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La Ligue arabe condamne le 7 octobre et exhorte le Hamas à déposer les armes

La déclaration, signée par 39 pays, exhorte aussi le groupe terroriste à renoncer à Gaza et à relâcher les otages ; elle appelle Israël à mettre fin à la guerre et à accepter la création d'un État palestinien et le "droit au retour"

Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammed Mustafa, s'adressant à l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 28 juillet 2025. (Crédit : Richard Drew/AP)
Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammed Mustafa, s'adressant à l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 28 juillet 2025. (Crédit : Richard Drew/AP)

Les pays arabes et musulmans, dont l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte, la Jordanie et la Turquie, ont signé mardi une déclaration condamnant pour la première fois le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 et appelant le groupe terroriste palestinien à libérer tous les otages qu’il détient, à déposer les armes et à mettre fin à son règne sur la bande de Gaza, afin de mettre un terme à la guerre dévastatrice qui ravage cette région.

Dix-sept pays, auxquels se sont joints les 22 membres de la Ligue arabe et l’ensemble de l’Union européenne (UE), ont apporté leur soutien à un texte de sept pages, obtenu par le Times of Israel, et adopté lors d’une conférence des Nations unies sur la relance de la solution à deux États pour Israël et les Palestiniens.

Intitulée « Déclaration de New York », ce texte définit un plan par étapes visant à mettre fin à près de huit décennies de conflit et à la guerre qui sévit actuellement à Gaza. Ce plan aboutirait à la création d’un État palestinien indépendant, démilitarisé et vivant en paix aux côtés d’Israël, puis à l’intégration finale des deux États dans la région du Moyen-Orient élargi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’oppose à une solution à deux États et a rejeté la réunion pour des raisons nationalistes et de sécurité. Les États-Unis, proches alliés d’Israël, ont également décidé de boycotter la réunion, la qualifiant « d’improductive et inopportune ».

Mardi soir, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a vivement critiqué les quelque 125 pays participant à la conférence.

« Il y a ceux qui, dans le monde, combattent les terroristes et les forces extrémistes, et ceux qui ferment les yeux ou recourent à l’apaisement », a-t-il déclaré.

Des terroristes du Hamas se dirigeant vers le passage d’Erez entre Israël et le nord de la bande de Gaza, lors de l’assaut sanglant du groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Initialement prévue en juin, la conférence, dont le niveau a été ramené de « dirigeants mondiaux » à « ministres », a pour la première fois mis en place huit groupes de travail de haut niveau chargés d’examiner et de formuler des propositions sur un large éventail de questions liées à la solution à deux États.

« Pour mettre fin à la guerre à Gaza, le Hamas doit renoncer à son autorité dans la bande de Gaza et remettre ses armes à l’Autorité palestinienne, avec l’engagement et le soutien de la communauté internationale, conformément à l’objectif d’un État palestinien souverain et indépendant », peut-on lire dans la déclaration.

Elle fait suite à l’appel lancé lundi par la délégation de l’Autorité palestinienne (AP) aux Nations unies pour qu’Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas quittent Gaza, afin de permettre à l’AP d’administrer l’enclave.

Le texte « condamne » également l’attaque sans précédent du Hamas du 7 octobre 2023 – au cours de laquelle plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres prises en otage, dont 50 sont toujours détenues, la plupart d’entre elles étant décédées, ayant entraîné les représailles israéliennes à Gaza -, ce que n’a jamais fait l’Assemblée générale de l’ONU. Il s’agit de la première condamnation de l’attaque par la quasi-totalité des pays arabes.

Elle condamne également les attaques israéliennes à Gaza ayant entraîné des pertes civiles, et appelle Jérusalem à abandonner plusieurs de ses politiques, notamment la limitation de l’aide humanitaire à la bande de Gaza, son régime militaire, la construction d’implantations en Cisjordanie, son incapacité à empêcher les violences des résidents d’implantations contre les Palestiniens, ainsi que sa modification présumée du statu quo à Jérusalem.

La déclaration appelle également à déployer des forces étrangères pour stabiliser Gaza après la fin des hostilités.

