Netanyahu : Israël s’efforce de garantir l’entrée d’une aide importante à Gaza
Le Premier ministre explique que des photos de Gazaouis affamés ont été "mises en scène" par le Hamas ; faute d'accord, le cabinet envisagerait d'occuper l'enclave ; Ron Dermer et Tzahi Hanegbi rencontrent Steve Witkoff
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Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi soir que, bien que « la situation à Gaza soit difficile », Israël s’efforce de garantir l’acheminement de grandes quantités d’aide dans la bande de Gaza.
La déclaration de Netanyahu, faite en anglais, s’inscrit dans un changement de politique à l’égard de l’aide à Gaza, alors que l’indignation internationale s’intensifie face à l’aggravation de la crise humanitaire dans l’enclave, avec notamment des informations quotidiennes faisant état de décès dus à la famine et à la malnutrition.
Lundi soir, Netanyahu a tenu une réunion du cabinet consacrée à Gaza, au cours de laquelle l’armée a présenté un nouveau plan de « siège » de la bande de Gaza qui couperait à nouveau toute aide humanitaire, selon la chaîne de télévision Kan. D’autres informations provenant de médias israéliens, citant des sources anonymes, indiquent que les ministres envisageraient d’occuper totalement Gaza et/ou d’annexer certaines parties de l’enclave si le groupe terroriste palestinien du Hamas continuait de rejeter les efforts visant à finaliser un accord de cessez-le-feu et de libération des otages. Toutefois, Jérusalem donnerait d’abord une nouvelle chance aux négociations.
Dans son communiqué, Netanyahu a déclaré qu’Israël « continuera à travailler avec les agences internationales, ainsi qu’avec les États-Unis et les pays européens, pour garantir l’acheminement d’une aide humanitaire importante vers la bande de Gaza ».
Il a ajouté qu’Israël autorise déjà l’entrée quotidienne d’importantes quantités de nourriture, d’eau et de médicaments dans la bande de Gaza.
Tout en reconnaissant que la situation des habitants de Gaza est « difficile », le Premier ministre a affirmé que « le Hamas tire profit de sa tentative d’alimenter la perception d’une crise humanitaire ».
« À cette fin, il diffuse des chiffres non vérifiés aux médias tout en faisant circuler des images soigneusement mises en scène ou manipulées », a-t-il poursuivi.
Le Premier ministre n’a toutefois fourni aucune preuve pour étayer sonn affirmation selon laquelle les images d’enfants affamés qui ont fait le tour du monde auraient été « mises en scène » par le Hamas – même si la véracité d’une photo a été démentie par Tsahal. En revanche, lundi le président américain Donald Trump a déclaré que les images de famine à Gaza étaient « réelles », ajoutant : « On ne peut pas simuler cela. »
« Nous continuerons à agir de manière responsable, comme nous l’avons toujours fait, et nous continuerons à œuvrer pour le retour de nos otages et la défaite du Hamas », a conclu le bureau de Netanyahu.
« C’est la seule façon d’assurer la paix pour les Israéliens comme pour les Palestiniens. »
Face aux informations faisant état d’une situation humanitaire de plus en plus grave dans la bande de Gaza, notamment une malnutrition croissante et la mort d’enfants par la faim, Israël a déclaré dimanche qu’il allait mettre en place des « pauses tactiques » dans ses opérations militaires quotidiennes dans les zones densément peuplées de Gaza, ainsi que plusieurs autres changements, afin de permettre la distribution en toute sécurité de l’aide humanitaire.
Dans le même temps, Israël a nié utiliser la faim comme arme de guerre et a accusé les Nations unies et d’autres agences humanitaires de ne pas avoir récupéré et distribué les vivres livrés aux points de passage frontaliers de Gaza.
Le cabinet envisagerait un « siège » de Gaza et une occupation totale
Lundi soir, Netanyahu a tenu une réunion du cabinet au cours de laquelle Tsahal a présenté un nouveau plan de « siège » de la bande de Gaza, qui couperait à nouveau toute aide humanitaire, ainsi que l’électricité, a rapporté Kan.
Selon ce reportage, l’armée « élargirait » considérablement ses opérations terrestres à Gaza, y compris dans des zones où elle n’a pas encore opéré, afin de « renforcer » la pression sur le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Kan n’a pas précisé quelles zones de Gaza seraient visées par Tsahal, mais il s’agirait probablement des zones où des otages seraient détenus – une mesure qu’Israël a largement évitée jusqu’à présent. L’armée a récemment affirmé contrôler déjà environ 75 % de la bande de Gaza.
Le reportage cite une source selon laquelle Israël se trouverait « dans la pire situation possible à l’heure actuelle ».
« Les négociations pour un accord [de cessez-le-feu et de libération des otages] sont au point mort, Tsahal est en déroute dans la bande de Gaza, des soldats sont tués et le Hamas ne ressent aucune pression », a déclaré cette source.
