Après un désaccord public, Katz et Zamir s’engagent à coopérer sur l’offensive à Gaza
La coopération entre l'armée et le gouvernement est cruciale pour "une victoire sur le champ de bataille", déclare le chef d'état-major
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Jeudi, après plusieurs jours d’échanges acerbes avec le ministre de la Défense Israel Katz, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a annoncé que « la victoire sur le champ de bataille », au-delà des prouesses militaires, nécessitait une coopération entre l’armée et les responsables politiques.
« La confiance mutuelle et une coopération totale sont les clés du succès. La victoire sur le champ de bataille ne dépend pas uniquement de la force militaire, mais également de la cohésion entre les différents échelons », a expliqué Zamir. « C’est ainsi que nous nous assurerons non seulement de la victoire, mais aussi de la résilience de l’État au lendemain des combats. »
« À tout moment, et particulièrement en temps de guerre, les relations entre les instances politiques et militaires constitue l’axe central de la sécurité nationale », a-t-il indiqué durant une cérémonie de passation de pouvoir à la tête des collèges militaires de l’armée israélienne.
Ces déclarations du haut responsable militaire interviennent à l’issue d’une réunion avec Katz et d’autres responsables militaires et de la défense consacrée au projet de prise de contrôle de Gaza-City. Au début de la semaine, les deux hommes avaient publiquement manifesté leur désaccord au sujet de nominations à des postes élevés au sein de l’armée israélienne, constituant le dernier épisode en date des tensions opposant Zamir et les ministres du gouvernement.
Au début du mois, plusieurs membres du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient vivement critiqué le chef de Tsahal pour son opposition aux plans du gouvernement visant à s’emparer de Gaza-City, pour lesquels il a toutefois donné son feu vert depuis.
L’offensive de l’armée israélienne en cours à Gaza « conduira à l’effondrement des capacités militaires et gouvernementales du groupe terroriste du Hamas », a poursuivi Zamir. « La campagne prendra fin lorsque nous serons en mesure de garantir notre sécurité et notre avenir. »
Au cours de la cérémonie, le général de division Dan Noyman a succédé au général de division Nimrod Aloni, militaire de longue date, en retraite après quelque quarante ans de service, à la tête des collèges militaires.
Jeudi, Katz a rencontré Zamir pour une « présentation des grandes lignes du plan visant à mettre en œuvre la décision du cabinet de prendre le contrôle de Gaza-City », selon un communiqué du bureau du ministre de la Défense.
« L’État d’Israël est déterminé à vaincre le Hamas à Gaza, à libérer l’ensemble des otages, et à mettre fin à la guerre », a affirmé le ministre, des propos rapportés dans le communiqué.
« L’armée israélienne mobilise toutes ses forces et se prépare à mettre en oeuvre la décision du cabinet de sécurité. Nous agirons ensemble jusqu’à ce que nous ayons accompli notre mission », a-t-il ajouté.
Lundi, Katz a critiqué le chef d’état-major pour avoir nommé de hauts responsables de l’armée israélienne, des nominations que Zamir avait annoncées sans le consulter, puis avait rejeté les promotions proposées.
Une polémique que Katz a intensifiée mercredi au cours de ce que son bureau a qualifié de « clarification », selon laquelle il s’est engagé à surveiller de près les décisions relatives au personnel militaire. « Après les événements du 7 octobre, il ne peut plus y avoir d’armée sans supervision », a-t-il souligné.
Le ministre a affirmé qu’il tenait son pouvoir d’approuver les promotions à partir du grade de colonel de la loi israélienne, le rôle du chef de l’armée se limitant à recommander différentes options. Il a de surcroît accusé Zamir de tenter de revenir sur les procédures convenues, sous la pression de « conseillers anti-gouvernementaux [au sein de l’armée israélienne] qui attisent les tensions ».
Aucune loi officielle ne définit clairement le rôle du ministre de la Défense en matière de promotions des hauts gradés de l’armée. Toutefois, selon un « ordre de l’état-major général » – protocole militaire de haut niveau datant de 1992 et mis à jour en 2020 -, pour les promotions des colonels et des grades supérieurs, le chef d’état-major de l’armée israélienne est « l’autorité de nomination » et le ministre de la Défense, « l’autorité d’approbation ».
L’autorité d’approbation est définie dans le protocole comme le responsable habilité à approuver la promotion d’un agent après qu’elle a été convenue lors d’une discussion sur les effectifs.
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