Il a exhorté Israël à lever l’interdiction frappant le très controversé Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), tout en réaffirmant le « droit au retour » des Palestiniens dans les lieux qu’ils ont quittés ou dont ils ont été expulsés lors de la création de l’État d’Israël en 1948. Cette notion est rejetée par les gouvernements israéliens successifs, qui affirment qu’elle compromettrait l’existence de l’État d’Israël en tant qu’État juif.

Le texte appelle également à la relance de l’économie palestinienne, ainsi qu’à la suppression des contenus incitant à la haine et à la violence dans les programmes scolaires de l’AP, une exigence également adressée à Israël.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Mustafa (2ᵉ à gauche), le coprésident de la conférence, le ministre des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, Faisal ben Farhan Al-Saud (ᵉe à gauche), le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres (au centre) et le co-président de la conférence, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot (à droite), posant pour une photo de groupe avec des ministres de haut rang lors de la conférence des Nations unies sur une solution à deux États pour Israël et les Palestiniens, au siège des Nations unies, à New York, le 28 juillet 2025. (Crédit : Charly Triballeau/AFP)

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a salué lors d’un entretien accordé à France 24 une déclaration « historique et inédite ». Il a appelé les pays membres de l’ONU à soutenir cette déclaration, qui définit des « mesures concrètes, assorties de délais et irréversibles » en vue de la mise en œuvre de la solution à deux États, fermement rejetée par l’actuel gouvernement israélien.

« Les pays arabes et les pays de la région du Proche et du Moyen-Orient condamnent pour la première fois le Hamas, le 7 octobre, appellent à son désarmement et à son exclusion de toute forme de participation à la gouvernance de la Palestine, et expriment clairement leur intention d’avoir à l’avenir des relations normalisées avec Israël et de s’insérer aux côtés d’Israël et du futur État de Palestine dans une organisation régionale », a-t-il déclaré.

Cependant, si la déclaration comprend des engagements généraux en faveur d’une « intégration régionale complète » et de « mesures concrètes visant à promouvoir la reconnaissance mutuelle, la coexistence pacifique et la coopération entre tous les États de la région », elle ne mentionne pas explicitement l’intention des signataires d’établir des relations diplomatiques complètes avec l’État juif.

Initiée par la France et l’Arabie saoudite, la « Déclaration de New York » a été signée par la Ligue arabe, l’Union européenne, l’Égypte, le Qatar, la Jordanie, la Turquie, l’Indonésie, le Royaume-Uni, le Canada, l’Irlande, l’Espagne, l’Italie, le Japon, le Brésil, le Mexique, la Norvège et le Sénégal.

Les participants observant une minute de silence lors d’une réunion ministérielle de haut niveau dans le cadre de la conférence des Nations unies sur une solution à deux États pour Israël et les Palestiniens, au siège de l’ONU, à New York, le 28 juillet 2025. (Crédit : Timothy A. Clary/AFP)

« Nous vous appelons à soutenir ce document avant la fin de la 79ᵉ session de l’Assemblée générale en contactant les missions de l’Arabie saoudite et de la France à New York », a déclaré mardi le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal ben Farhan Al-Saud, lors de la conférence. La 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies doit s’ouvrir en septembre.

La première étape décrite dans la déclaration consiste à mettre fin à la guerre qui oppose Israël et le Hamas depuis vingt-deux mois.

Cette mission aurait notamment pour objectif de protéger la population civile, de « soutenir le transfert des responsabilités de sécurité » à l’AP et de fournir des « garanties de sécurité pour la Palestine et Israël, y compris la surveillance » d’un futur cessez-le-feu.

La déclaration soutient le déploiement d’une mission internationale temporaire de stabilisation, mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU, et salue « la volonté exprimée par certains États membres de contribuer à cette mission avec des troupes ».

Elle invite les dirigeants israéliens à « s’engager clairement et publiquement en faveur de la solution à deux États, y compris un État palestinien souverain et viable, à mettre immédiatement fin à la violence et à l’incitation à la violence contre les Palestiniens, ainsi qu’à mettre un terme à toutes les activités d’implantation, d’accaparement de terres et d’annexion dans les territoires palestiniens, y compris à Jérusalem-Est ».

Elle engage également à prendre des mesures restrictives contre les résidents d’implantations extrémistes violents et ceux qui soutiennent les avant-postes illégaux, ainsi que des mesures ciblées « contre les entités et les individus qui agissent contre le principe d’un règlement pacifique de la question de la Palestine, par la violence ou des actes de terrorisme, et en violation du droit international ».

