation du Qatar, des États-Unis et de l’Égypte. Il a, tout comme Netanyahu, retiré ses négociateurs en mettant en cause la bonne foi du Hamas.
« Witkoff a vu juste. Le Hamas est l’obstacle à un accord de libération des otages enlevés lors du pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023 », a déclaré Netanyahu.
Cependant, un haut responsable israélien a déclaré vendredi au Times of Israel qu’il n’existait pas de nouvelles idées pour obtenir la libération des otages, et que les seules stratégies militaires qui n’avaient pas été envisagées mettraient les captifs en danger.
Plus tôt dans la journée, les familles de plusieurs otages toujours retenus à Gaza ont rencontré le secrétaire d’État américain Marco Rubio à la Maison Blanche pour être informées de l’avancement des pourparlers.
Un proche de l’un des otages a déclaré au Times of Israel qu’au cours d’une de leurs précédentes réunions cette semaine avec des responsables de l’administration Trump, les familles avaient reçu l’assurance que le retrait de l’équipe de négociation américaine de Doha était une tactique visant à « montrer les muscles » pour inciter le Hamas à revenir sur certaines de ses exigences. En particulier, celles concernant le nombre de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, que le président américain souhaite voir libérés en échange des 10 otages vivants et des 18 corps des otages tués, qui seraient remis en cinq fois au cours d’un cessez-le-feu de deux mois actuellement en discussion.
Lorsque les familles des otages ont insisté auprès des collaborateurs de Trump pour savoir pourquoi ils ne faisaient pas la promotion d’un accord global, plutôt que du cadre mis en place, les responsables américains ont insisté sur le fait que l’administration était déterminée à obtenir la libération de tous les otages, a déclaré le proche, confirmant un reportage de la chaîne N12.
Maintenir le cap
Dans le même temps, l’Égypte et le Qatar ont publié vendredi une déclaration conjointe dans laquelle ils affirment poursuivre leurs efforts de médiation pour obtenir un cessez-le-feu. Ils expliquent également que les États-Unis et Israël ont simplement rappelé leurs négociateurs « afin de tenir des consultations avant de reprendre le dialogue ». Ils ont ajouté que cette pratique était « normale dans le contexte de ces négociations complexes ».
Les deux pays arabes ont insisté sur le fait que des progrès avaient été réalisés lors du dernier cycle de pourparlers et qu’ils restaient déterminés à obtenir un accord de cessez-le-feu à Gaza ainsi que la libération des otages.
Les médias égyptiens ont rapporté vendredi que les pourparlers reprendront la semaine prochaine, information confirmée par Bassem Naïm, responsable du Hamas, aux journalistes.
Cependant, la source impliquée dans les efforts de médiation et le diplomate arabe ont démenti que les négociations pour la libération des otages devaient reprendre la semaine prochaine. Les deux sources ont déclaré qu’aucune date n’avait encore été fixée et que l’Égypte et le Qatar attendaient toujours les instructions de Witkoff.
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