Australie : Un festival littéraire annulé après le boycott d’une auteure anti-Israël
180 auteurs ont boycotté l'événement et que sa directrice a démissionné, affirmant qu'elle ne pouvait pas cautionner le silence imposé à l'Australo-palestinienne Randa Abdel-Fattah
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L’un des plus grands festivals littéraires d’Australie a été annulé mardi, après que 180 auteurs ont boycotté l’événement et que sa directrice a démissionné, affirmant qu’elle ne pouvait pas cautionner le silence imposé à une auteure australo-palestinienne et avertissant que les mesures visant à interdire les manifestations et les slogans après la tuerie terroriste de Bondi Beach menaçaient la liberté d’expression.
Jeudi, Abdel-Fattah avait publié une déclaration sur le réseau social X dans laquelle elle dénonçait la décision du festival.
« Il s’agit d’un acte flagrant et éhonté de racisme et de censure anti-palestinien, ainsi que d’une tentative méprisable de m’associer au massacre de Bondi », avait-elle déclaré. « Après deux ans de génocide des Palestiniens diffusé en direct par Israël, les institutions artistiques et culturelles australiennes continuent de révéler leur mépris total et leur inhumanité envers les Palestiniens. Les seuls Palestiniens qu’elles tolèrent sont ceux qui sont silencieux et invisibles. »
Or, elle a pourtant elle-même plaidé en faveur de la création d’espaces « culturellement dangereux » pour les sionistes et a semblé faire l’éloge des terroristes palestiniens du Hamas qui ont infiltré Israël le 7 octobre 2023 pour perpétrer un pogrom, changeant sa photo de profil pour un deltaplane le lendemain, en référence aux terroristes qui ont utilisé ce moyen de transport pour atteindre Israël le jour du pogrom.
Le conseil d’administration du Festival d’Adélaïde a déclaré que sa décision de la semaine dernière de désinviter Abdel-Fattah, au motif qu’il ne serait pas culturellement sensible qu’elle se présente à l’événement littéraire « si peu de temps après Bondi », avait été prise « par respect pour une communauté qui souffre d’un événement dévastateur ».
« Au lieu de cela, cette décision a créé davantage de divisions et nous exprimons nos sincères excuses à ce sujet », a ajouté le conseil d’administration dans un communiqué.
L’événement n’aura pas lieu et les membres restants du conseil d’administration démissionneront, a-t-il ajouté.
Abdel-Fattah a été critiquée pour plusieurs déclarations, notamment un message publié sur le réseau social X en octobre 2024 dans lequel elle affirmait que « l’objectif [était] la décolonisation et la fin de cette colonie sioniste meurtrière [NDLR : Israël] ».
« Il faut voir clair dans l’exploitation politique honteuse et dangereuse du meurtre de seize personnes [quinze innocents et le terroriste Sajid Akram] par les sionistes, les suprémacistes blancs et l’extrême droite pour faire avancer leurs programmes racistes, violents et oppressifs, » avait-elle dit après la tuerie à Bondi Beach.
Norman Schueler, responsable des relations publiques et gouvernementales du Conseil communautaire juif d’Australie-Méridionale, a déclaré à l’Australian Broadcasting Corporation (ABC) avoir écrit une lettre aux organisateurs pour réclamer le retrait d’Abdel-Fattah.
« Le conseil d’administration a pris la décision tout à fait appropriée de la désinviter et, personnellement, je suis très surpris qu’un grand nombre de personnes aient décidé de la soutenir », a déclaré Schueler à l’ABC.
Le progressiste Jewish Council of Australia a pour sa part condamné le retrait d’Abdel-Fattah.
Abdel-Fattah avait alors déclaré à l’ABC qu’elle espérait que le festival reconsidérerait sa décision.
« Je voudrais des excuses, une rédemption sous la forme d’un retrait de cette déclaration, du rétablissement de mon invitation et de mesures prises par le conseil d’administration pour rendre réellement des comptes à la communauté pour ce qu’il a fait ici », avait-elle ajouté.
L’AFP a contribué à cet article.
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