Aucun étudiant en yeshiva ne s’enrôlera, répond le chef spirituel de Degel HaTorah
Le rabbin Dov Lando a réagi à la décision de la Haute Cour qui a ordonné au gouvernement d'imposer des sanctions financières aux réfractaires à la conscription, notamment Haredim
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Le rabbin Dov Lando, chef spirituel de Degel HaTorah, a fustigé la Haute Cour de justice pour ce qu’il a appelé sa « cruauté », ajoutant que les juges devront répondre de leurs actes devant Dieu, après que l’institution judiciaire a ordonné au gouvernement de mettre en place une série de mesures visant à sanctionner les réfractaires à la conscription ultra-orthodoxes en les privant de diverses prestations sociales.
« Les autorités judiciaires persévèrent dans leur cruauté. Et le sort des personnes cruelles est de subir le jugement », a déclaré Lando dans un discours prononcé à la yeshiva Ponovezh de Bnei Brak.
« Nous sommes et resterons fidèles à notre Torah. Toutes ces difficultés ne nous empêcheront pas de continuer à étudier la Torah », a-t-il assuré. Au contraire, a-t-il fait valoir, il y aura davantage de yeshivot et d’étudiants dans celles-ci. La communauté haredi « ne tiendra pas compte » de ces « décrets », qui « passeront comme le vent et s’envoleront comme un rêve ».
« Aucun étudiant en yeshiva ne s’enrôlera, ni sous la contrainte ni de son plein gré, peu importe qu’il existe ou non une loi » les exemptant de cette obligation, a-t-il poursuivi. « Le rôle des autorités est de faciliter les choses, et non de les compliquer », a-t-il ajouté.
La Haute Cour de justice a sommé les institutions et les ministres du gouvernement de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour conditionner le versement des prestations sociales aux citoyens à leur enrôlement dans l’armée israélienne, et de sanctionner les réfractaires au service militaire.
Pour justifier sa décision, la Haute Cour a invoqué le non-respect par le gouvernement de la décision qu’elle avait rendue, et qui imposait à l’exécutif de prendre des mesures coercitives à l’encontre des hommes ultra-orthodoxes qui n’avaient pas répondu à leur ordre de mobilisation.
Plus de 79 000 appels sous les drapeaux ont été envoyés à des hommes ultra-orthodoxes depuis que la Cour a statué, en 2024, qu’ils avaient l’obligation de faire leur service militaire, suite à l’expiration de la loi qui autorisait des exemptions généralisées. À ce jour, seuls 2 100 d’entre eux se sont enrôlés.
Entre janvier 2025 et janvier 2026, seuls 17 hommes ultra-orthodoxes ont été arrêtés par la police pour s’être soustraits à la conscription.
La Cour a ordonné à l’Autorité des Terres d’Israël de définir, dans un délai de 21 jours, les modalités permettant de conditionner les réductions sur l’achat de biens immobiliers à l’enrôlement dans l’armée israélienne. Elle a également demandé au ministère du Travail de subordonner, dans un délai de 21 jours également, l’octroi d’aides pour les crèches et les garderies au service militaire.
La Cour a en outre enjoint au ministère des Transports d’étudier, dans un délai de 35 jours, la possibilité de conditionner les réductions sur les transports publics à l’enrôlement dans l’armée israélienne ; et au ministre de l’Intérieur d’examiner, également dans un délai de 35 jours, si les réductions sur les impôts locaux peuvent être assorties de conditions liées à la conscription.
La Cour a ordonné au gouvernement de lui rendre compte, d’ici le 1er juin, de la mise en œuvre de ces décisions.
Elle a par ailleurs indiqué, sans ambiguïté, que la police « ne respectait pas ses obligations » en matière d’arrestation des réfractaires ultra-orthodoxes, qualifiant la situation « d’inacceptable ».
La Cour a donc exigé du gouvernement « qu’il agisse avec toute la diligence requise et dans les meilleurs délais pour engager des poursuites pénales contre les réfractaires issus de la communauté des Haredim ».
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