La déclaration décrit également l’intégration régionale et l’indépendance de l’État palestinien comme des « objectifs interdépendants ».

« Seuls la fin de la guerre à Gaza, la libération de tous les otages, la fin de l’occupation, le rejet de la violence et du terrorisme, la création d’un État palestinien indépendant, souverain et démocratique, la fin de l’occupation de tous les territoires arabes et la mise en place de garanties solides en matière de sécurité pour Israël et la Palestine permettront de rétablir des relations normales et de permettre la coexistence entre les peuples et les États de la région », peut-on lire dans le texte.

La déclaration exhorte les pays à reconnaître l’État de Palestine, qu’elle qualifie « d’élément essentiel et indispensable à la réalisation de la solution à deux États ». Sans nommer Israël, le document y fait clairement référence et affirme que « les actions unilatérales illégales constituent une menace existentielle pour la création d’un État palestinien indépendant ».

Avant la réunion, le président français Emmanuel Macron a annoncé que son pays reconnaîtrait l’État palestinien lors de la réunion des dirigeants mondiaux à l’Assemblée générale fin septembre.

Le document a été publié le deuxième jour de la conférence à New York, au cours de laquelle la Grande-Bretagne a annoncé qu’elle reconnaîtrait l’État palestinien en septembre, à condition qu’Israël mette fin aux combats à Gaza et s’engage dans un processus de paix aboutissant à une solution à deux États. Initialement prévue pour deux jours, la réunion a été prolongée jusqu’à mercredi, car les représentants d’une cinquantaine de pays n’ont pas encore pris la parole.

Pendant des décennies, la plupart des membres de l’ONU ont soutenu une solution à deux États, avec Israël et un futur État palestinien coexistant côte à côte.

Montage photos (de gauche à droite) : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) s’entretenant avec le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 7 janvier 2024 ; le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (à gauche) posant avec le nouveau Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammad Mustafa, à Ramallah, le 14 mars 2024. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool via AP ; PPO/AFP)

Cependant, après près de vingt-deux mois de guerre à Gaza, l’expansion continue des implantations israéliennes en Cisjordanie et les déclarations de responsables israéliens annonçant leur intention d’annexer certaines parties de Gaza et de Cisjordanie, de nombreux pays craignent qu’un État palestinien ne devienne géographiquement impossible.

Lundi, lors de la réunion, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré : « La solution à deux États est plus éloignée que jamais. »

Mardi en fin de journée, quinze pays occidentaux, dont la France et l’Espagne, ont publié une déclaration séparée dans laquelle ils réaffirment leur « soutien déterminé » à la solution à deux États.

La France a diffusé une déclaration distincte d’une page intitulée « Appel de New York », mais son ton a été jugé trop fort, en particulier pour les pays arabes. Elle n’a été approuvée que par quinze pays occidentaux, dont six qui ont reconnu l’État palestinien et neuf autres : Andorre, l’Australie, le Canada, la Finlande, le Luxembourg, Malte, la Nouvelle-Zélande, le Portugal et Saint-Marin.

Israël, sous le gouvernement actuel dirigé par Netanyahu, rejette depuis longtemps la création d’un État palestinien et refuse d’envisager la possibilité que l’AP joue un rôle quelconque dans la gouvernance future de Gaza.

Il a toutefois donné peu de détails sur l’alternative qu’il envisage pour la bande de Gaza après la guerre, se contentant de préconiser ce qu’il qualifie de migration volontaire massive de la population.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

En réponse à ce pogrom, le plus meurtrier de l’histoire du pays et le pire mené contre des Juifs depuis la Shoah, Israël a juré d’anéantir le Hamas et de libérer les otages.

Plus de 60 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.

« Israël ne cédera pas à la campagne de pression internationale déformée visant à mettre fin à la guerre à Gaza, et les pays étrangers ne pourront pas le forcer à accepter un État palestinien », a déclaré mardi le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar lors d’une conférence de presse devant des journalistes internationaux.

« Établir un État palestinien aujourd’hui, c’est établir un État du Hamas. Un État djihadiste. Cela n’arrivera pas. »

Michael Bachner, Jacob Magid et Lazar Berman ont contribué à cet article.

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