« Sans parler des propos tenus aujourd’hui par Trump, qui a confirmé qu’il y avait une famine à Gaza. »
Selon un reportage de la chaîne N12, le cabinet envisagerait également une occupation militaire totale de la bande de Gaza, parallèlement à un renforcement du siège de certains centres-villes de l’enclave.
La chaîne a indiqué que l’occupation totale était à l’ordre du jour de la réunion du cabinet lundi, sans préciser la décision prise par les ministres.
Interrogé par la chaîne sur les pourparlers en vue d’un cessez-le-feu avec le groupe terroriste palestinien du Hamas, un haut responsable de la sécurité a déclaré : « Les États-Unis doivent mettre un pistolet sur la table et forcer le Qatar à choisir entre les intérêts du Hamas et les siens. Les États-Unis sont le seul acteur capable de ramener le Hamas à la table des négociations. S’ils n’agissent pas, la situation restera inchangée. »
Le groupe terroriste a déclaré qu’il restait intéressé par la négociation d’un accord. Il rejette les accusations d’Israël et des États-Unis, qui ont invoqué leur manque de sérieux dans les pourparlers pour justifier le retrait de leurs équipes de Doha la semaine dernière.
Selon une information publiée dans le quotidien israélien Maariv, Israël commencerait à annexer certaines parties de la bande de Gaza si le Hamas rejetait à nouveau les efforts des médiateurs pour négocier un cessez-le-feu et la libération des otages. Cet article précise que Jérusalem donnera une nouvelle chance aux pourparlers.
Selon cet article, dont la source n’est pas précisée, Netanyahu aurait récemment présenté son projet d’annexion lors d’une réunion avec un groupe restreint de ministres, qui auraient décidé de créer une entité spéciale chargée d’administrer les territoires annexés.
Un autre article du journal Haaretz indique que Netanyahu a présenté ce plan dans le cadre des efforts visant à empêcher le ministre des Finances Bezalel Smotrich de retirer son parti HaTzionout HaDatit du gouvernement.
Alors que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, chef de l’autre parti ultranationaliste, s’est fermement opposé au récent changement de politique d’aide, Smotrich est resté silencieux sur la question, faisant vraisemblablement pression sur Netanyahu en coulisses.
Selon l’article de Haaretz, Israël annexerait d’abord les zones situées dans la « zone tampon » le long de la frontière avec Gaza, puis les zones situées au nord de l’enclave, près des villes israéliennes de Sderot et d’Ashkelon, et poursuivrait progressivement jusqu’à ce que la plupart ou la totalité du territoire soit annexée.
Smotrich aurait déclaré à Netanyahu que si le plan était mis en œuvre, son parti « resterait au gouvernement pour le moment » et que le Premier ministre serait « jugé sur ses actes ».
Selon Haaretz, le plan aurait reçu le feu vert de Trump.
Alors que Smotrich est resté silencieux ces derniers jours, sa collègue Orit Strouk (HaTzionout HaDatit), qui dirige le ministère de l’Implantation et des Projets nationaux, a déclaré lundi qu’il était « inutile » qu’un gouvernement de droite dirige Israël s’il ne pouvait pas remporter une victoire rapide dans la bande de Gaza.
S’adressant à des Israéliens blessés pendant la guerre, installés dans un camp de tentes près de la Knesset, elle a déclaré que la position de son parti était la suivante : si le gouvernement ne parvenait pas à mener Israël à la victoire « non pas dans un délai de plusieurs années, mais dans un délai de quelques jours ou quelques semaines », alors « nous n’avons rien à faire là-bas [à Gaza] ».
Dermer et Hanegbi rencontrent Witkoff en Floride
Par ailleurs, selon une source proche du dossier, le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer et le conseiller à la Sécurité nationale Tzahi Hanegbi auraient rencontré lundi en Floride l’envoyé spécial américain Steve Witkoff.
Selon cette source, les trois hommes cherchaient à se coordonner après le retrait des négociateurs américains et israéliens du Qatar, qui invoquaient leur frustration face à la réponse du Hamas à la dernière proposition de cessez-le-feu à Gaza et de libération des otages.
Un diplomate arabe et une deuxième source impliquée dans les efforts de médiation ont déclaré que les divergences entre les deux parties étaient encore surmontables et que l’Égypte et le Qatar exhortaient les États-Unis à permettre la reprise des pourparlers à Doha.
La semaine dernière, Witkoff a déclaré que les États-Unis exploreraient « d’autres options », et Trump a indiqué qu’il soutenait Israël dans la poursuite de ses opérations militaires visant à « se débarrasser » du Hamas.
Selon un diplomate arabe qui s’est entretenu avec le Times of Israel, les négociateurs israéliens de niveau intermédiaire et les médiateurs égyptiens et qataris sont en contact quotidiennement depuis qu’Israël et les États-Unis ont décidé de rappeler leurs équipes la semaine dernière.
Le diplomate arabe a déclaré que l’Égypte et le Qatar attendaient toujours les directives de Witkoff, tout en travaillant indépendamment pour relancer les pourparlers.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Plus de 58 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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